Casse du Louvre :« Je n’aurais jamais pensé que le Louvre puisse avoir tellement de dysfonctionnements »

Près de deux mois après le cambriolage spectaculaire des bijoux de la gallérie Apollon du Louvre, les responsables d’une enquête administrative sur les failles de la sécurité ont présenté leurs conclusions devant de la commission de la culture du Sénat. « Ce qui a manqué, ce n’est pas la sûreté intérieure mais la protection extérieure », ont-ils pointé, insistant sur le défaut d’images de vidéosurveillance aux abords de l’établissement et plus généralement sur la nécessité d’un changement de doctrine afin que la sûreté soit en permanence au cœur des préoccupations des responsables des musées.
Rédaction Public Sénat

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C’est un rapport confidentiel qui n’a pas vocation à être rendu public mais la commission de la culture du Sénat a décidé mercredi d’auditionner les responsables des deux institutions qui ont réalisé l’enquête administrative sur la sécurité au Louvre, lancée après le cambriolage des bijoux du 19 octobre : Noël Corbin, directeur de l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac), et Pascal Mignerey, de la Mission sécurité, sûreté et d’audit (Missa) au ministère de la Culture.

Sans attendre le document définitif, la ministre de la Culture avait révélé fin octobre les premières conclusions de cette enquête administrative qui pointait, selon elle, « une sous-estimation » des risques depuis « plus de 20 ans » au Louvre et « un sous-équipement » en matière de sûreté.

L’audition commence à partir de 10h30. Un évènement à suivre sur les antennes de Public Sénat et sur publicsenat.fr.

 

 

12h06

« Je n’aurais jamais pensé que le Louvre puisse avoir tellement de dysfonctionnements », confie Guy Tubiana

Pour conclure, Noël Corbin se dit « profondément surpris » à l’issue de cette enquête administrative. « C’est un lieu [si] iconique qu’on ne pense pas qu’il puisse être aussi fragile, et je pense que ça fait aussi partie de la manière de prendre soin des lieux qui sont remis en dotation au ministère de la Culture », poursuit-il. « J’ai découvert un enchaînement de fragilités, et le fait que le projet ou l’objectif de sûreté ne soit pas cardinal… A ce moment-là, chacun fait ce qu’il peut, chacun pédale dans sa roue, et ça fait parfois de belles catastrophes ».

Un constat partagé par Guy Tubiana, « stupéfait » des conclusions de leur rapport. « Vous m’auriez demandé, avant ces faits, si le Louvre est protégé, je vous aurais dit : ‘Evidemment’ ». « Ce sont des dysfonctionnements successifs qui amènent à la catastrophe, mais je n’aurais jamais pensé que le Louvre puisse avoir tellement de dysfonctionnements ».

12h02

L’enquête ne visait pas à « trouver les responsables », assure Noël Corbin

Interpellé par le sénateur LR Max Brisson, sur la question de la responsabilité de la direction de l’accueil des publics et de la surveillance, Noël Corbin rappelle que l’objectif de l’enquête n’était « pas de trouver les responsables », mais plutôt de s’intéresser à « l’enchaînement des faits », de quoi leur permettre de « travailler très librement ». Il évoque « la responsabilité de chacun à sa place.

12h00

 Les images de mauvaise qualité de la caméra de surveillance extérieure

Alors que la direction de l’accueil des publics et de la surveillance a déclaré que les images de la caméra de surveillance à l’extérieur du Louvre étaient « floues », Bertrand Munin estime quant à lui que les images sont de mauvaise qualité, notamment du fait de l’absence de zoom, mais qu’on « distingue quand même le fait qu’un camion et une nacelle soient posés en bordure du Louvre, avec une échelle qui monte ». Des propos appuyés par Noël Corbin : « Nous l’avons visionnée et on est d’accord qu’elle n’est pas claire, notre petite différence ce qu’il nous semble possible de deviner qu’il y a une nacelle en train de monter ».

