Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dit mardi souhaiter que la justice poursuive l'une des personnalités des "gilets jaunes", Eric Drouet, qui a appelé à un "soulèvement sans précédent" après la blessure à l'oeil d'un de ses proches.
Après avoir appris la blessure à un œil samedi d'une figure du mouvement, Jérôme Rodrigues, le groupe "La France colère !!!" créé par Eric Drouet avait décrété dans un communiqué, retiré depuis, "l'état d'urgence du peuple" et "appelé à un soulèvement sans précédent par tous les moyens utiles et nécessaires pour que plus personne ne soit victime de ces blessures de guerre".
Lundi, il a tempéré ces propos dans un Facebook Live. "J'étais au chevet de Jérôme quand l'équipe d'administrateurs l'a rédigé. (...) Je ne l'ai lu qu'après. Le mot +soulèvement+ était de trop", a-t-il estimé, appelant "au plus grand pacifisme" pour la prochaine journée d'action samedi.
"C'est un appel à l'insurrection. C'est quoi +tous les moyens utiles et nécessaires+? Les boules de pétanque jetées sur les policiers, c'est déjà fait. Les pavés, c'est déjà fait. Les cocktails Molotov, c'est déjà fait", a affirme M. Castaner sur BFMTV.
"Cette dernière déclaration relève à mon sens de l'infraction pénale. Nous ferons ce qu'on appelle un article 40 pour que le procureur décide s'il veut poursuivre ou pas. Vous vous rendez compte qu'il appelle à utiliser de nouvelles armes alors qu'aujourd'hui il y a des cocktails Molotov?", a lancé le ministre.
Jérôme Rodrigues, l'une des figures des "gilets jaunes", donne une conférence de presse le 27 janvier 2019 à Paris
AFP
M. Rodrigues, blessé gravement à l'œil samedi lors d'une manifestation à Paris, affirme avoir subi un tir de lanceur de balles de défense (LBD). L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a été saisie.
"Pour l'accident dont a été victime Jérôme Rodrigues, ce que je sais c'est qu'il y a eu l'envoi d'une grenade de désencerclement et qu'à ce moment-là, il a été blessé. Il y a débat, il y a une enquête", a déclaré M. Castaner, précisant que cette grenade "a été envoyée conformément aux usages, (...) ce qu'on appelle l'envoi au sol".
"C'est le seul fait constaté", a-t-il ajouté, disant attendre "tous les éléments de l'enquête". "Sur un sujet aussi grave, il faut faire confiance à l'enquête et l'enquête ne se fait pas à coup de conférences de presse ou de fuite dans la presse", a-t-il affirmé.
"Il y a eu 16 tirs (de LBD) à Bastille. Non seulement ils ont été filmés, mais chacun des tirs fait l'objet d'un rapport", a-t-il ajouté, assurant que "s'il y a faute, elle sera sanctionnée". Son secrétaire d'État Laurent Nuñez avait évoqué dimanche 18 tirs de LBD sur cette place.
M. Nuñez a affirmé lundi qu'il n'y avait "à ce stade" aucun élément permettant d'affirmer que M. Rodrigues ait été touché par un tir de lanceur de LBD.
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