Castaner, le « bon soldat » en attente de nouveaux galons
Désigné volontaire pour diriger La République en marche il y a un an, Christophe Castaner a fait office de "bon soldat" sans s...

Castaner, le « bon soldat » en attente de nouveaux galons

Désigné volontaire pour diriger La République en marche il y a un an, Christophe Castaner a fait office de "bon soldat" sans s...
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Par Jérémy MAROT

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Publié le

Désigné volontaire pour diriger La République en marche il y a un an, Christophe Castaner a fait office de "bon soldat" sans s'épargner critiques et faux pas, et peut désormais rêver de prendre du galon au gouvernement, ministère de l'Intérieur en tête.

Si la liste des pressentis pour la place Beauvau s'allonge depuis le départ de Gérard Collomb du gouvernement, c'est bien le nom de Christophe Castaner qui revient avec insistance pour y poser ses bagages. "Il en rêve depuis toujours", souligne un proche du chef de l'Etat, quand beaucoup au sein de la macronie relèvent qu'à défaut d'un candidat qui cocherait toutes les cases du poste, M. Castaner paraît être celui qui en remplit le plus.

Homme-orchestre du pouvoir et marcheur de la première heure, Christophe Castaner s'est démultiplié pour se rendre indispensable, coiffé de la double casquette de chef de parti et de secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. Deux postes dont la compatibilité a posé question et qui lui ont valu parfois des procès en absentéisme.

"+Casta+ a du mal à construire sa légitimité", estimait ainsi à la rentrée un député LREM. "Il a un pied au Parlement, un autre au parti, il devrait avoir les deux pieds au même endroit. Il ne peut pas faire le boulot tout seul", grince ce parlementaire.

Plus compatissant, un pilier de la macronie constatait au printemps: "Casta est au four et au moulin. Il a une tâche gigantesque".

L'ancien socialiste n'a au départ pas fait mystère que cette situation ne l'enchantait guère, en héritant d'un parti à structurer entièrement. "Ce n'était pas naturel pour lui de se retrouver là, Christophe n'est pas un homme d'appareil et il détestait l'appareil solférinien", fait valoir son entourage.

En acceptant à reculons en novembre 2017 de prendre la tête de LREM, il a également dû abandonner la lumière du poste de porte-parole du gouvernement, lui laissant "un goût de trop peu", ajoute un proche. "Souvent, on fait des choses pas parce qu'on a rêvé de les faire, mais parce qu'on a une responsabilité de les faire", reconnaissait-il à l'époque.

Il a donc composé avec la situation et y a semble-t-il pris goût. "Il a pris le temps de découvrir la maison, de l'accepter et de l'incarner. Je crois que maintenant il aime bien ça mais ça a pris du temps", témoigne un cadre du mouvement.

"Il a accepté la mission en étant un bon soldat, il a largement fait le job", témoigne cette même source.

- "Authenticité attachante" -

Aiguillonné par une base exigeant un second souffle pour le mouvement, M. Castaner "a réussi à maintenir un bon niveau de mobilisation", estime aussi le député de Paris Pierre Person, membre du bureau exécutif de LREM. "Il fallait poser les bases et je pense qu'elles sont bien placées", salue-t-il encore.

Malgré son manque d'expérience pour les questions européennes (et un niveau d'anglais d'approximatif mais en nette progression, sourit-on au parti), M. Castaner a amorcé une tournée des capitales pour préparer les prochaines élections, nouant des contacts avec des possibles partenaires.

Piqué par les critiques, y compris internes, sur le manque de visibilité et d'activité du parti, M. Castaner a trouvé réconfort dans une récente étude de Terra Nova auprès des adhérents qui saluent à une large majorité son action.

Le député des Alpes-de-Haute-Provence a d'ailleurs vécu un été difficile en encaissant les secousses de l'affaire Benalla. L'opposition a reproché au secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement de se tenir prudemment éloigné de l'hémicycle où l'orage grondait, se distinguant par une altercation surréaliste avec Marine Le Pen devant les journalistes à l'Assemblée.

Il a été lui-même entendu devant le Sénat, au surlendemain d'une opération pour une hernie discale qui l'handicapait depuis des mois, essuyant les plâtres tant bien que mal.

"Il a une démarche de loyauté et dans la vie politique c’est quelque chose de bien", relève le président LR de la Région PACA Renaud Muselier, en vantant un "garçon intelligent, malin" à "l'authenticité attachante". "Il mérite beaucoup mieux", glisse-t-il encore.

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