11h58

Une direction de la surveillance qui ne s’occupe pas des problèmes de sûreté

Les experts ont également pointé les difficultés posées par le morcellement des responsabilités et des missions au sein de la hiérarchie du musée. « La directrice de la sécurité est, en fait, directrice de l’accueil et de la surveillance, et c’est là tout le problème du Louvre », explique Guy Tubiana, commandant de police et expert de la sûreté des musées. « La directrice de la surveillance s’occupe de la surveillance, mais ça n’était pas son rôle d’examiner les problèmes de sûreté pure », pointe-t-il. « C’est pour cela que l’on cherche à ce qu’il y ait quelqu’un qui supervise l’ensemble. Il n’y a aucune coordination. »
Pour Noël Corbin, le chef de l’IGAC, cette situation montre « que la conception que [le musée du Louvre] a de la prise en compte de la sûreté n’est pas assez suffisante ».
11h55

Le rapport préconise de modifier la règle des 20% aux acquisitions

Interrogé par la sénatrice LR Sabine Drexler, Noël Corbin revient sur la règle statutaire de l’affectation de 20 % des revenus des billetteries aux acquisitions. Dans le rapport de l’enquête administrative, l’IGAC préconise une modification de ce décret, proposition également faite par le musée lui-même, compte tenu de l’augmentation de la tarification pour les visiteurs non-résidents dans l’Union Européenne. Et Guy Amsellem de préciser que c’est à la tutelle, donc au ministère de la Culture, d’initier éventuellement la modification de ce décret.

11h50

« Ça va être moins difficile qu’hier, d’imposer un responsable de la sûreté, parce qu’on a vu le drame »

Le président de la commission, Laurent Lafon a relevé que le Louvre n’avait que récemment validé la création d’un poste de responsable de la sécurité. « C’était la première préconisation de l’audit de début 2017. Il a fallu 8 ans, un cambriolage spectaculaire… pour créer ce poste », a-t-il observé avant de demander pourquoi la création de ce poste qui « chapeaute les différentes directions sur l’aspect de la sécurité » avait pris autant de temps.

Noël Corbin a insisté sur « la complexité de ce lieu, de cette institution ». « La question de la sûreté, on ne l’a pas vu incarnée suffisamment », a-t-il reconnu. Selon lui, le nouveau poste va nécessiter « de faire passer le projet global avant les territoires de chacun ». « La question de la sécurité est morcelée entre plusieurs directions. Aujourd’hui, ça va être moins difficile qu’hier, d’imposer un responsable de la sûreté, parce qu’on a vu le drame. Les agents du Louvre quels qu’ils soient sont complètement traumatisés. Donc, je pense que c’est vraiment le moment d’agir ».

Guy Amsellem, inspecteur général des affaires culturelles tient, toutefois, à préciser : « Il n’a pas fallu attendre 8 ans pour créer un poste. C’est le reflet d’un constat plus général qu’on a fait. Celui d’une prise en compte très insuffisante des problématiques de sûreté ».

Après le cambriolage, le ministère a donc fait « le constat d’une double sous-estimation. D’abord la sous-estimation du risque de vol d’œuvres et la sous-estimation de la vulnérabilité de l’établissement », liste Guy Amsellem.

11h27

« Elle aurait dû représenter sa démission » : la charge d’Agnès Evren contre Laurence des Cars, la présidente du Louvre

Prenant la parole, Agnès Evren, sénatrice LR de Paris, a jugé le rapport d’enquête diligenté par la ministre de la Culture accablant pour Laurence des Cars, la présidente-directrice du musée du Louvre. « Il y a un sujet dont personne en parle, c’est la clarification de la chaîne des responsabilités, et ça c’est important parce que l’on voit bien qu’aujourd’hui il y a une forme de concours de la défausse entre les équipes », s’est agacée l’élue. « Chacun se renvoie la balle comme s’il n’y avait pas de responsables de la sécurité des œuvres et de la sécurité du musée », a-t-elle pointé.
« Au regard de tous les éléments, Madame des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre, aurait dû démissionner ou représenter à nouveau sa démission. C’est une simple question de responsabilité. Madame Dati avait refusé cette démission, présentée 10 minutes après le cambriolage, sans doute que ça n’était pas le moment mais aujourd’hui, face à cette série de défaillances, je pense que cette démission est justifiée », a estimé Agnès Evren.
« La sécurité n’était pas à la hauteur du plus grand musée du monde », a-t-elle encore déploré. « Pendant plus de vingt ans le risque d’atteinte répétées à nos œuvres n’a pas donné lieu à un réévaluation des risques et la sécurité périmétrique du Louvre n’a jamais été traité comme une priorité. »
11h17

