Cabinets de conseil : « Le gouvernement ne veut pas faire la transparence », dénonce Arnaud Bazin (LR)
Alors que le Sénat a voté pour élargir la liste des prestations de conseil que le gouvernement devait publier, Arnaud Bazin (LR) dénonce le manque de volonté de gouvernement sur le sujet. L’exécutif s’entête à refuser certaines des mesures votées à l’unanimité par le Sénat, alors qu’une enquête sur les campagnes présidentielles d’Emmanuel Macron a été ouverte par le Parquet national financier (PNF).

Cabinets de conseil : « Le gouvernement ne veut pas faire la transparence », dénonce Arnaud Bazin (LR)

Alors que le Sénat a voté pour élargir la liste des prestations de conseil que le gouvernement devait publier, Arnaud Bazin (LR) dénonce le manque de volonté de gouvernement sur le sujet. L’exécutif s’entête à refuser certaines des mesures votées à l’unanimité par le Sénat, alors qu’une enquête sur les campagnes présidentielles d’Emmanuel Macron a été ouverte par le Parquet national financier (PNF).
Louis Mollier-Sabet

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Dans la nuit de lundi à mardi, les sénateurs ont adopté un amendement dans le budget 2023, qui oblige le gouvernement à publier des données bien plus étendues et plus précises sur les prestations de conseil auxquelles ont recours les différentes administrations publiques. Mesure issue des travaux de la commission d’enquête sénatoriale sur le sujet, présidée par Arnaud Bazin (LR), le gouvernement a prétendu, par la voix de Gabriel Attal, que cette demande du Parlement était « satisfaite », avec la publication à l’automne d’un document budgétaire récapitulant lesdites prestations.

« Le gouvernement propose des mesures partielles qui sont des écrans de fumée »

« Ce document est très loin de ce que nous avons demandé », réitère Arnaud Bazin au micro de Public Sénat. « Ce que le gouvernement a proposé à l’automne est insuffisant, partiel et ne retrace pas du tout ce que nous avons prévu dans la proposition de loi que nous avons votée à l’unanimité, et qui précise les données que nous voulons connaître », ajoute-t-il. Le président de la commission d’enquête détaille : « C’était une globalisation par ministère sans aucun détail sur les bons de commande, sur les montants, leur objet. »

D’après Arnaud Bazin, les actions du gouvernement démontrent « qu’il ne veut pas faire la transparence » sur le sujet. « Le gouvernement propose des mesures partielles qui sont des écrans de fumée, mais qui ne répondent pas du tout à la demande du Parlement. »

En témoigne d’ailleurs la proposition de loi adoptée par le Sénat, qui reste bloquée dans la navette parlementaire : « Le gouvernement n’a pas repris notre proposition de loi à son compte, alors qu’il aurait pu l’inscrire à l’ordre du jour. C’est un indice de son manque de volonté. Il faudra donc que les groupes politiques de l’Assemblée réservent du temps sur le sujet. Nous avons passé 5h sur la PPL ici au Sénat, donc cela pose des difficultés techniques, mais j’ai bon espoir que cela bouge au printemps. »

Ouverture d’une enquête sur McKinsey et les campagnes présidentielles d’Emmanuel Macron : « Ça ne m’étonne qu’à moitié »

Après l’ouverture d’une enquête du Parquet national financier sur le rôle des cabinets de conseil dans les deux dernières campagnes présidentielles, remportées par Emmanuel Macron, le sujet a été récemment remis en tête de l’actualité. « [Les campagnes électorales] sont des sujets que nous n’avons pas investigué, mais je ne suis qu’à demi surpris. Nous avons établi qu’il y avait des prestations gratuites, notamment de McKinsey, pour la présidence de la République, après l’élection. Nous avions aussi établi que certains salariés de McKinsey avaient travaillé à la campagne de M. Macron, ce qui n’est absolument pas interdit, mais sur leur temps libre, pas leur temps dans l’entreprise. »

D’après Arnaud Bazin, « il peut y avoir ce genre de questionnements », sur d’éventuels retours d’ascenseurs après les campagnes électorales. En tout cas, « il est naturel que la Justice pose la question, et donne la réponse. »

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