Le rapport de l’Anses, publié le 25 mars, sur la surexposition des Français au cadmium, un métal toxique que l’on retrouve dans de nombreux aliments, n’en finit plus de faire des vagues. « Il y a une bombe sanitaire dans nos assiettes », a interpellé la sénatrice écologiste Anne Souyris ce mercredi 1er avril, à l’occasion de la séance de questions d’actualité au gouvernement. « La population française est trois à quatre fois plus exposée à cette substance que les autres Européens », a-t-elle rappelé.
L’Anses préconise depuis 2019 de réduire la principale source de cadmium : à savoir sa présence dans les engrais phosphatés. L’agence recommande un taux maximal de 20 milligrammes par kilogramme d’engrais, contre 90 mg en France et 60 mg dans l’Union européenne. « Le gouvernement préparait un arrêté en ce sens en 2023. Aujourd’hui, nous ne voyons rien venir », a encore épinglé Anne Souyris.
« Un arrêté et un décret sont actuellement à l’étude »
« La question de l’exposition au cadmium est prise très au sérieux, au plus haut niveau de l’État et du gouvernement », a voulu rassurer la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. « Mon ministère, soucieux d’une alimentation saine et équilibrée, conduit un certain nombre de contrôles, particulièrement sur cette question du cadmium, et peut attester de la conformité de 99,5 % des produits contrôlés », a-t-elle indiqué.
« Nous agissons puisque nous avons pris des textes réglementaires, un arrêté et un décret qui sont actuellement à l’étude au Conseil d’Etat, qui va rendre ses conclusions probablement dans quelques semaines, en tout cas durant le mois d’avril », a expliqué la locataire de la rue de Varenne. Le décret rejoint les préconisations de l’Anses « à savoir qu’il faut en effet réduire la part de cadmium dans les matières fertilisantes », a encore précisé Annie Genevard. « Ces préconisations de diminution progressive vont pouvoir permettre aux agriculteurs d’adapter de façon pérenne, leurs pratiques agronomiques c’est indispensable. »
« Les agriculteurs font des efforts depuis des années, le taux d’engrais phosphaté a diminué très substantiellement depuis plusieurs années d’un quart », a encore défendu la ministre.