Cambriolage du Louvre : un schéma directeur de sûreté constamment repoussé

Le schéma directeur de sûreté du Louvre, lancé en 2017, accuse des retards importants. Noël Corbin annonce que Laurence des Cars prévient quand elle arrive que « le schéma n’est pas complet ». Les crises successives avaient déjà ralenti le projet, et les échéances fixées dans les documents officiels n’ont pas été tenues : « En prévisionnel 23, il est prévu de finaliser le dossier… et de publier le marché de travaux fin 2023 ». Or, souligne-t-il, « le démarrage des travaux (…) n’a pas été fait », et les reports successifs conduisent désormais à « un lancement plutôt en 2026 ».
Pour Guy Amsellem, inspecteur générale des affaires culturelles, un tournant se produit en 2022, la nouvelle direction estime que « le niveau d’ambition (…) n’est pas suffisant » et demande de renforcer le plan sur 52 points, notamment la surveillance périmétrique et la cybersécurité. « Du coup on gèle le processus », explique-t-il. Le document révisé n’est présenté qu’en fin 2023. L’inspecteur insiste : « ce schéma directeur ne dispense pas de mettre en œuvre un certain nombre de mesures d’urgence »
Malgré plusieurs alertes, notamment « une recrudescence des vols avec des nouveaux modes opératoires extrêmement violents », aucune accélération des mesures d’urgence n’a suivi, regrettent les intervenants.
Pascal Miognerey, chef de la délégation à l’inspection, à la recherche et à l’innovation note enfin que le fonctionnement en « travail en silo des directions » a empêché l’application de certaines préconisations, notamment sur le périmètre de sécurité.
11h10

Les agents d’accueil devraient être formés « à aller au contact » lors d’infractions, considère Pascal Mignerey

Le chef de la délégation à l’inspection, à la recherche et à l’innovation de la Missa revient sur les consignes données aux agents d’accueil « de ne pas intervenir ». Pascal Mignerey estime qu’il y a « peut-être un changement à opérer », et qu’une « partie de ces agents » pourraient être « d’anciens militaires » ou qu’ils soient « formés à aller au contact des personnes qui interviennent pour éviter une survenue des faits »

11h05

Noël Corbin insiste sur la nécessité d’instaurer « un vrai service d’archives au Louvre », pointant un manque de transmission

« On a été très surpris sur la question de la mémoire », rapporte Noël Corbin, le chef de l’IGAC, insistant toutefois sur l’absence de « mauvaise volonté de qui que ce soit ». Ce manque de transmission relève probablement du changement de président et d’équipe opéré il y a quelques années, et de l’arrivée d’un nouveau directeur de l’architecture du bâtiment : « Il faut, lorsqu’un président part, une transmission réellement officielle d’un certain nombre de documents et d’éléments indispensables à la continuité de la conservation de la mission de service public ». Noël Corbin insiste aussi sur la nécessité de développer « un vrai service d’archives au Louvre » et de « stabiliser dans l’organigramme une fonction en charge de la transmission ».

11h00

« Ce qui a manqué, ce n’est pas la sûreté intérieure mais la protection extérieure »

« À 30 secondes près, les agents ou les policiers auraient pu empêcher la fuite des voleurs », déclare Noël Corbin

Pascal Mignerey, chef de la délégation de la Mission sécurité, sûreté et d’audit (Missa) au ministère de la Culture a mis en avant le « paradoxe » auquel devaient faire face les musées. « Offrir la plus grande visibilité aux collections tout en assurant leur sécurité ». D‘autant que concernant le vol, « la menace ne cesse d’évoluer ». « On a à peu près 18 vols par an de 2011 à 2024. Sans vraiment de fluctuation à la hausse. Ce qui change, c’est le mode opératoire. On est passé de la méthode dite douce, en période nocturne, à des vols violents avec armes en plein jour », a-t-il exposé.

