Catherine Colonna aux Affaires étrangères, une chiraquienne rompue aux arcanes de la diplomatie

Catherine Colonna aux Affaires étrangères, une chiraquienne rompue aux arcanes de la diplomatie

Ancienne porte-parole de la présidence de la République, fidèle de Jacques Chirac et proche de Dominique de Villepin, l’ambassadrice de France au Royaume-Uni, Catherine Colonna, est nommée au Quai d’Orsay.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Son nom ne dit pas grand-chose au grand public, son CV a de quoi faire pâlir de nombreux diplomates. Catherine Colonna, 66 ans, actuelle ambassadrice de France au Royaume-Uni, vient d’être nommée ministre des Affaires étrangères. Cette énarque, réputée grande technicienne, a commencé sa carrière sous François Mitterrand avant de la poursuivre à l’Elysée sous Jacques Chirac, ce qui fait d’elle une figure du dépassement gauche-droite, si cher à Emmanuel Macron.

Fille d’un agriculteur corse, Catherine Colonna grandit en Touraine avant d’intégrer l’ENA au début des années 1980. Choisissant d’embrasser la carrière diplomatique, elle part pour Washington où elle travaille pour l’ambassade de France aux Etats-Unis. C’est là qu’elle rencontre Philippe Faure, une figure bien connue de la diplomatie française - et futur soutien d’Emmanuel Macron -, mais aussi un certain… Dominique de Villepin. « Elle a déjà la réputation d’être une travailleuse acharnée, de connaître à fond ses dossiers, de détester l’imprécision et d’avoir développé une grande capacité à expliquer les questions les plus complexes », note Les Echos dans un portrait d’elle réalisée en 2014.

>> Lire notre article - Découvrez la composition du gouvernement d’Élisabeth Borne

Neuf ans à l’Elysée

De retour à Paris, elle intègre en 1986 la direction des Affaires juridiques du ministère des Affaires étrangères. Puis en 1988 le cabinet de Maurice Faure, ministre de l’Equipement et du Logement de Michel Rocard. Durant la deuxième cohabitation, Catherine Colonna continue de grimper les échelons, devenant l’une des porte-parole du Quai d’Orsay lorsqu’Alain Juppé récupère le portefeuille des Affaires étrangères. Elle y retrouve Dominique de Villepin, alors directeur de cabinet du Bordelais, et qui saura se souvenir d’elle quelques années plus tard…

La carrière de cette technicienne prend un tournant plus politique en 1995, lorsqu’elle devient porte-parole de la présidence, un poste très exposé, mais qui ouvre aussi des perspectives ministérielles. Elle enjambe aisément le septennat de Jacques Chirac et le début de son second mandat. Neuf ans de porte-parolat, un temps record ! Le chef de l’Etat, qui modère ses interventions, s’appuie largement sur elle. En 2004, Catherine Colonna entame une brève parenthèse culturelle, comme directrice générale du Centre national de la cinématographie et vice-présidente du festival de Cannes. Elle est rappelée en 2005 pour rentrer dans le gouvernement de Dominique de Villepin, comme ministre déléguée aux Affaires européennes.

Un ministère fébrile face à la réforme du corps diplomatique

Nommée représentante permanente de la France auprès de l’Unesco en 2008, Catherine Colonna entame sa seconde vie d’ambassadrice à partir de 2014, d’abord en Italie et à Saint-Martin, puis en 2019 au Royaume-Uni, alors que les relations entre Londres et le reste de l’Europe se tendent en raison des négociations difficiles du Brexit.

Catherine Colonna prend donc la suite de Jean-Yves Le Drian au ministère des Affaires étrangères, « une Rolls-Royce », selon la formule de l’un de ses prédécesseurs, Laurent Fabius. Une Rolls qui menace toutefois de débrayer : plusieurs syndicats ont lancé un appel à la grève le 2 juin, pour protester contre certaines mesures de la réforme de la haute fonction publique, en particulier la suppression du corps diplomatique français. Ce sera le premier dossier chaud que la nouvelle ministre aura à gérer.

Dans la même thématique

Strasbourg :  public meeting ahead of the European elections-Place Publique- Parti Socialiste
6min

Politique

Européennes 2024 : après le 1er mai, la bataille pour l’hégémonie à gauche se durcit

Quelques mois après la fin de la Nupes, la prise à partie de Raphaël Gluckmann tête de liste socialiste-Place Publique lors d’un rassemblement du 1er mai à Saint-Etienne, relance le débat sur l’existence de « deux gauches irréconciliables ». Entre stratégie électorale et concurrence pour l’électorat de gauche, l’union semble plus lointaine que jamais.

Le

Police operation “Place Nette” secteur Las Planas a Nice
5min

Politique

JO Paris 2024 : les recommandations du Sénat vont éviter le crash de la lutte antidrone

Depuis un an et demi, le sénateur LR Cédric Perrin s’inquiète des failles du système de lutte antidrone qui sera déployé lors des Jeux Olympiques. Elu à la tête de la commission de Affaires étrangères et de la Défense du Sénat en octobre dernier, il avait diligenté une mission d’information confidentielle sur le sujet. Ce jeudi, il indique que la Direction générale de l’armement a suivi ses recommandations.

Le