Noël Corbin rappelle la fragilité de l’intervention sécuritaire : « À 30 secondes près, les agents ou les policiers auraient pu empêcher la fuite des voleurs. » Selon lui, ces secondes perdues tiennent à l’indisponibilité d’une caméra, à une fenêtre trop facile à fracturer, mais surtout à un signalement incomplet : « Les agents ont dit : « il y a une tentative de vol », mais sans dire par où ça venait. » Cette imprécision a orienté les policiers « vers le haut, vers le Carrousel », les éloignant du point d’intrusion réel.
Une coordination affaiblie par le changement de gouvernance
Noël Corbin reconnaît une « insuffisance de coordination » dans la circulation interne des informations, aggravée par la transition entre directions : « Il y a eu quelques échanges mais probablement pas suffisamment. » Plus grave encore, il révèle que « les audits de 2017 et de 2023 n’étaient pas connus de l’actuelle équipe dirigeante », alors même que celui de 2017 pointait déjà des failles majeures.
Les quatre mesures préconisées
Face aux dysfonctionnements, la mission propose quatre axes de renforcement :
- Réévaluer le risque de vol.
Actualiser les audits et refondre la cartographie des risques, pensée comme « un outil », non « un objet mort ».
2. Améliorer la surveillance
Mettre en place « un plan de formation exceptionnel » et créer une fonction de sûreté rattachée à la présidence, mesure à laquelle la présidente a déjà « répondu positivement ».
3. Accélérer la mise à niveau des équipements.
Prioriser le schéma directeur de sûreté lancé en 2017 et prévoir des mesures compensatoires d’urgence en attendant 2026.
4. Renforcer la gouvernance.
Faire des outils de pilotage des instruments « vivants », intégrer pleinement la sûreté au contrat d’objectifs, et refonder un comité de sûreté. La mission insiste enfin sur une transmission complète lors des changements de direction : dans un établissement « multiséculaire » comme le Louvre, la personne sortante « a un devoir de transmission ».