Carles Puigdemont s’exprime à Bruxelles
Carles Puigdemont s’est exprimé au club de la presse à Bruxelles. En français, en espagnol et en catalan le président destitué de la Catalogne a fustigé « l’offensive extrêmement agressive » de Madrid. Il voit les élections du 21 décembre comme un « défi démocratique » qu’il entend relever. Ces élections s’annoncent comme un ultime bras de fer entre les indépendantistes et le pouvoir central. 

Carles Puigdemont s’exprime à Bruxelles

Carles Puigdemont s’est exprimé au club de la presse à Bruxelles. En français, en espagnol et en catalan le président destitué de la Catalogne a fustigé « l’offensive extrêmement agressive » de Madrid. Il voit les élections du 21 décembre comme un « défi démocratique » qu’il entend relever. Ces élections s’annoncent comme un ultime bras de fer entre les indépendantistes et le pouvoir central. 
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Le président destitué de la Catalogne a trouvé refuge dans la capitale belge après que le parquet espagnol a déposé une plainte pour rébellion à son encontre. Ce nouveau coup de théâtre intervient alors que le parlement catalan a proclamé son indépendance, vendredi dernier. Carles Puigdemont s’est exprimé vers 12h30 au Club de la presse à Bruxelles. En français, en espagnol et en catalan le président destitué de la Catalogne a fustigé « l’offensive extrêmement agressive » de Madrid. Il voit les élections du 21 décembre comme un « défi démocratique, » un terrain démocratique qu’il entend gagner. Ces élections s’annoncent comme un ultime bras de fer entre les indépendantistes et le pouvoir central.

« C’est une plainte qui entend poursuivre une idée, des personnes et non pas un délit. »

Carles Puigdemont dénonce « la politisation de la justice espagnole »
02:16

Carles Puigdemont a longuement critiqué « l’agressivité de l’État espagnol » et dénoncé un procès politique sous couvert de poursuites judiciaires. « Le gouvernement espagnol ne peut pas nous entraîner vers un scénario rejeté par l’ensemble du mouvement souverainiste et toutes ses variantes » a-t-il déclaré. Selon Carles Puigdemont la plainte du parquet espagnol, pour rébellion, « souligne l’extrême agressivité du gouvernement espagnol à l’encontre du gouvernement catalan. C’est une plainte qui n’a pas de fondement juridique, qui dans sa rédaction ne fait état que de faits politiques. C’est une plainte qui entend poursuivre une idée, des personnes et non pas un délit. » Le motif de rébellion porté par cette plainte, fait encourir une condamnation de 30 ans à l’exécutif catalan. Carles Puigdemont dénonce le « grave déficit démocratique » et la « politisation de la justice espagnole. »

« Je ne suis pas là pour demander l’asile politique. Ce n’est pas une question belge mais européenne

« On va affronter politiquement l’injustice » du gouvernement espagnol, affirme Carles Puigdemont. Contrairement à ce qui avait été annoncé, l’ex-président de la Catalogne a affirmé qu’il n’était pas à Bruxelles « pour demander l’asile politique. Ce n’est pas une question belge mais européenne » a-t-il précisé. Concernant l’application de l’article 155, le président destitué de la Catalogne déclare qu’il « soutiendra les différentes initiatives qui sont mises en place pour éviter l’application de l’article 155 qui finit par démonter le système institutionnel catalan. » À aucun moment dans son allocution, Carles Puigdemont n'a pris acte de sa destitution. 

Élections du 21 décembre : Carles Puigdemont demande « un engagement clair de l’État » espagnol

Élections du 21 décembre : Carles Puigdemont demande « un engagement clair de l’État » espagnol
02:33

Carles Puigdemont réclame « un engagement clair de l’État » espagnol sur le respect du résultat des élections du 21 décembre prochain. Il demande par ailleurs à la communauté internationale et tout particulièrement à l’Europe de « réagir » pour préserver la démocratie. S'adressant au peuple catalan, Carles Puigdemont a demandé la reconnaissance « de ses conseillers et ministres du gouvernement (…) face à la menace qui plane sur nous. » Et de terminer son allocution en donnant rendez-vous aux Catalans : « dans les urnes nous nous retrouverons. »

Indépendance de Catalogne : un long bras fer 

Carles Puigdemont est sous le coup d’une plainte pour rébellion déposée par le parquet espagnol. Une plainte qui touche tous les membres de l’exécutif catalan et qui leur fait encourir une peine de prison pouvant aller jusqu’à 30 ans. La plainte a été déposée après que le parlement catalan a voté l’indépendance de la Catalogne, vendredi dernier. La résolution déclarant l’indépendance a été adoptée par 70 voix pour (sur 135 députés), l’opposition ayant quitté l’hémicycle au moment du vote.

La proclamation de l’indépendance de la Catalogne a entraîné l’adoption de l’article 155 par le Sénat espagnol. Une escalade qui prend ses racines sur les velléités indépendantistes catalanes et le référendum d’autodétermination - qualifié d’illégal par le pouvoir central – du 1er octobre dernier. À l’heure actuelle, la Catalogne est placée sous la tutelle de Madrid. Mariano Rajoy a annoncé la tenue d’élections en Catalogne le 21 décembre prochain.   

L’article 155 a engendré une série de conséquences. Dès samedi, la Catalogne s’est retrouvée sous tutelle du pouvoir central. Mariano Rajoy a annoncé la destitution de Carles Puigdemont, la dissolution du Parlement de la Généralité et l’organisation d’élections anticipées. L’emblématique chef de la police catalane, Joseph Lluis Trapero – déjà mis en examen pour sédition – a été destitué. La région est maintenant dirigée par la numéro 2 du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le

Carles Puigdemont s’exprime à Bruxelles
4min

Politique

Ultra droite dans les rues le 24 octobre : « Il n'y a eu aucune complaisance des forces de l'ordre », selon Laurent Nuñez

Interpellé par le sénateur PS Hussein Bourgi durant les questions au gouvernement sur les violences des groupuscules d’extrême droite lors de la manifestation du 24 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez affirme qu’il n’y a eu « aucune complaisance » des forces de l’ordre et qu’il y aura bien « des actions judiciaires ».

Le