Caisses occultes au Sénat: une autre affaire qui pourrait inquiéter Fillon
François Fillon a-t-il bénéficié de fonds occultes quand il était sénateur? Il n'est pas visé par l'enquête en cours sur des...

Caisses occultes au Sénat: une autre affaire qui pourrait inquiéter Fillon

François Fillon a-t-il bénéficié de fonds occultes quand il était sénateur? Il n'est pas visé par l'enquête en cours sur des...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon a-t-il bénéficié de fonds occultes quand il était sénateur? Il n'est pas visé par l'enquête en cours sur des soupçons de détournement de fonds publics au profit de sénateurs de l'ex-UMP mais aurait perçu des sommes provenant de cette cagnotte, selon le JDD et Mediapart.

Le Journal du dimanche (JDD) affirme qu'entre 2005 et 2007, alors sénateur UMP de la Sarthe, "François Fillon a perçu sept chèques à son nom", un par trimestre, pour "un montant total de l'ordre de 21.000 euros" correspondant à des "reliquats de crédits d'assistants".

Pour Mediapart, l'ex-Premier ministre "s'est mis dans la poche une partie des crédits théoriquement réservés à la rémunération d'assistants, grâce à un système de commissions occultes". Samedi soir, le site d'informations estimait que les "sommes siphonnées" ne dépassaient "sans doute pas les 25.000 euros".

Ces nouvelles accusations tombent mal pour le candidat de la droite à la présidentielle, empêtré dans l'affaire d'emplois présumés fictifs de son épouse Penelope et qui devait tenter dimanche de relancer une campagne en berne par un grand meeting à Paris.

Contacté dimanche matin par l'AFP, l'entourage de François Fillon a dit qu'il ne faisait "aucun commentaire sur une affaire judiciaire en cours". De son côté, le député Les Républicains Éric Ciotti a déclaré sur franceinfo que cette affaire des caisses occultes "ne concerne ni directement ni personnellement François Fillon".

Depuis novembre 2013, deux juges d'instruction financiers enquêtent sur des soupçons de détournement de fonds publics via des caisses occultes au profit de sénateurs ou anciens sénateurs de l'UMP, devenue Les Républicains. L'enquête s'est accélérée ces dernières semaines avec plusieurs mises en examen, dont celles des sénateurs Jean-Claude Carle, ex-trésorier du groupe UMP sénatorial, et Henri de Raincourt, ex-président du groupe et ancien ministre.

Au total, six personnes sont mises en examen dans ce dossier qui concerne la période postérieure à 2009. François Fillon, qui a quitté le Sénat en 2007, ne peut donc être inquiété par la justice dans ce cadre.

Mais l'enquête a mis au jour une pratique ancienne, autorisée par le bureau du Sénat depuis 1988, selon l'avocat d'Henri de Raincourt, mis en examen en décembre.

Pour Mediapart, ces commissions ont rarement dépassé 4.000 euros par personne et par trimestre, mais "sur douze ans, ce goutte-à-goutte a concerné des dizaines d'élus et les subventions publiques déroutées de leur objet initial se comptent en millions d'euros".

Les élus mis en cause ont nié tout détournement en faisant valoir l'autonomie financière des groupes parlementaires.

"Tout ça remonte à la création du groupe UMP, fusion de trois groupes", a réagi dimanche le président du Sénat, Gérard Larcher, au "Grand rendez-vous Europe 1-iTELE-Les Échos". "Il y a des reliquats pour les trois groupes. L'objet c'est de servir à l'action politique de ces sous-groupes et de leurs membres. Ça fait l'objet d'une enquête sur les conditions de régularité, on va laisser cette enquête se conclure."

Les juges s'intéressent à des sommes remises à des sénateurs en plus de leurs indemnités légales, depuis deux comptes du groupe de l'ex-UMP, et par le biais de deux associations, le Cercle de réflexion et d'études sur les problèmes internationaux (Crespi) et l'Union républicaine du Sénat (URS), un sous-groupe rallié par d'anciens giscardiens et centristes à la fondation de l'UMP en 2002.

Les juges s'interrogent notamment sur un système de rétrocession surnommé la "Ristourne": lorsque les sénateurs ne dépensaient pas toute leur enveloppe pour embaucher des assistants, ils reversaient les fonds non utilisés au groupe sénatorial UMP qui en redistribuait une partie aux sénateurs.

Partager cet article

Dans la même thématique

Caisses occultes au Sénat: une autre affaire qui pourrait inquiéter Fillon
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Caisses occultes au Sénat: une autre affaire qui pourrait inquiéter Fillon
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le