Bureaux de vote : doit-on vraiment craindre une pénurie d’assesseurs ?
Pour la première fois sous la Ve République, aucun candidat de la droite ou du PS n’est présent au second de l’élection présidentielle. Un scénario qui impacte la nomination des assesseurs dans les bureaux de vote, usuellement désignés par les candidats.

Bureaux de vote : doit-on vraiment craindre une pénurie d’assesseurs ?

Pour la première fois sous la Ve République, aucun candidat de la droite ou du PS n’est présent au second de l’élection présidentielle. Un scénario qui impacte la nomination des assesseurs dans les bureaux de vote, usuellement désignés par les candidats.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

A chaque fois que vous allez voter ils sont là, prêts à tamponner votre carte d’électeur et à vous tendre un stylo pour que vous puissiez signer la liste d’émargement. Les assesseurs sont souvent deux par bureau de vote, parfois quatre. Et normalement, ils sont désignés par les candidats à une élection. Le Code électoral en atteste : « Chaque candidat (…) a le droit de désigner un assesseur et un seul pris parmi les électeurs du département » peut-on lire à l’article R44.

Cette fois-ci, la configuration du second tour complique un peu les choses. En effet, contrairement au PS et à la droite, le Front national et En Marche!, les deux partis des candidats présents au second tour, ne disposeraient pas de suffisamment de militants dans certains départements. « Les deux partis présentés cette année sont l’un - En Marche! - sans véritable assise locale, et l’autre - le Font national - composé de militants qui rechignent parfois à se faire connaitre », explique André Laignel, vice-président de l’Association des maires de France. Maire d’Issoudun, dans l’Indre, il prend sa ville en exemple : « 30 assesseurs sont nécessaires et on en a seulement deux pour le FN et deux autres pour En Marche! »

« La pénurie ne vaut que pour les volontaires »

Mais alors doit-on vraiment redouter une pénurie d’assesseurs ? « Le terme de pénurie ne vaut que pour les volontaires », répond d’emblée André Laignel.  Car le Code électoral a tout prévu. L’article R44 instaure la possibilité pour le maire de désigner des assesseurs « parmi les conseillers municipaux, dans l’ordre du tableau puis, le cas échéant, parmi les électeurs de la commune ». Une solution qu’André Laignel a rapidement mise en œuvre. Aujourd’hui, il peut se targuer d’avoir trouvé les 26 assesseurs qui lui manquaient. « On s’adresse à tous les démocrates », insiste t-il. Qu’importe le parti politique auquel ils appartiennent.

Pour lui, ce sont surtout les grandes villes qui vont être en difficulté car « il y a plusieurs bureaux de vote, qui nécessitent en tout plusieurs dizaines voire centaines d’assesseurs ». Et ces bureaux ouvrent plus longtemps, de 8h à 20h, contre 19h dans les petits communes : « Il y a une brigade le matin, et une l’après-midi », précise le vice président de l’AMF. Ce qui implique deux fois plus d’assesseurs. « Quand il faut plusieurs centaines d’assesseurs ça en fait beaucoup plus que de conseillers municipaux », constate André Laignel. Sans compter ceux qui ne peuvent pas assurer cette fonction, « pour une raison valable ». Il faut alors chercher parmi les électeurs de la commune, ce qui est à l’évidence plus difficile dans les grandes villes que dans les petites, où « on peut aller les démarcher directement ». Le maire d’Issoudun salue les démarches mises en œuvre dans certaines villes, comme le recrutement par internet.

Malgré tout, il se dit confiant : « Je pense que les maires sont suffisamment astucieux, dynamiques et prévoyants pour être capables d’apporter des solutions dans chacune des communes de France. » Il reconnait toutefois « une situation inédite » et admet que, cette année, la situation est « plus compliquée ». « Cela prouve que les partis anciens ont encore leurs vertus, à savoir être organisés et avoir des militants », finit-il par conclure.

Partager cet article

Dans la même thématique

Saint-Denis : Meeting LFI-PCF avec Bally Bagayoko et Jean-Luc Melenchon
9min

Politique

Sénatoriales : après sa percée aux municipales, LFI espère faire son « entrée au Sénat »

Pour les sénatoriales de septembre 2026, LFI mise principalement sur le Rhône, après plusieurs victoires aux municipales. « On sera incontournables dans un grand nombre de départements », prévient le député Paul Vannier, responsable des élections de LFI, « pas fermé » à des discussions avec Les Ecologistes. Mais les principales chances de faire élire des sénateurs LFI seront lors du scrutin de 2029. Explications.

Le

The aerial surveillance programme of bathing littoral waters in the Alpes Maritimes France
5min

Politique

Le sénateur Henri Leroy quitte Les Républicains pour rallier Éric Ciotti : « Je n’ai plus rien à attendre d’un parti qui a pactisé avec Emmanuel Macron »

Soutien d’Éric Ciotti pendant les municipales, le sénateur LR des Alpes-Maritimes, Henri Leroy, annonce qu’il rejoint l’UDR. Il espère se représenter aux sénatoriales de septembre, cette fois sur « une liste d’union des droites », avec d’autres transfuges, ce qui pourrait bousculer les équilibres dans un département acquis de longue date aux Républicains.

Le

HOTEL DE VILLE PARIS
3min

Politique

Installation des conseils municipaux : comment ça marche ?

Pour les communes qui ont élu leur maire au second tour, l’installation des nouveaux conseils municipaux se déroulera de vendredi à dimanche selon les villes. Nice, Paris, Le Havre, Bordeaux, Lyon ou encore le Havre… On fait le point sur les règles de fonctionnement.

Le