C8 / CNews : « Est-ce qu’une ministre n’a pas le droit de rappeler la loi ? », se défend Rima Abdul Malak
Roger Karoutchi a interpellé la ministre de la Culture lors des questions d’actualité au gouvernement ce mercredi. Celle-ci a rappelé sur France Inter que C8 et CNews avaient « des obligations à respecter », ce que le sénateur LR estime « interférer » avec les décisions de l’Arcom.

C8 / CNews : « Est-ce qu’une ministre n’a pas le droit de rappeler la loi ? », se défend Rima Abdul Malak

Roger Karoutchi a interpellé la ministre de la Culture lors des questions d’actualité au gouvernement ce mercredi. Celle-ci a rappelé sur France Inter que C8 et CNews avaient « des obligations à respecter », ce que le sénateur LR estime « interférer » avec les décisions de l’Arcom.
Louis Mollier-Sabet

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Après une amende record infligée à C8 par l’Arcom après les propos tenus par Cyril Hanouna à l’encontre du député LFI Louis Boyard, la ministre de la Culture a rappelé que C8 et CNews avaient « des obligations à respecter », le 9 février dernier, sur France Inter : « Il y a déjà eu une vingtaine d’interventions de l’Arcom depuis 2019 pour C8 et CNews. Au bout de combien d’interventions l’Arcom pourra dire, à tel degré, que les obligations ne sont pas respectées ? »

Une intervention qui n’a pas été du goût de Roger Karoutchi, qui a interpellé la ministre de la Culture à ce sujet lors des questions d’actualité au gouvernement. « La France dispose d’une autorité de régulation des médias, l’Arcom, qui affirme sur son site qu’elle travaille avec le Parlement et est totalement indépendante du gouvernement. J’aimerais que vous nous rappeliez votre définition personnelle de l’expression ‘totalement indépendante du gouvernement’ », a ainsi interrogé le vice-président LR du Sénat.

« Vous interférez avec les décisions de l’Arcom »

« À aucun moment je n’ai commenté de décision de l’Arcom, autorité strictement, absolument indépendante. Je me borne à rappeler le cadre de la loi de 1986 prévoit pour les chaînes qui ont des fréquences gratuites », lui a répondu Rima Abdul Malak. La ministre de la Culture s’est ensuite montrée plus offensive : « Est-ce qu’une ministre n’a pas le droit de rappeler la loi, de faire état d’une décision publique de l’Arcom ? Qu’est-ce qui vous choque ? Qu’est-ce qui fait peur ? Où sont les menaces ? Si rappeler le cadre de la loi fait peur… j’ai envie de poser la question à ceux qui se sentent menacés : qu’est-ce qui fait peur ? »

« Pas grand-chose ne me fait peur », lui a répondu – avec son flegme habituel – Roger Karoutchi, enjoignant même ses collègues à « rester calme. » Mais le sénateur LR des Hauts-de-Seine n’en a pas démordu sur le fond : la ministre a outrepassé ses prérogatives. « Quand vous dites qu’en 2025 l’Arcom pourrait retirer l’agrément aux chaînes en question, vous interférez avec les décisions de l’Arcom. Vous pouvez commenter autant que vous voulez, vous n’avez pas à dire ce que l’Arcom pourrait faire en 2025 parce qu’à partir de là c’est interférer sur l’indépendance », a-t-il notamment lancé, avant de demander à la ministre de « laisser l’Arcom faire son travail. »

 

« Des menaces sur la liberté d’expression dignes d’une République soviétique ou bananière »

Le sénateur Reconquête, Stéphane Ravier, a encore plus directement interpellé la ministre – selon ses mots – « de la Censure », en vilipendant des propos « choquants », qui « portent atteinte à l’indépendance de l’Arcom et au pluralisme porté par les équipes de C8 et CNews. » Le sénateur des Bouches-du-Rhône a dénoncé une « menace sur la liberté d’expression », digne d’une « République soviétique ou bananière. » D’après lui, les 6,5 millions d’euros d’amende infligés ces derniers mois à C8 l’ont été pour « non-respect de l’idéologie dominante », alors que la chaîne « fait preuve, elle, d’une véritable pluralité. »

La ministre de la Culture a estimé que Stéphane Ravier « contestait » ce faisant les obligations posées dans la loi de 1986. « Vous contestez le fait qu’il faille respecter la dignité des personnes sur les chaînes qui bénéficient d’une fréquence gratuite. Vous contestez le fait que l’on ne peut pas insulter un parlementaire », a-t-elle poursuivi. « Je suis d’autant plus étonnée que vous défendiez la liberté de la presse alors que le candidat que vous défendiez [Éric Zemmour, ndlr] faisait huer des journalistes à ses meetings et certains s’y faisaient agresser. »

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