Campagne de Macron: enquête ouverte sur le rôle des collectivités lyonnaises
Après une plainte d'élus de droite, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics afin de...

Campagne de Macron: enquête ouverte sur le rôle des collectivités lyonnaises

Après une plainte d'élus de droite, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics afin de...
Public Sénat

Par Pierre PRATABUY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après une plainte d'élus de droite, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics afin de déterminer si la métropole et la ville de Lyon, fief du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, ont effectivement financé la campagne d'Emmanuel Macron.

Confiée à la police judiciaire, elle vise aussi des faits présumés de financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel, a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête.

Le maire de Caluire, Philippe Cochet, président du groupe LR à la métropole, et son homologue à la ville, Stéphane Guilland, avaient annoncé la semaine dernière avoir saisi le procureur de la République.

Selon leur plainte contre X, "des moyens publics (humains, matériels et financiers) sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon", que dirigeait M. Collomb avant d'entrer au gouvernement, auraient été "indûment détournés et mis à disposition" du futur président.

"Il n'y a rien de nouveau dans ces informations dont le seul objet est de jeter le discrédit. La plainte des élus Les Républicains de Lyon reprend une polémique que l'opposition locale tente d'alimenter depuis plusieurs mois", avait-on rétorqué dans l'entourage du ministre la semaine dernière.

"J'ai répondu à 80% de leurs demandes et quand je ne l'ai pas fait, c'est parce que la loi me l'interdit", a dit lundi son successeur à la tête de la métropole, David Kimelfeld, qui invite M. Cochet à "balayer devant sa porte" en rappelant "ses égarements lorsqu'il soutenait la campagne de M. Fillon".

"Aujourd'hui il y a panique en la demeure, après un long sentiment d'impunité dans cette maison", a répliqué M. Cochet, pour qui M. Kimelfeld est dans une situation difficile car "on lui fait porter le chapeau".

- "Coup de main" -

Les plaignants n'ont pas pu obtenir, en particulier, la liste des invités à une réception organisée le 2 juin 2016 à l'Hôtel de Ville de Lyon. L'actuel ministre de l'Intérieur y avait reçu le ministre de l'Économie d'alors, Emmanuel Macron, deux mois après le lancement d'En Marche !

La veille de cette rencontre à laquelle les élus d'opposition n'étaient pas conviés, M. Cochet avait dénoncé "une opération de +fundraising+ en vue de la présidentielle".

"Tout le monde savait déjà que Macron serait candidat, des gens de chez nous avaient été reçus à Bercy pour discuter d'un grand rassemblement de la droite et du centre. Et Collomb avait dit qu'il voulait lui donner +un coup de main+", indique une source LR.

Ce jour-là, près d'un millier de personnes se bousculèrent dans les salons de la mairie pour voir M. Collomb accueillir son "cher Emmanuel". La facture avoisina 19.000 euros, principalement pour le buffet et la sonorisation des lieux, confiés à un traiteur et une société d'événementiel - GL Events.

Dans leur plainte, les élus estiment que M. Macron a bénéficié "d'une mise à disposition gratuite" de locaux publics "à des fins électorales et partisanes", alors que la campagne présidentielle était "juridiquement ouverte" ; et que les collectivités lyonnaises, en payant les frais, ont financé un candidat alors que le code électoral l'interdit aux personnes morales.

Mise en cause également, "la situation particulière" de Jean-Marie Girier, ancien chef de cabinet de M. Collomb à Lyon, qui a joué un rôle actif dans la campagne de M. Macron. M. Girier a bénéficié d'un temps partiel à la métropole à partir d'octobre 2016, puis a mis fin à ses fonctions en décembre pour devenir directeur de campagne en janvier 2017.

Les plaignants affirment que son implication au sein d'En Marche ! a commencé bien avant: un cumul de fonctions "juridiquement interdit" selon eux, qui masquerait un emploi parfois "fictif". L'enquête devrait notamment se pencher sur les prises de congés de M. Girier.

Les élus LR s'interrogent enfin sur une utilisation des locaux parisiens de la métropole lyonnaise durant la campagne de M. Macron et entre les deux tours.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bapteme du grand amphitheatre du ministere des Armees du nom de Pierre Messmer.
4min

Politique

Mort d’Édouard Balladur : « Serviteur exigeant de la France » pour Emmanuel Macron, « un mentor », salue Nicolas Sarkozy

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur, rival honni de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, est décédé, lundi soir, à l’âge de 97 ans. « Un serviteur exigeant » pour la France », a salué Emmanuel Macron. « Un exemple, un mentor et un ami », pour Nicolas Sarkozy. De nombreux hommages lui ont été rendus de la part des responsables politiques.

Le

EdouardBalladur
6min

Politique

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort à l’âge de 97 ans 

Edouard Balladur, Premier ministre de mars 1993 à mai 1995, est décédé lundi à Paris à l'âge de 97 ans. Secrétaire général de l’Elysée sous Pompidou, député, ministre de l’Economie et des finances, c’est surtout son passage à Matignon lors de la deuxième cohabitation qu’Édouard Balladur affirmera son statut d’homme d’Etat. Après son échec au premier tour de la présidentielle de 1995 sur fond de division de la droite, il ne parviendra jamais à revenir au premier plan du paysage politique, mais demeurera une personnalité incontournable de la Vème République.

Le

Heatwave canicule, ecole elementaire, Paris
10min

Politique

Présidentielle 2027 : que proposent les candidats pour l’école ?

À quelques heures de la rentrée scolaire, l’éducation s’impose déjà comme l’un des thèmes de la campagne présidentielle. Salaires des enseignants, autorité, réduction des effectifs, autonomie des établissements, lutte contre les inégalités : de la droite à la gauche, les candidats avancent des réponses très différentes à une même préoccupation, celle d’une école jugée en difficulté.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
7min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : Anne Hidalgo auditionnée le 15 septembre par la commission d'enquête du Sénat

Avec 203 enquêtes pénales actuellement ouvertes pour des soupçons de violences dans les établissements scolaires parisiens, l'inquiétude des parents n'est pas près de faiblir à la veille de la rentrée. Au Sénat, la commission d'enquête consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire va reprendre ses travaux avec notamment l’audition d’Anne Hidalgo prévue le 15 septembre et celle d'Emmanuel Grégoire le 16 septembre. Sa rapporteure, Agnès Evren (LR), regrette « la solitude institutionnelle » qui pèse sur les familles victimes.

Le