Castaner, Le Pen et Mélenchon à l’Elysée pour parler d’Europe
Emmanuel Macron reçoit lundi et mardi les principaux responsables politiques pour les sonder sur ses projets européens et l'organisation  des élections européennes de 2019

Castaner, Le Pen et Mélenchon à l’Elysée pour parler d’Europe

Emmanuel Macron reçoit lundi et mardi les principaux responsables politiques pour les sonder sur ses projets européens et l'organisation  des élections européennes de 2019
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron reçoit lundi et mardi les principaux responsables politiques pour les sonder sur ses projets européens et l'organisation des élections européennes de 2019, un scrutin central à ses yeux.

Comme il l'a fait à deux reprises avec les représentants syndicaux et patronaux depuis son élection, le chef de l'Etat les accueillera un à un à l'Elysée, à commencer par le président du Sénat Gérard Larcher, attendu lundi à 08H00.

Suivront jusqu'à mardi soir 12 responsables de parti, dont Bernard Accoyer (LR), Christophe Castaner (LREM), François Bayrou (Modem), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (FN), ces deux derniers se succédant mardi après-midi.

Jean-Luc Mélenchon, le 16 novembre 2017 à Marseille, sera reçu par Emmanuel Macron
Jean-Luc Mélenchon, le 16 novembre 2017 à Marseille, sera reçu par Emmanuel Macron
AFP/Archives

Cette vaste consultation est organisée alors que M. Macron veut passer à la phase concrète de la "refondation de l'Europe" qu'il a appelée de ses voeux dans les discours d'Athènes et de la Sorbonne.

Si elle fait l'unanimité au sein de La République en marche (LREM), cette ambition proeuropéenne fracture aussi bien à gauche qu'à droite. Comme l'ont récemment montré les remous provoqués au sein de LR par le soutien d'Alain Juppé à "la capacité d'initiative" du président sur l'Europe.

M. Macron va notamment consulter les chefs de partis sur le lancement, prévu début 2018, "de conventions démocratiques dans toute l’Europe afin d'associer les citoyens européens à la refondation" de l’UE, selon l'Elysée.

Ce projet d'un débat public à l'échelle du continent, dont les contours restent encore flous, a été accueilli positivement par plusieurs pays européens comme l'Allemagne, l'Italie ou la Grèce, selon l'Elysée.

Christophe Castaner, responsable de La République en marche, le 18 novembre 2017 à Lyon
Christophe Castaner, responsable de La République en marche, le 18 novembre 2017 à Lyon
AFP

"Nous ne voulons pas d’un grand débat +théologique+ (...) Nous voulons d’abord faire remonter les aspirations des citoyens", a expliqué la semaine dernière Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes, dans La Croix.

"Il s’agit, a-t-elle ajouté, d’inverser la logique des années passées où les dirigeants prenaient des décisions, avant de les soumettre de manière très binaire à des populations qui n’avaient pas été associées à la réflexion en amont".

Pour la ministre, ce débat pourra être organisé "dans les collectivités locales, les universités, les syndicats, les entreprises...". Avec comme objectif de nourrir la réflexion des dirigeants au second semestre 2018.

- Quel mode de scrutin? -

En recevant les chefs de partis, M. Macron souhaite aussi "les consulter sur l’organisation du scrutin des élections européennes", qui marquera en 2019 le retour aux urnes des Français.

L'une de ses idées est d'introduire des listes transnationales grâce à l'utilisation du quota des députés britanniques partants après le Brexit.

Le débat porte également sur un retour à une circonscription nationale alors que, depuis les élections européennes de 2004, la France est divisée en huit circonscriptions (Est, Ouest, Ile-de-France...).

"De notre point de vue il faut une liste nationale", a déclaré vendredi le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, estimant qu'un scrutin par régions "escamote" le débat européen, "central" selon lui.

Marine Le Pen s'est également prononcée dimanche au Grand Jury RTL Le Figaro LCI pour une liste nationale car "les députés français au Parlement européen (...) sont là pour défendre les intérêts de la France".

Ayant récemment quitté le FN, l'eurodéputé Florian Philippot, président des Patriotes, a demandé vendredi à M. Macron que son parti soit "associé" aux consultations sur les élections européennes.

Absent également à l'Elysée dans l'attente de l'élection à la présidence de LR, Laurent Wauquiez a récemment jugé que M. Macron faisait "une profonde erreur" en opposant "la souveraineté française à la construction européenne".

Dans un entretien au Figaro paru la semaine dernière, il promeut une ligne souverainiste avec "l’union des États nations" en Europe, et souhaite que la France " prenne l’initiative d’un traité de refondation" de l’UE qui serait soumis à référendum.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le