Budget : « Une loi spéciale ne peut pas faire office d’un budget », prévient Amélie de Montchalin

L’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale se poursuit au Sénat avant un vote prévu demain dans l’après-midi. Invitée de la matinale de Public Sénat, la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin a rappelé qu’il n’y a pas « d’alternatives au compromis parlementaire » et s’est montrée réticente quant à l’usage d’une loi spéciale pour faire adopter le budget.
Marius Texier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Il n’y a pas d’alternatives au compromis parlementaire », a martelé ce matin la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin. Après le rejet du projet de loi de finances à l’Assemblée, la ministre espère toujours parvenir à un compromis avec les forces politiques « républicaines » de gauche (écologistes, communistes et socialistes). Malgré un calendrier qui presse et des oppositions partisanes importantes à l’Assemblée, la ministre ne désespère pas : « Il y a une alerte, le moment nécessite un sursaut collectif de compromis », a-t-elle rappelé. « Les forces républicaines au Parlement qui ne souhaitent pas le chaos sont une majorité. »

« C’est totalement inédit »

Au Sénat, le vote sur l’ensemble du texte du projet de loi de financement de la Sécurité sociale se tiendra demain dans l’après-midi. Une Commission mixte paritaire (CMP) va être convoquée à la suite à partir de 19h30.

En ce qui concerne le projet de loi de finance (PLF), Amélie de Montchalin a rappelé le souhait du gouvernement vouloir intégrer dans le texte envoyé au Sénat les compromis trouvés à l’Assemblée. La commission des finances examine depuis hier le texte. « Des compromis ont été trouvés et nous allons faire justice de ces compromis », s’est-elle engagée. « C’est totalement inédit dans la Vème République qu’un gouvernement propose un budget, mais s’en remette totalement au Parlement pour trouver un compromis ».

« D’autres acteurs politiques cherchent à construire un projet pour 2027 »

Si la ministre insiste particulièrement sur la nécessité d’un compromis c’est pour éviter que le scénario de 2025 se répète : l’utilisation d’une loi spéciale pour faire passer le budget. Une solution qui commence à germer au sein du gouvernement même si le Premier ministre Sébastien Lecornu a réitéré sa volonté de parvenir à trouver un compromis. « La loi spéciale en 2025 a duré six semaines », a rappelé la ministre. « Une loi spéciale ne peut pas faire office d’un budget. C’est un outil temporaire pour ne pas faire défaut et continuer à payer les fonctionnaires, les créanciers et les politiques sociales essentielles ». En cas d’utilisation d’une loi spéciale, le gouvernement s’offre la possibilité de reconduire le budget de 2025 et ainsi continuer de percevoir les impôts existants avant de reprendre les débats parlementaires.

La ministre reste confiante pour la suite des débats, mais redoute que certains mettent leurs ambitions présidentielles devant les enjeux budgétaires. « D’autres acteurs politiques cherchent à construire un projet pour 2027, mais on ne peut pas faire la présidentielle dans l’hémicycle du budget pour 2026 », a-t-elle lancé. « Je suis convaincue que l’essentiel doit primer sur l’intérêt des Français et prendre le dessus sur la présidentielle »

Plusieurs compromis ont été trouvés à l’Assemblée lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le 8 novembre dernier. « Si vous arrivez à vous mettre d’accord sur la moitié du budget de l’Etat qu’est la Sécurité sociale, vous dites au pays que vous n’êtes pas bloqué ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget : « Une loi spéciale ne peut pas faire office d’un budget », prévient Amélie de Montchalin
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le