Il précise :« En ce moment ce sont essentiellement les métaux, les objets précieux qui sont visés »

Face à cette menace, Pascal Mignerey appelle lui aussi à un changement doctrine. « Il faut que la sûreté soit en permanence au cœur des préoccupations, des responsables des musées ». Parmi les préconisations envoyées aux responsables d’établissement par le ministère après le casse du Louvre, figure « la réalisation d’un inventaire des objets comportant un risque particulier de vol et procéder à leur retrait des salles d’exposition, si un certain nombre de conditions de sûreté n’étaient pas réunies ».

La Missa a elle aussi réalisé plusieurs audits de sûreté dans différents musées après le casse du Louvre. Le vol des bijoux a été facilité « par une obsolescence des outils périmétriques de protection, avec une seule caméra fixe à images analogiques situées sur le quai François Mitterrand, et un nombre insuffisant de moniteurs permettant de voir les images en temps réel dans le PC sécurité », a-t-il souligné. De même, la grille de protection des fenêtres ôtées en 2003 au moment de la rénovation de la gallérie, n’a pas été remise en place. Ni les pompiers, ni les architectes des bâtiments de France n’ont été sollicités pour savoir si cette grille pouvait rester en place », a-t-il estimé.

En revanche, les vitrines de protection des bijoux de la couronne installées en 2018 et 2019 étaient plus solides que les anciennes. « Elles ont résisté près de 3 minutes, malgré l’emploi de moyens nouveaux, des disqueuses portatives ». « Ce qui a manqué, ce n’est pas la sûreté intérieure mais la protection extérieure ».

10h55
Noël Corbin rappelle la fragilité de l’intervention sécuritaire : « À 30 secondes près, les agents ou les policiers auraient pu empêcher la fuite des voleurs. » Selon lui, ces secondes perdues tiennent à l’indisponibilité d’une caméra, à une fenêtre trop facile à fracturer, mais surtout à un signalement incomplet : « Les agents ont dit : « il y a une tentative de vol », mais sans dire par où ça venait. » Cette imprécision a orienté les policiers « vers le haut, vers le Carrousel », les éloignant du point d’intrusion réel.
Une coordination affaiblie par le changement de gouvernance
Noël Corbin reconnaît une « insuffisance de coordination » dans la circulation interne des informations, aggravée par la transition entre directions : « Il y a eu quelques échanges mais probablement pas suffisamment. » Plus grave encore, il révèle que « les audits de 2017 et de 2023 n’étaient pas connus de l’actuelle équipe dirigeante », alors même que celui de 2017 pointait déjà des failles majeures.
Les quatre mesures préconisées
Face aux dysfonctionnements, la mission propose quatre axes de renforcement :
  1. Réévaluer le risque de vol.
Actualiser les audits et refondre la cartographie des risques, pensée comme « un outil », non « un objet mort ».
2. Améliorer la surveillance
Mettre en place « un plan de formation exceptionnel » et créer une fonction de sûreté rattachée à la présidence, mesure à laquelle la présidente a déjà « répondu positivement ».
3. Accélérer la mise à niveau des équipements.
Prioriser le schéma directeur de sûreté lancé en 2017 et prévoir des mesures compensatoires d’urgence en attendant 2026.
4. Renforcer la gouvernance.
Faire des outils de pilotage des instruments « vivants », intégrer pleinement la sûreté au contrat d’objectifs, et refonder un comité de sûreté. La mission insiste enfin sur une transmission complète lors des changements de direction : dans un établissement « multiséculaire » comme le Louvre, la personne sortante « a un devoir de transmission ».
10h50

Le chef de l’inspection générale des affaires culturelles pointe « un certain nombre de dysfonctionnements »

Le chef de l’inspection générale des affaires culturelles (IGAC) a tenu à saluer le « très grand engagement de tous les agents », lors de l’enquête administrative qu’il a menée sur une période de deux semaines. Il souligne toutefois « un manque de diffusion de transmission des informations sensibles au sein de l’établissement ».

