Budgets des ministères : les gagnants et les perdants
Depuis la fin du mois d’août, les différents ministres distillent les annonces sur l’évolution de leurs budgets l'an prochain. Ce mardi, Le Parisien révèle que deux ministères pourraient être promis à un « traitement de choc ».

Budgets des ministères : les gagnants et les perdants

Depuis la fin du mois d’août, les différents ministres distillent les annonces sur l’évolution de leurs budgets l'an prochain. Ce mardi, Le Parisien révèle que deux ministères pourraient être promis à un « traitement de choc ».
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

L’information est révélée par Les Échos ce matin, l’accélération de la croissance (et donc des recettes fiscales) permettrait de desserrer l’étau budgétaire de l’État. La prévision de déficit public pour 2018 est revue à la baisse, passant de 2,7 à 2,6%.

Selon l’AFP, l’objectif de réduction de la dépense publique pour 2018 serait désormais plutôt de l’ordre de 16 milliards, que de 20 milliards, l’objectif jusqu’ici annoncé. S’agissant de la dépense de l’État (hors Sécurité sociale et collectivités territoriales), le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin avait précisé en juillet que l’État y contribuerait à hauteur de la moitié.

Après un été 2017 marqué par plusieurs coupes et économies dans de nombreux ministères, les ministres se sont succédé sur les télévisions et les radios pour promettre des hausses de budget. Pourtant, le 20 juillet, lors de son déplacement sur une base militaire d’Istres, Emmanuel Macron avait souligné qu’aucun budget ministériel, à part celui de la Défense, ne serait augmenté en 2018.

Les gagnants du budget 2018

Ministère de la Transition écologique : hausse de 3%. Fin août, Nicolas Hulot a déclaré qu’il fallait avoir « une ambition très haute ». Une volonté qui se traduit par une hausse de 3% du budget de son ministère pour l’année 2018.

Ministère de l’Intérieur : hausse de 6,8%. Dimanche 17 septembre, Gérard Collomb a annoncé une hausse du budget de son ministère de 6,8% (dont 1,9 point pour la police). Une hausse qu’il a qualifiée de « nette ». Le ministre a également confirmé que 10.000 nouvelles embauches dans la police étaient prévues d’ici la fin du mandat.

Ministère de la Justice : hausse de 3,8%. « Le Premier ministre et le gouvernement ont souhaité faire du budget de la justice une priorité », a déclaré sur RTL la garde des Sceaux. Nicole Belloubet a indiqué que le budget de son ministère connaîtrait en 2018 une hausse de 3,8%, une hausse qui permettrait la création de 1.000 postes.

Ministère des Armées : hausse « historique ». Après des ajustements dans la douleur du budget 2017, Florence Parly  a annoncé une « hausse historique » de 1,8 milliard d'euros en 2018, précisant que le budget serait élevé de 1,6 milliard d’euros chaque année, de 2019 à 2022. Le Premier ministre évoque pour 2018 une hausse moindre, de 1,6 milliard d'euros.

Ministère de l’Éducation : hausse du budget. Lors de sa rentrée, le ministre Jean-Michel Blanquer a indiqué que « l’Éducation nationale » avait été « définie comme une priorité » par Emmanuel Macron. « Cela se traduira par une augmentation du budget », avait-il indiqué, sans préciser le montant exact.

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : hausse de près de 3%. Le 14 septembre, Frédérique Vidal a annoncé une hausse en 2018 de « 700 millions d'euros supplémentaires par rapport au budget initial de 2017 » (23,8 milliards d’euros).

Ministère de la Culture : « préservé ». Françoise Nyssen, assure que la Culture reste « une priorité » pour l’exécutif, mais ne donne pas de chiffres précis sur l’évolution de son budget. À l’AFP, elle indique qu’il sera « préservé, et même conforté ». L’audiovisuel public sera néanmoins réorienté à la baisse : « l’effort demandé sera de 36 millions par rapport à 2017, soit moins de 1 % », a affirmé Françoise Nyssen. Le Monde, de son côté, affirmait de son côté que le tour de vis représentait 80 millions d'euros.

Les perdants du budget 2018

Ministère de la Cohésion des territoires : baisse de 9,3% en 2018. Selon les lettres de cadrage du mois d’août que Le Parisien s’est procurées, le ministère de la Cohésion des territoires, en charge du Logement, verrait son budget passer de 18,2 milliards d’euros en 2017 à 16,5 milliards d’euros en 2018. Probablement la conséquence de coups de rabots annoncés dans les aides personnalisées au logement (APL). Toujours selon le quotidien francilien, la baisse se poursuivrait en 2019, avec un budget ramené à 14,9 milliards d’euros.

Ministère du Travail : chute de 11,8% en 2018. Le ministère du Travail n’est pas mieux loti. Toujours selon les « lettres plafonds » dont le Parisien révèle les contenus, le ministère de Muriel Pénicaud verrait son budget passer de 15,3 milliards en 2017 à 13,5 milliards en 2018, soit un recul important de près de 12%. La tendance serait identique pour 2019. Une source de Matignon, citée par Le Parisien, précise que ces chiffres « ne seront pas ceux du Budget 2018 », mais le quotidien affirme que des milliers de postes à Pôle Emploi seraient dans le collimateur de l’État.

Quelques inconnues

D’autres ministres n’ont pas encore donné d’indice sur leur budget de fonctionnement pour 2018, comme Stéphane Travert (Agriculture) ou Jean-Yves Le Drian (Europe et Affaires étrangères).

Autant d'annonces qui pourraient encore évoluer : le projet de loi de finances doit être présenté en Conseil des ministres le 27 septembre, pour un examen au Parlement à l'automne.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Budgets des ministères : les gagnants et les perdants
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Budgets des ministères : les gagnants et les perdants
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le