Calais : « La politique d’accueil de la France ne peut se résumer au harcèlement des migrants» selon MSF
Interrogé sur le plateau de « Politique 360 », Michaël Neuman, directeur d’études à MSF  dénonce la dégradation des conditions de vie des migrants à Calais, « traqués » par la police ainsi que la difficulté grandissante des associations, empêchées dans leur volonté d’apporter une aide.

Calais : « La politique d’accueil de la France ne peut se résumer au harcèlement des migrants» selon MSF

Interrogé sur le plateau de « Politique 360 », Michaël Neuman, directeur d’études à MSF  dénonce la dégradation des conditions de vie des migrants à Calais, « traqués » par la police ainsi que la difficulté grandissante des associations, empêchées dans leur volonté d’apporter une aide.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Jacques Toubon, défenseur des droits, a publié cette semaine un communiqué alarmant sur les « conditions de vie inhumaines » des migrants à Calais, après une visite de ses services sur place et vendredi, 11 associations déposent un recours en référé pour « enjoindre les autorités de respecter les libertés et droits fondamentaux » de ces migrants, selon Le parisien.

Michaël Neuman, directeur d’études à MSF et spécialiste des questions migratoires, était également à Calais lundi et mardi dernier. Il y décrit la situation en expliquant qu’au moment où les personnes qui portent secours aux migrants sont souvent empêchées de le faire, les migrants sont particulièrement fragilisés par le comportement des autorités : « Vous avez quelques centaines de personnes aujourd’hui qui sont aux côtés de toutes les organisations qui essaient de leur porter secours, qui sont harcelées, poursuivies, traquées par la police, dans des difficultés d’exercer le métier de secouristes extrême. Et dans le même temps, des gens qui sont en majorité Afghans, Somaliens, Érythréens, Soudanais pour quelques-uns, tentent désespérément toujours de rejoindre l’Angleterre et se retrouvent confrontés à cette traque policière et à des kilomètres de grillages ».  

Le spécialiste des questions migratoires voit dans ces méthodes, une vision à court terme de la part des autorités qui cherchent à empêcher les regroupements : «Les forces de l’ordre vont faire en sorte que les « lieux de fixation » disparaissent et par là même empêcher les associations locales, les initiatives individuelles de se développer pour fournir le complément de secours nécessaire : de l’eau, il n’y a aucun point d’eau public, des repas, des couvertures… ».

Quant à la vision à long terme, Michaël Neuman ne la voit pas : « Depuis que je suis ces questions-là (…), la politique de long terme est soit inexistante, soit pas du tout convaincante. Aujourd’hui, on ne peut que juger sur pièce, il est trop tôt pour définir cette politique parce qu’on est dans une phase de transition. Donc on verra comment les choses s’engagent dans les mois et les semaines à venir ».

Et d’insister : « La politique d’accueil de la France dans le nord du pays, ne peut pas se résumer au harcèlement et des migrants, et de ceux qui essaient de leur porter un peu d’assistance ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Calais : « La politique d’accueil de la France ne peut se résumer au harcèlement des migrants» selon MSF
5min

Politique

« L’adoption de l’IA par nos entreprises est trop lente » : la ministre du numérique alerte sur le risque de décrochage face à la concurrence mondiale

Entendue ce mardi par la délégation aux entreprises du Sénat, Anne Le Hénanff s’est félicitée de la bonne santé de l’écosystème IA français, mais pointe le « retard » des entreprises françaises dans son utilisation. Plaidant pour une forte accélération en la matière, la ministre appelle faire émerger une « troisième voie de l’IA », française et européenne, face aux leaders américains et chinois.

Le

France Paris Emmanuel Macron Leads National Tribute Ceremony for Lionel Jospin at Les Invalides
3min

Politique

Sondage : Emmanuel Macron toujours aussi impopulaire, Sébastien Lecornu fléchit légèrement

À un an de la fin de son deuxième mandat, le chef de l’État est encore considéré comme un mauvais président par 74% des Français, selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat. Une impopularité chronique depuis la dissolution de 2024. Plus à son avantage, à 33% de popularité, Sébastien Lecornu voit sa cote légèrement baisser par rapport au mois dernier.

Le