Bureaux de vote: le défi des maires pour recruter des assesseurs
Le duel inédit entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle n'est pas sans causer...

Bureaux de vote: le défi des maires pour recruter des assesseurs

Le duel inédit entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle n'est pas sans causer...
Public Sénat

Par Mehdi BOUDARENE, avec les bureaux régionaux de l'AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le duel inédit entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle n'est pas sans causer quelques soucis pour les mairies qui craignent une pénurie d'assesseurs dans les bureaux de vote et s'organisent en conséquence.

En raison de l'absence des candidats du Parti socialiste et des Républicains, deux partis qui ont fourni un nombre important d'assesseurs au 1er tour, les présidents des bureaux de vote pourraient avoir des difficultés à en recruter en nombre suffisant pour le second tour. Des maires seraient même contraints de mobiliser des agents municipaux rémunérés.

Selon André Laignel, vice-président PS de l'Association des maires de France, les deux formations finalistes (En Marche ! et FN) sont "incapables de fournir le nombre d'assesseurs nécessaires", alors que le code électoral exige que les bureaux de vote soient constitués, "au minimum, d'un président, d'un secrétaire et de deux assesseurs".

Si leur nombre est inférieur à deux, les assesseurs manquants sont mobilisés parmi les conseillers municipaux ou parmi les électeurs présents à l’ouverture des bureaux de vote à 08h00.

"Les militants FN avancent masqués et sont peu mobilisés tandis que ceux d'En Marche!, ils n'existent pas sur le terrain", relève M. Laignel.

Pour y remédier, plusieurs villes de France ont lancé des appels à candidature ces derniers jours.

A Lille, "peu de partis s'étaient mobilisés au premier tour, et c'est encore plus difficile pour le second tour", confie Marie-Christine Staniec-Wavrant, adjointe à la maire de Lille. L'élue confirme devoir mobiliser "300 agents municipaux pour compléter le nombre d'assesseurs dans les 96 bureaux" de la ville.

A Marseille, la mairie a lancé un appel à désignation de "100 présidents et 300 assesseurs pour les 480 bureaux de vote marseillais", a indiqué l'attachée de presse de la municipalité, Aurore Vincent. Une formation des présidents des bureaux de vote a été organisée cette semaine.

La ville a par ailleurs mis en place le versement d'une indemnité pour les agents municipaux mobilisés, de 200 euros pour les présidents et de 160 euros pour les assesseurs.

A Auxerre, la ville a "l'ensemble des postes d'assesseurs pourvus pour le second tour", selon un responsable de la communication de la mairie. "On s'y est pris très en amont car on a vu arriver le problème". La ville a notamment "envoyé un courrier à tous les nouveaux inscrits" pour leur proposer d'être assesseur.

Pas de problème non plus à Chalon-sur-Saône(Saône-et-Loire), où les assesseurs "se sont engagés pour les deux tours", selon une porte-parole de la mairie, ni à Grenoble, qui a sollicité ses résidents inscrits sur les listes électorales.

- Les partis se mobilisent également -

Envois de mails, appels téléphoniques, le PS des Bouches-du-Rhône "participe, et pas à la légère" à la recherche d'assesseurs et de présidents de bureaux de vote pour le second tour, rapporte l'un de ses responsables, Michaël Bruel.

M. Bruel estime que le PS bouchera les trous dans environ un quart des bureaux de vote du département. "On est encore en train de travailler et il y a des communes entières" où le Parti socialiste fournit les assesseurs, ajoute-t-il, notamment dans de petites communes rurales.

Selon le porte-parole du FN en région PACA, Franck Allisio, le Front National compte envoyer des assesseurs dans "environ 90% des bureaux de vote, comme au premier tour". "Ce sont nos adhérents, nos militants", et "nous avons également reçu des appels" de sympathisants de Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, explique-t-il.

Côté En Marche!, la référente départementale du mouvement, Corinne Versini tente "de mettre deux adhérents partout" mais doit composer avec des troupes parfois "jeunes et inexpérimentées".

Selon Mme Versini, parmi les responsables politiques locaux, "tout le monde ne joue pas le jeu" dans les Bouches-du-Rhône. "Certains disent soutenir Emmanuel Macron mais n'envoient pas d'assesseurs… Mais ça nous permet de faire le tri entre ceux qui apportent un vrai soutien, qui sont motivés, et ceux chez qui ce n'est que de la poudre aux yeux."

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le