Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027

Bureau politique des LR : après le test des municipales, la droite se projette vers 2027

Réunis en bureau politique ce mardi 24 mars, les dirigeants de LR ont validé trois scénarios possibles pour désigner leur candidat à l'Élysée en 2027. Entre une primaire ouverte ou fermée, ou encore la nomination automatique de Bruno Retailleau, ce sera désormais aux adhérents de trancher, lors d'un vote prévu en avril.
Romain David

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Ce sont les adhérents Les Républicains qui choisiront le mode de désignation de leur candidat pour la prochaine élection présidentielle, annonce le parti dans un communiqué. Primaire fermée ? Ouverte ? Ou désignation directe de leur président, Bruno Retailleau, comme champion pour 2027 ? Les adhérents LR, réunis en congrès, devront trancher entre ces trois options par un vote, courant avril. Ces différents cas de figure ont été élaborés par un groupe de travail piloté par Gérard Larcher, le président du Sénat, et présentés aux instances du parti à l’occasion d’un bureau politique qui s’est tenu ce mardi 24 mars dans la soirée.

C’est la première fois que les instances dirigeantes de LR se réunissaient depuis les élections municipales, qui ont permis à la droite d’arracher un certain nombre de villes importantes à la gauche, comme Clermont-Ferrand, Limoges, Besançon ou Brest. De quoi se projeter vers la prochaine bataille électorale d’envergure.

Au moins trois scénarios ont donc été posés sur la table en vue des présidentielles par Gérard Larcher. Les deux premiers impliquent une élection interne : soit l’organisation d’une « primaire fermée », pour laquelle seuls les adhérents sont appelés à voter ; soit l’organisation d’une « primaire ouverte », avec un corps électoral élargi aux électeurs qui se réclament de droite, et qui devront signer une charte des valeurs et s’acquitter d’une participation financière le jour du vote. Dans les deux cas, seuls des LR sont autorisés à candidater.

Vers une candidature unique de la droite et du bloc central

« La plupart des prises de parole se sont prononcées en faveur d’une primaire réservée aux seuls candidats LR. Seuls David Lisnard, et un peu Philippe Juvin, ont défendu le principe d’une primaire ouverte à d’autres candidatures », rapporte une parlementaire, membre du bureau politique.

Au micro de France Inter, le 11 mars, Gérard Larcher avait défendu un système en deux temps. L’idée du président du Sénat : d’abord une primaire interne pour choisir le candidat LR, lequel pourrait ensuite participer à une primaire élargie aux champions désignés par Horizons et Renaissance, dans l’hypothèse d’une candidature unique à la présidentielle. « Ce soir, Gérard Larcher a pris la parole devant le bureau politique pour rappeler que sans candidature unique dès le premier tour de la présidentielle pour ce que Michel Barnier avait appelé le socle commun, il était inenvisageable de se qualifier pour le second », indique l’élue déjà citée.

Enfin, la troisième option consiste à se passer de primaire, en partant du principe que le président du parti, Bruno Retailleau, déjà candidat pour 2027, est naturellement le mieux placé pour porter les couleurs de sa famille politique. Un choix qui, on le devine, risque de chiffonner certaines ambitions : Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, David Lisnard ou encore Michel Barnier restent des candidats putatifs, à défaut de s’être déclarés.

« Ce sont des options de boutiquiers, aucune n’a de sens », a déploré un peu plus tôt dans la journée, au micro de RTL, Laurent Wauquiez, qui a d’ailleurs choisi de bouder ce bureau politique. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes plaide pour une primaire allant du centre jusqu’à la zemmouriste Sarah Knafo, ce que refusent catégoriquement les tenants d’une ligne plus modérée comme Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, lui aussi absent ce mardi.

Inversement, le principe d’une désignation sans primaire est défendu par ceux qui estiment que les deux derniers exercices du genre n’ont pas vraiment porté chance à la droite : la primaire de 2017 a abouti au crash de François Fillon, emporté par les affaires, et celle de 2022 s’est soldée par la contreperformance de Valérie Pécresse. Par ailleurs, sauter la case primaire permet d’entrer en campagne plus rapidement, avec un candidat qui n’a pas déjà été éprouvé par une première bataille électorale.

Car c’est aussi l’une des difficultés d’une élection interne : la campagne exacerbe les tensions et les rancœurs au sein d’une même famille politique, ce qui n’est jamais sans effet quand vient l’heure de se rassembler derrière un seul candidat. Un membre du bureau politique, proche de Bruno Retailleau, mise désormais sur la popularité du président : « À mon sens, la proposition numéro trois sera majoritaire chez nos militants ».

Une trentaine de candidats LR exclus pour s’être alliés avec l’extrême droite

Sitôt la page des municipales tournée, l’heure était aussi au bilan pour Les Républicains. À commencer par une clarification quant à la position adoptée par Bruno Retailleau sur Nice, durant l’entre-deux-tours. En dépit de l’accord national passé avec Horizons, le Vendéen a finalement lâché le maire sortant Christian Estrosi, fustigeant « une campagne délétère » et les appels en direction de la gauche. Cette sortie a semé la confusion au sein de la droite et du bloc central, d’autant que c’est finalement l’ex-LR Éric Ciotti, désormais allié de Marine Le Pen, qui a pris la tête de la capitale azuréenne.

Abandonner Christian Estrosi n’avait pas valeur de soutien à Éric Ciotti, s’est défendu ce mardi soir le patron de la droite, qui a tenu à rappeler que le parti n’a pas hésité à exclure les candidats qui ont pactisé avec le RN. « Leurs noms et ceux des communes concernées ont d’ailleurs été énumérés. On parle d’une trentaine de personnes », glisse un participant. « Sur cette affaire niçoise, on peut parler d’un épilogue sans effusion ni claquements de porte, les choses rentrent dans l’ordre », ajoute notre interlocuteur. « De toute façon, le mal était fait », soupire une élue, peu convaincue par les explications du président.

Les LR ont pu se féliciter d’un bilan plutôt positif à l’issue de ces élections, confirmant leur ancrage dans les territoires et les villes moyennes. « En revanche, les choses sont plus difficiles dans les grandes villes et les métropoles. Sur ces terrains-là, nous avons tous reconnu qu’il y avait des actions à mener », nous explique-t-on.

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