La gendarmerie nationale a évacué jeudi le bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure ...
Bure: les opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires évacués
La gendarmerie nationale a évacué jeudi le bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure ...
Par Murielle KASPRZAK, François D'ASTIER
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La gendarmerie nationale a évacué jeudi le bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), avec une opération d'envergure pour déloger par surprise les opposants antinucléaires.
Dès l'aube, cinq cents gendarmes ont été mobilisés pour l'évacuation de ce site de 221 hectares à proximité de Bure. Au début de l'intervention, une quinzaine d'opposants étaient présents. L'opération s'est terminée dans l'après-midi.
"Le bois est libéré, il n'y a plus d'occupants", a indiqué à l'AFP la préfecture de la Meuse peu avant 17H00.
Des opérations de déblaiement se poursuivent. A la mi-journée, deux bulldozers avaient commencé à nettoyer les barricades et bivouacs des opposants à l'entrée du bois, a constaté une journaliste de l'AFP.
Parallèlement, à Bure, où la mairie a été la cible de jets de pierres, une perquisition a eu lieu à la "Maison de résistance", où près d'une trentaine d'opposants au projet Cigéo s'étaient regroupés. Cette perquisition s'est terminée dans l'après-midi.
"Il y a sept garde à vue en cours", une à la suite de l'évacuation du bois Lejuc et six pour "outrages et/ou violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique" dans le cadre de la perquisition à la "Maison de résistance", a indiqué Olivier Glady, procureur de la République à Bar-le-Duc.
Les gendarmes emmènent un membre de la "Maison de la résistance" contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, le 22 février 2018
AFP
Le bois Lejuc a été retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo, visant à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.
Saisi en référé par l'Andra, qui veut y réaliser des forages exploratoires dans cette forêt, le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc avait pris en avril une décision d'expulsion.
- Perquisition -
Un opposant au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires grimpe dans une cabane érigée dans un arbre du Bois Lejuc, le 22 février 2017 à Mandres-en-Barrois, près de Bure (Meuse)
AFP/Archives
"Nous sommes là pour montrer qu'on ne veut pas qu'on empoisonne la Terre mère. On est dans un vieux chêne qui a vécu bien plus longtemps que nous", avait déclaré par téléphone jeudi matin un opposant perché dans un arbre.
A la "Maison de résistance" à Bure, les forces de l'ordre "se sont introduits par la force, sans explication, en disant qu'ils allaient faire usage de la force contre nous", a raconté, très énervée, une opposante, se faisant appeler Camille, après avoir été expulsée du bâtiment.
Le réseau "Sortir du nucléaire" et d'autres associations d'opposants ont appelé "à des rassemblements devant toutes les préfectures ce soir à 18H00". Des rassemblements sont prévus devant des dizaines de préfectures ou des bâtiments officiels.
- "Sidération" -
Carte de France des principaux projets d'aménagement contestés, alors qu'une opération d'évacuation des opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) est en cours.
AFP
Le secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a assuré jeudi à Bar-le-Duc que "l'Etat reviendra(it) pour maintenir l’ordre et faire respecter la loi autant de fois qu'il sera nécessaire".
"Nous ne voulons plus qu'il y ait en France des lieux qui soient des lieux de non-droit", a déclaré dans la matinée Gérard Collomb, en marge d'un déplacement à Lognes (Seine-et-Marne).
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Le choix de lancer l'évacuation jeudi s'explique aussi par le fait que les opposants à Cigéo "devaient venir installer un bâtiment en dur début mars et il n'était pas question que ce bois devienne une zone de non-droit", a expliqué à l'AFP Frédéric de Lanouvelle, porte-parole du ministère de l'Intérieur.
"C'est absolument invraisemblable car la visite de M. Lecornu était prévue aujourd'hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu'opposants. C'est la sidération", a déclaré à l'AFP une porte-parole du collectif "Bure Stop", expliquant que la propriété du bois Lejuc "est contestée", avec "des recours en cours déposés sur l'illégalité des travaux".
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