Paris: Questions au gouvernement Senat
Crédit : ISA HARSIN/SIPA

CARTE. Sénatoriales 2026 : quels sont les départements concernés par le renouvellement ?

Après les municipales, les partis politiques regardent déjà en direction des élections sénatoriales, qui se tiennent en septembre 2026. Comme tous les trois ans, la moitié du Sénat sera renouvelé, avec un mode de scrutin très différent selon la taille du département.
Christian Mouly

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’heure est à la revue des effectifs. Les élections municipales terminées, chaque camp politique procède au comptage national de ses conseillers municipaux. Le chiffre peut être brandi pour vanter son ancrage territorial, mais il a surtout une importance capitale en vue de la prochaine échéance électorale : les sénatoriales 2026, qui devraient se tenir le 3e dimanche du mois de septembre.

Car les sénateurs ne sont pas élus au suffrage universel, mais par un collège de 162 000 grands électeurs. Parmi eux, les députés, les conseillers régionaux, les conseillers généraux et, donc, les conseillers municipaux, qui représentent 95 % du collège. Un mode de désignation permettant au Sénat d’« assurer la représentation des collectivités territoriales », comme le veut l’article 24 de la Constitution. Son surnom, la « chambre des territoires », en atteste.

Élus pour six ans, les 348 sénateurs sont répartis en deux séries, chacune représentant environ la moitié de l’hémicycle. Tous les trois ans, l’une des séries est renouvelée. Cette année, c’est au tour des 178 sénateurs de la série 2, ceux élus en 2020, de remettre leur siège en jeu et d’affronter le choix des nouveaux conseillers municipaux. La série 1 s’y pliera en 2029.

63 départements concernés

Chaque sénateur est rattaché à une circonscription, qui représente l’ensemble de son département. Cette année, c’est donc 63 départements qui renouvèlent leurs sièges, en plus de la circonscription représentant les Français établis hors de France.

En métropole (voir carte ci-dessus), il s’agit des départements classés dans l’ordre minéralogique de l’Ain (1) à l’Indre (36), puis du Bas-Rhin (67) au Territoire de Belfort (90). En Outre-mer, la Guyane, les îles Wallis et Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Polynésie française sont concernés. Gros pourvoyeurs de sénateurs, Paris et les départements d’Ile-de-France ne sont pas concernés par le renouvellement de septembre prochain.

Deux modes de scrutin différents

Originalité des sénatoriales, tous les départements n’élisent pas leurs sénateurs de la même manière. Deux modes de scrutin coexistent : proportionnel et majoritaire à deux tours. Pour les départements les moins peuplés, là où deux sénateurs ou moins sont élus, le scrutin majoritaire à deux tours s’applique. La donne est simple : est élu sénateur celui ou celle qui réunit le plus de voix parmi les grands électeurs de sa circonscription.

Dans les départements les plus peuplés, qui comptent trois sénateurs ou plus, c’est un scrutin de liste à la représentation proportionnelle qui s’applique. Dans ces territoires, les partis se répartissent donc les sièges en fonction de leur score en pourcentage des voix exprimées. Trois-quarts des sénateurs sont élus à la proportionnelle.

Un bouleversement des équilibres politiques ?

Le renouvellement de moitié de l’hémicycle peut avoir des effets tangibles sur les équilibres politiques au Sénat. Les partis ayant connu une percée dans certains territoires aux municipales peuvent espérer surfer sur la dynamique pour glaner quelques sièges sénatoriaux. En effet, un parti remportant un grand nombre de mairies verra grossir mécaniquement le nombre de grands électeurs prêts à voter pour ses sénateurs.

Cette année, le renouvellement des circonscriptions de l’arc méditerranéen, zone de force de l’extrême-droite, pourrait permettre au Rassemblement national (RN) de se constituer un groupe au Sénat, soit obtenir plus de 10 sièges (contre 3 à ce jour). De son côté, LFI pourrait profiter de ses mairies remportées en Seine-Saint-Denis et dans la métropole lyonnaise pour faire pour la première fois son entrée au Palais du Luxembourg.

Le groupe Les Républicains (LR) devrait rester la première force de l’hémicycle, même si 77 de ses 130 sièges (soit 59,2 %) sont remis en jeu en septembre, d’après les calculs du Monde. Le groupe Union centriste, qui forme avec LR la majorité sénatoriale, espère au moins conserver ses 59 sénateurs, tandis que près de la moitié des 65 socialistes, premiers opposants au Sénat, vont devoir mener bataille cette année pour être réélus. Enfin, après leurs défaites dans plusieurs mairies importantes, les écologistes (16 sièges) peuvent craindre quelques pertes.

Partager cet article

Dans la même thématique

CARTE. Sénatoriales 2026 : quels sont les départements concernés par le renouvellement ?
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le