Bernard Cazeneuve a connu son baptême du feu de Premier ministre mercredi au Conseil des ministres et à l'Assemblée, tandis que son prédécesseur...
Cazeneuve à Matignon, Valls en campagne, Peillon candidat
Bernard Cazeneuve a connu son baptême du feu de Premier ministre mercredi au Conseil des ministres et à l'Assemblée, tandis que son prédécesseur...
Par Baptiste PACE
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Bernard Cazeneuve a connu son baptême du feu de Premier ministre mercredi au Conseil des ministres et à l'Assemblée, tandis que son prédécesseur Manuel Valls lançait dans le Doubs sa campagne pour la primaire PS, avec un nouveau concurrent: l'ancien ministre Vincent Peillon.
Autre candidat à cette primaire (22-29 janvier), Arnaud Montebourg était pour sa part en meeting mercredi soir à Dijon.
Après un Conseil de sécurité et de défense, M. Cazeneuve a assisté mercredi matin, dans ses nouvelles fonctions, à son premier Conseil des ministres, auquel tous les membres du gouvernement ont été conviés, y compris les secrétaires d'Etat.
Bernard Cazeneuve et François Hollande sur le perron de l'Elysée le 7 décembre 2016 à Paris
AFP
"Je veux être un Premier ministre qui, au cours des prochains mois, à chaque instant, n'aura qu'une seule et unique préoccupation, avec le plus grand désintéressement: le sens de l'intérêt général, le sens de l'Etat, et le confortement des atouts de notre pays", a déclaré M. Cazeneuve à la sortie.
Le nouveau locataire de Matignon, qui n'a procédé qu'à trois retouches au sein du gouvernement --dont Bruno Le Roux qui le remplace à l'Intérieur-- et a nommé le préfet Patrick Strzoda directeur de son cabinet, a averti lors du Conseil que le gouvernement ne pouvait "pas être un lieu de débat" dans le cadre de la primaire du PS, selon des propos rapportés par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.
Composition du gouvernement
AFP
Quant au président François Hollande, il "sera amené à s'exprimer régulièrement mais il parlera de tout sauf de la primaire", selon son entourage.
Dans la foulée, pour sa première séance de questions au gouvernement dans ses nouvelles fonctions, Bernard Cazeneuve s'est lancé dans un grand plaidoyer en faveur de François Hollande, son "courage" et sa "lucidité", et a prestement attaqué la droite en réponse au président du groupe Les Républicains Christian Jacob, après une ovation debout des parlementaires PS.
Un Conseil des ministres extraordinaire étudiera samedi la prolongation de l'état d'urgence, qui prend fin automatiquement quinze jours après la démission d'un gouvernement. Le Conseil autorisera également Bernard Cazeneuve à solliciter un vote de l'Assemblée à l'issue de la déclaration de politique générale qu'il prononcera mardi (15h00). L'intéressé table sur une "large majorité" dans l'hémicycle.
Vincent Peillon à la sortie de l'Elysée le 30 octobre 2013 à Paris
AFP/Archives
Manuel Valls étrenne, lui, ses habits de candidat dans le Doubs, au lendemain de son départ de Matignon. Mais l'ex-Premier ministre compte déjà un concurrent de plus dans la primaire: l'ancien ministre de l'Education (2012-2014) Vincent Peillon.
Cette candidature, qui devrait être officialisée en fin de semaine, "représente le coeur du Parti socialiste, à équidistance de Manuel Valls et des frondeurs", a expliqué l'un de ses soutiens, le député marseillais Patrick Menucci.
En attendant, Manuel Valls visitait mercredi l'entreprise d'articles culinaires Cristel, une coopérative fromagère et devait rencontrer les représentants du personnel des entreprises Faurecia et Peugeot Scooter., avant de visiter le marché de Montbéliard et tiendra une réunion publique à Audincourt.
²Mardi soir, M. Valls s'est dit "convaincu" que la gauche pouvait gagner en 2017 la présidentielle. Il a aussi lancé un appel à une large participation à la primaire du PS, pour éviter que le seul noyau dur des électeurs socialistes participent. Signe de sa volonté de rassembler les "hollandais", privés de "leur" candidat, il a choisi Didier Guillaume, président du groupe PS au Sénat, pour diriger sa campagne.
- Campagne tendue -
Arnaud Montebourg en campagne pour la primaire du PS le 7 décembre 2016 à Dijon
AFP
Mais la primaire s'annonce tendue. Manuel Valls est "le fondé de pouvoir" des années Hollande, a attaqué mercredi Arnaud Montebourg, en rappelant les propositions de son concurrent lors de la primaire de 2011 - "suppression de l'ISF", "fin des 35 heures" et "TVA sociale" -, "exactement aujourd'hui le programme de François Fillon".
M. Montebourg devait déjeuner mercredi en Côte d'Or avec des élus, visiter l'entreprise APF, spécialisée dans l'emploi de travailleurs handicapés, puis un Fablab social (laboratoire de fabrication ouvert au public) et échanger avec des membres de l'association Unis-Cité sur le service civique et le service national. L'ancien ministre terminera ce déplacement par une réunion publique à Dijon, ville où il avait entamé ses études de droit.
Les candidatures pour la primaire du PS seront closes le 15 décembre. Jean-Luc Bennahmias, investi par l'Union des Démocrates et écologistes (UDE), a annoncé mercredi avoir déposé sa candidature.
Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.
La sénatrice centriste Nathalie Goulet demande l’installation d’une commission d’enquête sur les cyberattaques et les fuites de données, qui portent atteinte à la souveraineté numérique du pays. Ces derniers mois, les incidents de ce type se sont accumulés à une fréquence inquiétante.
À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.