Caisses de retraites: la commission à l’Assemblée élargit le champ d’une ordonnance
Les régimes de retraite complémentaire pourront s'ils le souhaitent puiser dans leurs réserves financières pour aider à la...

Caisses de retraites: la commission à l’Assemblée élargit le champ d’une ordonnance

Les régimes de retraite complémentaire pourront s'ils le souhaitent puiser dans leurs réserves financières pour aider à la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les régimes de retraite complémentaire pourront s'ils le souhaitent puiser dans leurs réserves financières pour aider à la transition vers le régime universel dans des conditions fixées par ordonnance, ont voté samedi les députés de la commission spéciale retraites.

Les députés ont adopté un amendement du gouvernement en ce sens, le premier présenté par le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski depuis le début des travaux de la commission spéciale lundi.

"Cet amendement vise durant la période de convergence de vingt ans (...) à permettre aux régimes d'affiliation de décider s'ils souhaitent utiliser leurs réserves financières afin de faciliter la convergence vers le barème de cotisations du système universel, en finançant la prise en charge partielle des cotisations" des affiliés, a détaillé le secrétaire d'Etat.

Seront concernés les régimes Agir-Arrco (la caisse complémentaire des salariés du privé), Ircantec (des salariés de droit public), ainsi que les régimes autonomes des experts comptables et encore des avocats, a-t-il ajouté.

Les avocats notamment sont vent debout depuis un mois contre la réforme des retraites, qui prévoit selon le Conseil national des barreaux de doubler les cotisations retraite (de 14 à 28%) pour les avocats gagnant moins de 40.000 euros par an, et les pensions, actuellement au minimum de 1.400 euros net, passeraient à 1.000 euros.

"Vous avez toutes les professions libérales contre vous et comme ça vous nous glissez tranquillement" cet amendement, a protesté en commission Sébastien Jumel (PCF).

"Ponctionner ou non les réserves des caisses, vous ne pouvez pas décider ça par ordonnance", a aussi contesté Eric Coquerel (LFI).

La droite, qui s'élève aussi contre "un recours abusif aux ordonnances", a "une forte suspicion sur une souplesse supplémentaire accordée aux différents régimes", selon Constance Le Grip (LR).

Le secrétaire d'Etat a martelé que les réserves seraient utilisées si les régimes "le décidaient". Il s'agit d'élargir l'habilitation à prendre une ordonnance "pour que cette option existe", sans "contraindre qui que ce soit".

Le chef de file des députés MoDem Patrick Mignola a aussi soutenu la proposition d'ordonnance, pour laisser le temps à la concertation avec les professions.

"Revenez quand vous êtes prêts!", avait lancé plus tôt Boris Vallaud (PS), critique également du recours aux ordonnances, et demandant avec ironie "que le gouvernement cesse de faire de l'obstruction parlementaire".

La commission spéciale, qui se réunira également dimanche, doit encore examiner quelque 16.000 amendements sur le projet de réforme des retraites.

La tension est montée parfois samedi. Alors qu'Eric Coquerel voulait davantage s'exprimer mais n'y était pas autorisé, la présidente de la commission Brigitte Bourguignon (LREM) a assuré qu'"il n'y a pas deux poids-deux mesures" sur les temps de parole.

Et d'enchaîner: "Je vais dénoncer vos méthodes parce que ça fait cinq jours que je me fais pourrir mon téléphone, mon Twitter, mon Facebook, mes mails par des gens de votre formation politique" qui critiquent la discipline en commission.

"Je me prends un tombereau d'insultes, c'est une honte", a ajouté Mme Bourguignon. M. Coquerel a répondu: "pour ma part je ne vous ai pas pourrie sur internet".

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Caisses de retraites: la commission à l’Assemblée élargit le champ d’une ordonnance
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le