Le rapport, remis au ministère de la Culture le 5 novembre dernier, a permis de dresser un panorama du musée : 2200 agents, 500 000 œuvres, 37 hectares, 244 000m2 pour 70 000m2 d’exposition, près de neuf millions de visiteurs en 2023 (soit environ 30 000 par jour ». « C’est une ville en quelque sorte, et ce n’est pas une petite ville », affirme Noël Corbin. L’analyse de la chronologie des événements le jour du cambriolage, le 19 octobre, montrent que « les consignes » ont été « bien appliquées », que les « dispositifs d’alarme ont bien fonctionné », que « les agents ont fait ce qu’ils devaient faire pour mettre à l’abri les publics ».

Néanmoins, le chef de l’IGAC relève « un certain nombre de dysfonctionnements ». D’abord, il déplore une « insuffisance et vétusté du système de vidéo protection » et « un nombre total de caméras extérieures insuffisant », car sur les deux caméras présentes à proximité des faits, seule une était en activité, bien qu’elle aurait dû permettre de voir au moins « les préparatifs du cambriolage ». Ensuite, le rapport pointe une « insuffisance des protections mécaniques des ouvrants périphériques », soit la porte-fenêtre de la galerie d’Apollon qui était « mal sécurisée » et avec un « temps de résistance du verre de la fenêtre […] extrêmement faible ». L’enquête constate aussi une « insuffisance dans la coordination et la diffusion de l’alerte », qui ont conduit à un visionnage des images des caméras par le poste de contrôle après l’infraction, et à une intervention des agents de sécurité et des policiers trop tardive pour « empêcher la fuite des voleurs », « à trente secondes près ». Enfin, Noël Corbin rapporte l’absence, ou le manque, de transmission d’informations au sein d’établissement lors du changement de gouvernance en 2021 : « C’est probablement ce qui fait que les deux audits [ndlr : de 2017 et 2019, en annexe de l’enquête] […] n’étaient pas connus de l’actuelle équipe dirigeante du Louvre ».

10h45

« Le risque de vol a été sous-estimé »

« Le scénario du 19 octobre n’a pas été envisagé » en matière de formation, révèle Noël Corbin, chef de l’inspection générale des affaires culturelles. Devant les sénateurs de la commission de la culture, il ajoute que « le risque de vol a été sous-estimé. »

10h30

Le cambriolage n’est pas « d’un échec fortuit », précise Laurent Lafon

En introduction, le président centriste de la commission de la culture, Laurent Lafon relève qu’après la lecture du rapport, le cambriolage du Louvre n’est pas « un échec fortuit », « d’un manque de chance », mais bien le résultat de « décisions qui n’ont pas été prises ».

Les défaillances dans la sécurité du musée sont de trois niveaux. Sur le plan stratégique avec une priorisation des missions d’accueil au détriment de la sûreté, sur le plan de la gouvernance et sur le plan technique du fait « de l’obsolescence des équipements du musée ».

Laurent Lafon rappelle en outre que les failles de sécurité avaient toutes été identifiées par plusieurs travaux antérieurs, un audit de l’institut national des hautes études de la sécurité et de la justice de 2017 et un audit du joaillier Van Cleef & Arpels de 2019. Deux rapports qui ne sont pas arrivés à la connaissance de la nouvelle équipe dirigeante en 2021.

9h45

« Enchaînement de manquements et de dysfonctionnements », selon le Figaro

D’après les informations du Figaro, l’enquête met en lumière « un enchaînement de manquements et de dysfonctionnements », « une sous-estimation chronique du risque d’intrusion et de vol, et d’un sous-équipement de dispositifs de sécurité ». « La culture de l’accueil au Louvre prime sur celle de la sécurité », d’après le rapport.

L’enquête révèle aussi la « vétusté du matériel ainsi que son insuffisance », notamment le manque d’écrans de surveillance.

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