Les éditorialistes vendredi estiment "exemplaire" et "à la hauteur du scandale", la condamnation à trois ans de prison ferme infligée jeudi à L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, pour fraude fiscale.
"La condamnation est à la hauteur du scandale. Le plus retentissant et le plus ahurissant de ce quinquennat entamé sous le signe de la +République exemplaire+", martèle Hervé Favre dans La Voix du Nord.
"Un jugement exemplaire", affirme Pascal Coquis, des Dernières Nouvelles d'Alsace. Et de souligner que "le tribunal a qualifié ces faits d’une +rare et exceptionnelle gravité+. Et ce sont ces faits-là qui méritaient une sanction qui fasse sens".
Jérôme Cahuzac a été condamné jeudi à trois ans de prison ferme sans aménagement de peine et cinq ans d'inéligibilité, par le tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale et blanchiment dans le cadre du scandale le plus retentissant du mandat présidentiel de François Hollande.
Il a interjeté appel et n'ira donc pas en prison.
Mais pour Libération : "la justice règle son compte à Jérôme Cahuzac".
Jérôme Cahuzac à la sortie du palais de justice le 8 décembre 2016 à Paris
AFP
"La faute morale est particulièrement lourde, car celui qui dissimulait son argent dans des paradis fiscaux était le ministre chargé de punir les contribuables indélicats", rappelle Guillaume Goubert dans La Croix.
La justice a été "droite et sévère", se réjouit dans La Montagne, Florence Chédotal pour qui "la sanction +exemplaire+ est à la mesure de la République voulue +exemplaire+ qu'il a foulée aux pieds".
- 'La règle du jeu dangereux' -
"Une sanction exemplaire à l'encontre d'un ministre qui aurait dû donner l'exemple", s'indigne Patrice Chabanet, du Journal de la Haute-Marne. Une sanction "exemplaire" un qualificatif repris également dans le Courrier picard, par Bertrand Meinnel.
"Il était temps d’en finir avec la naïveté et la bienveillance dont Jérôme Cahuzac, dissimulateur avéré, menteur patenté, bénéficia trop longtemps", s'emporte Bruno Dive dans Sud-Ouest. Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, partage cette opinion. "Voleur sans scrupule, fraudeur désinvolte, menteur avec aplomb, il paie (...) C’est la règle du jeu dangereux auquel il s’était attablé".
"Jérôme Cahuzac a été pris à son propre jeu", renchérit Hervé Chabaud de L'Union. "Il y a une loi" et "elle se doit d’être appliquée".
Et tous les éditorialistes s'en félicitent comme tous pensent que cette condamnation "devrait faire réfléchir", comme l'écrit Bertrand Meinnel (Courrier picard). "C'est un avertissement pour tous ceux qui auraient de mauvaises tentations fiscales", assure Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne).
Le Figaro y voit "un signal dur de la justice". Et pour le quotidien : "la sentence délivre un message: le sursis ne sera plus quasi automatique pour les gros fraudeurs célèbres ou non".
En tout cas, "c'est un tournant", pour Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre. "L’affaire Cahuzac aura jeté un énorme pavé dans la mare de l'évasion fiscale et aura permis d’armer l’État contre ces tricheurs de haut vol", conclut l'éditorialiste.
Dans un entretien dans le journal Le Monde, le garde des Sceaux se dit défavorable à une mesure de la proposition de loi intégrale visant à supprimer les cours criminelles départementales et rétablir la compétence des cours d'assises pour tous les crimes sexuels. Une mesure incompatible, selon lui, avec une juridiction spécialisée. Avocats et magistrats insistent, eux, sur une meilleure formation des magistrats, et la dimension pédagogique des procès d'assises, nécessaire pour une meilleure prise en compte de ces crimes par l'ensemble de la société.
Le Parti socialiste a enfin un projet. Son candidat, en revanche, reste introuvable. Réuni ce mardi 30 juin au soir, en Conseil national, le PS tente de sortir de l’impasse présidentielle en demandant… aux militants de choisir comment ils choisiront leur candidat. Primaire ouverte, primaire fermée, double primaire : derrière les subtilités de procédure se joue une bataille bien plus politique, celle du leadership de la gauche sociale-démocrate et, en creux, du rapport de force avec Raphaël Glucksmann.
Dans la foulée d’une semaine de canicule historique à l’origine d’environ 1 000 décès, selon un premier bilan de Santé publique France, le Rassemblement national détaille les mesures de son « Plan Clim ». Au total, les troupes de Marine Le Pen envisagent une enveloppe de 40 milliards.
Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe Renaissance au Sénat, François Patriat se réjouit de la réintroduction de l’acétamipride au sein du projet de loi agricole. Sans alternative à ce néonicotinoïde, l'ancien ministre de l’Agriculture défend son autorisation.