Budget : « Si le 49-3 était déclenché il y aurait une motion de censure », préviennent les parlementaires communistes 

Après leur entrevue avec Michel Barnier, les présidents des groupes communistes à l’Assemblée et au Sénat restent alignés sur leurs homologues de gauche : en cas d’utilisation du 49.3 sur les textes budgétaires, ils voteront la censure du gouvernement. Une hypothèse de plus en plus crédible après le compromis sur le budget de la sécurité sociale.
Henri Clavier

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Les consultations organisées à Matignon se suivent et se ressemblent. Après leur réception à Matignon, les représentants des groupes parlementaires communistes font le même constat que leurs homologues socialistes et écologistes. « Aucun scoop, beaucoup d’inquiétudes », résume la présidente du groupe communiste au Sénat, Cécile Cukierman. Alors que Michel Barnier devrait être contraint de recourir au 49.3 pour faire adopter les différents textes budgétaires, la position des groupes de gauche est stable, rappelle Cécile Cukierman : « Si le 49-3 était déclenché, il y aurait une motion de censure ».  

« Nous considérons que l’issue de ces travaux est une aggravation »  

Malgré la conclusion d’un compromis en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, le « socle commun » n’est pas parvenu à convaincre la gauche de soutenir ce texte. « Nous considérons que l’issue de ces travaux est une aggravation », avance la sénatrice communiste qui refuse « d’accepter des mesures de régressions sociales ». En cause, la réduction des dépenses de santé ou encore l’atténuation de la réforme des allègements de cotisations patronales. Alors que le texte du gouvernement prévoyait une réduction des exonérations de charge permettant d’économiser 4 milliards d’euros, les parlementaires se sont finalement accordés sur une réduction à hauteur de 1,6 milliard d’euros.  

André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale déplore une « droitisation des projets initiaux portés par le gouvernement » résultant d’une « offensive qui vient de son propre gouvernement ». Des propos qui font écho à ceux des parlementaires socialistes, hier, qui pointaient un Premier ministre esseulé dont la marge de manœuvre est compromise par son propre socle commun. « Il pousse une brouette, à l’intérieur de la brouette, il y a des grenouilles qui sautent de partout, qui sont obsédées par la prochaine présidentielle », tacle André Chassaigne.  

Les parlementaires communistes prêts à voter une loi de finances spéciale 

Pour autant, comme leurs collègues de gauche, les parlementaires communistes refusent d’endosser la responsabilité d’un éventuel chaos budgétaire en cas de chute du gouvernement. « On n’a eu aucun engagement », soupire le député communiste, résigné à voter la censure du gouvernement. Néanmoins, les présidents de groupe balaient l’hypothèse du vote d’une motion de censure déposée par le RN. En cas de chute du gouvernement, les textes budgétaires seraient abandonnés ouvrant une séquence politique inédite sous la Ve République. Dans ce cas de figure, le Parlement devrait autoriser le prélèvement des impôts par le vote d’une loi de finances spéciale. « S’il faut voter une loi spéciale pour maintenir un budget nous la voterons », assure André Chassaigne. 

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