Cabinets de conseil : ce que contient le texte adopté au Sénat
La proposition de loi sur l’encadrement du recours aux cabinets de conseil a été adoptée mardi soir au Sénat. Retour sur ce que contient le texte voté par les sénateurs avant son passage à l’Assemblée nationale.

Cabinets de conseil : ce que contient le texte adopté au Sénat

La proposition de loi sur l’encadrement du recours aux cabinets de conseil a été adoptée mardi soir au Sénat. Retour sur ce que contient le texte voté par les sénateurs avant son passage à l’Assemblée nationale.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Un score stalinien pour une proposition transpartisane encadrant le recours par l’Etat aux cabinets de conseil, c’était de circonstance. Avec 331 voix pour, 12 abstentions et 0 contre, le contrat est rempli pour une proposition de loi soutenue par l’ensemble des groupes politiques du Sénat et fruit d’une commission d’enquête menée par le duo Eliane Assassi (PCF) et Arnaud Bazin (LR). Un consensus s’est donc dégagé au Sénat sur une loi qui n’a pas pour but d’interdire le recours à des consultants, mais bien à l’encadrer pour renforcer l’Etat, ont argumenté les sénateurs de tous les bancs ce mardi soir jusque tard dans la nuit. Quelques points de désaccord subsistent avec le gouvernement, sur la prise en compte des collectivités locales ou le document qui fait la synthèse des prestations commandées par les administrations publiques, notamment. Stanislas Guerini s’est engagé à ce que l’exécutif reprenne le texte à l’Assemblée nationale.

>> Pour revivre la séance d’hier : Cabinets de conseil : le Sénat adopte la proposition de loi issue de la commission d’enquête

  • Soumettre les consultants à une obligation de déclaration d’intérêts à la HATVP

Le texte adopté au Sénat obligerait en l’état les consultants à effectuer une déclaration d’intérêt auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), en excluant les professions déjà soumises à des codes déontologiques et des autorités de contrôle liées à leur profession, comme les avocats. Le gouvernement a tenté de réduire le dispositif aux seuls dirigeants des cabinets de conseil, pour plus de « proportionnalité », mais le Sénat a tenu à maintenir le dispositif.

  • Amendes administratives en cas de manquement des consultants aux règles déontologiques

En cas de manquement à ces règles déontologiques, le Sénat a maintenu son dispositif d’amendes administratives, « plus rapides dans leur application », a argumenté la rapporteure communiste de la proposition de loi Cécile Cukierman face au souhait de Stanislas Guerini d’en faire des amendes pénales. Le montant maximal de l’amende pourra atteindre « 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial total de l’exercice précédent. »

  • Transparence : publication d’un document annuel récapitulant les prestations de conseil fournies à l’Etat

C’était une demande des sénateurs, le gouvernement a bel et bien fourni un « jaune » budgétaire sur le sujet en publiant un document annexé au projet de loi de finances récapitulant les prestations de conseil fournies par des cabinets privés à l’Etat. Stanislas Guerini s’est engagé à « graver dans le marbre » de la loi de finances ce rapport annuel fourni par l’Etat sur ses dépenses en matière de prestation de conseil. Là où le bât blesse, c’est que ce document a été jugé « lacunaire et insuffisant » par Éliane Assassi.

  • Interdiction de l’usage d’un logo d’une administration sur des documents produits par des consultants

C’est ce qui avait été reproché à Olivier Véran lors de son audition par la commission d’enquête, où Éliane Assassi avait produit des documents estampillés ‘ministère de la Santé’produits – en moins en partie – par des consultants. Le mélange des genres sera dorénavant interdit, puisque le texte du Sénat interdit aux cabinets d’utiliser le logo d’une administration.

  • Interdiction des prestations « pro bono »

Les prestations effectuées par les cabinets à titre gratuit, appelées « pro bono » sont bien interdites dans la rédaction actuelle de la proposition de loi. Une manière d’éviter des échanges de bons procédés qui pourraient ultérieurement créer des potentiels conflits d’intérêts. Le gouvernement a voulu créer une exception pour le mécénat culturel et les moments de crise particulièrement importants, mais le Sénat a là aussi refusé.

  • Le parjure devant une commission d’enquête vaudra exclusion des marchés publics

En séance, le Sénat a adopté un amendement présenté par Nathalie Goulet (UC) et du groupe communiste faisant d’un faux témoignage devant une juridiction ou une commission d’enquête sénatoriale un motif d’exclusion des marchés publics. Lors de la discussion, le communiste Éric Bocquet a fait référence au cas de Karim Tadjeddine, directeur associé au cabinet américain McKinsey. En mars, le Sénat avait saisi la justice pour une suspicion de parjure.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the headquarters of the French media group Canal +
9min

Politique

Tribune anti-Bolloré et réaction de Canal + : le cinéma français au bord de la fracture

Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.

Le

People vote in Bordeaux for the legislatives elections
6min

Politique

Municipales 2026 : un électeur sur six a utilisé l’IA pour l’aider dans son choix de vote, révèle une étude

Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.

Le

New Caledonia’s vote on independence from France
4min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : le texte visant à élargir le corps électoral adopté en commission au Sénat

A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.

Le

Cabinets de conseil : ce que contient le texte adopté au Sénat
3min

Politique

Candidature de Gabriel Attal pour 2027 : « On s’y prépare, il s’y prépare depuis des années », explique Franck Riester

Invité de la matinale de Public Sénat, Franck Riester détaille les raisons de son soutien à Gabriel Attal et considère qu’il est le mieux placé pour être le candidat du bloc central pour l’élection présidentielle de 2027. L’ancien ministre de la Culture estime par ailleurs qu’une candidature commune pour le bloc central pour 2027 pourrait être actée “en début d’année prochaine”.

Le