Alors qu’un sondage place Edouard Philippe en bonne position pour la présidentielle de 2027, le président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale « appelle à la prudence un an avant les échéances électorales ? » « Emmanuel Macron était-il testé au mois de mars 2016 ? » poursuit-il. À l’inverse, les exemples ne manquent pas de candidats à qui l’on promettait la victoire un an avant et qui ont échoué : Édouard Balladur, Lionel Jospin, Alain Juppé, François Fillon… « Attention à ne pas saturer l’espace médiatique de ‘il a déjà gagné.’ Il y a des tas de gens qui avaient déjà gagné et qui ont perdu », rappelle l’ancien ministre de l’Agriculture.
« On parle beaucoup des personnalités, mais quel est le projet et le programme ? Là on teste ce que les gens perçoivent des qualités d’une personnalité. Edouard Philippe est l’un de ceux qui sont placés, il a été Premier ministre, on sait les qualités qui sont les siennes », affirme Marc Fesneau, qui insiste sur le fait que tous les candidats putatifs de la droite et du centre « ne disent pas la même chose » sur le fond. « J’ai l’impression que sur plein de sujets nous ne sommes pas d’accord avec Bruno Retailleau, qu’il fasse son projet avec les LR, que nous fassions notre projet et nous verrons les convergences que nous pourrons proposer aux Français », poursuit le président du groupe MoDem.
« Mais si on dit sans les macronistes, sans les gens de gauche, avec quelles voix on est élus ? »
D’après lui, « la pire des choses » serait « de dire que de Knafo à Glucksmann, c’est pareil. » « Vous ouvrez un boulevard à Mélenchon et Le Pen », ajoute Marc Fesneau, qui répond ainsi à Laurent Wauquiez et sa primaire « d’Edouard Philippe à Sarah Knafo » : « Ça sera sans nous. » Le dirigeant centriste ne croit pas non plus aux appels à « un candidat unique de la droite et du centre » : « La ‘droite et le centre’, c’est une façon de dire la droite. »
« La question c’est d’avoir un candidat modéré, qui peut gouverner sans mettre le pays en ébullition et dans le chaos », poursuit-il, avant de répondre à Bruno Retailleau qui avait estimé qu’un « candidat macroniste » ne « pourrait pas être élu Président de la République » : « Je dis à Bruno Retailleau que jamais quelqu’un de droite ne pourra gagner sans des gens qui ont soutenu Emmanuel Macron. Personne ne peut gagner seul. Il y a des forces qui ont décidé de faire éclater le pays. Les forces qui ne veulent pas fracturer le pays, dont est – je le crois – Bruno Retailleau, doivent se rassembler au 1er ou au 2nd tour. »
Et de conclure : « Mais si on dit sans les macronistes, sans les gens de gauche, avec quelles voix on est élus ? »