Ce qu’il faut retenir des déclarations du premier ministre Edouard Philippe ce matin

Ce qu’il faut retenir des déclarations du premier ministre Edouard Philippe ce matin

Le Premier ministre Edouard Philippe était l’invité de la matinale de France Inter jeudi matin. Il est revenu sur la nomination de son gouvernement, hier. Un gouvernement « évidemment bâti pour durer » Le nouveau gouvernement nommé mercredi est « évidemment bâti pour durer » au-delà des législatives, a affirmé le Premier ministre. Le chef du gouvernement a défendu […]
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Par AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe était l’invité de la matinale de France Inter jeudi matin. Il est revenu sur la nomination de son gouvernement, hier.

Un gouvernement « évidemment bâti pour durer »

Le nouveau gouvernement nommé mercredi est « évidemment bâti pour durer » au-delà des législatives, a affirmé le Premier ministre. Le chef du gouvernement a défendu un nouvel exécutif « à l'image de la recomposition politique que nous sommes en train de mener » avec le chef de l'Etat, avec des membres venus de la gauche, du centre, de la droite et de la société civile.

Interrogé sur le fait de savoir si la nouvelle équipe était bâtie pour faire campagne aux législatives (11 et 18 juin) ou « pour durer », le maire Les Républicains du Havre a assuré qu'il s'agissait « évidemment » de la deuxième option.

« Il y a des élections législatives (...) essentielles, qui conditionnent tout ce qui va se passer par la suite. Mais le gouvernement est là pour gouverner, là pour préparer ce redressement, là pour incarner quelque chose, là pour lancer des projets », a-t-il affirmé.

« Bien sûr je participerai aux élections législatives et bien sûr j'essaierai de donner au président de la République la majorité dont il a besoin », a-t-il poursuivi.

Quant à la règle confirmée mercredi soir par l'Elysée qui contraindra les ministres battus lors du scrutin des 11 et 18 juin à démissionner, « c'est la tradition républicaine (...) Je crois que ça a toujours été comme ça et que c'est assez simple », a défendu Edouard Philippe, qui démissionnera lui-même samedi de la mairie du Havre pour se consacrer à Matignon.

Le Premier ministre est également revenu sur les informations de presse affirmant que son mentor Alain Juppé, ainsi que l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht, lui aurait déconseillé d'accepter Matignon.  « Antoine Rufenacht m'a indiqué qu'il pensait que ce n'était pas une très bonne idée. Alain Juppé a été plus bienveillant », a-t-il lâché.

Notre-Dame-des-Landes : Philippe confirme la nomination d'un médiateur avant une décision « claire » et « assumée »

Edouard Philippe a confirmé la nomination d'un médiateur dans le dossier du projet d'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, avant une décision « claire » et « assumée ».

« Il y aura un médiateur qui va permettre de mettre l'ensemble des choses sur la table, d'étudier l'ensemble des options, et ensuite nous prendrons une décision qui sera assumée, qui sera claire », a-t-il déclaré.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, qui sera en charge de l'Energie et des Transports, s'est dit opposé à la construction du nouvel aéroport. « C'est un sujet redoutablement complexe », a affirmé Edaourd Philippe, alors que le dossier est bloqué du fait d'une forte occupation sur le terrain et malgré le référendum de juin 2016 favorable au projet. Emmanuel Macron s'est prononcé pour la nomination d'un médiateur qui produira notamment une étude sur la possibilité d'agrandir l'aéroport actuel de Nantes.

Nucléaire : ne pas « faire table rase du passé » et « nécessaire impératif du développement des énergies renouvelables »

Sur un autre sujet sensible pour le nouveau ministre de la Transition écologique, la question de la transition énergétique, le Premier ministre a assuré partager « totalement » le point de vue de Nicolas Hulot, selon lequel « il y a des perspectives extraordinaires en matière de développement des énergies renouvelables ». Mais « nous allons aborder cette question avec pragmatisme », a-t-il souligné.

Rappelant que la France a fait le choix dans les années 70 « de mettre le nucléaire au centre de sa production électrique », il a indiqué qu'il ne s'agissait pas de « faire table rase du passé ». Pour le Premier ministre, qui fut directeur des affaires publiques d'Areva (2007-2010), « la question c'est de savoir comment on organise pour les 50 ans qui viennent la production d'électricité en France », avec à la fois un « impératif de sûreté et de sécurité qui est primordial », un « impératif de souveraineté » et « le nécessaire impératif du développement des énergies renouvelables ». Selon Edouard Philippe, Nicolas Hulot aura dans ses nouvelles fonctions l'occasion de « mettre en oeuvre des convictions auxquelles il croit ».

Moralisation de la vie publique : Philippe préfère « les règles claires plutôt que l'inquisition »

Edouard Philippe, interrogé sur le projet de loi de moralisation publique dont Emmanuel Macron a promis le dépôt avant les élections législatives, a expliqué jeudi préférer « les règles claires plutôt que l'inquisition ». « A titre personnel je préfère les règles claires plutôt que l'inquisition », a déclaré le Premier ministre.

« Dans le texte qui viendra nous aurons à définir des règles claires : qu'est-ce qui est autorisé, qu'est-ce qui ne l'est pas. Beaucoup plus que cette transparence absolue dont j'observe d'ailleurs qu'elle suscite questions, questions et questions », a poursuivi M. Philippe.

« Le Garde des Sceaux (François Bayrou) sera chargé de proposer toute une série d'initiatives et je pense que nous irons beaucoup plus loin dans cette voie », a ajouté le Premier ministre. Mercredi, M. Bayrou a confirmé que le projet de loi serait « sur la table » du Conseil des ministres avant les élections législatives (11-18 juin).

« Le sujet, c'est comment nous rétablissons le lien de confiance entre les Français et ceux qui exercent des responsabilités publiques », a relevé le chef du gouvernement pour qui « la bonne réponse à apporter, c'est des résultats et de la confiance retrouvée ».

« Je ne prétends pas à l'exemplarité en la matière. Il se trouve qu'à titre personnel je n'aime pas beaucoup parler de ma vie privée et que donc l'impératif de transparence absolue ne m'a jamais enchanté à titre personnel », a dit M. Philippe, qui n'a pas voté la loi sur la transparence de 2013 et n'avait pas renseigné l'ensemble des demandes dans sa première déclaration d'intérêt et de patrimoine en tant que député en 2014.

« J'ai répondu à un certain nombre de questions lorsqu'elles étaient posées avec une forme de mauvaise humeur, elle n'est jamais bonne conseillère. Je crois que l'incident est clos puisque la Haute autorité a indiqué d'abord qu'elle avait désormais suffisamment d'éléments pour répondre aux questions qui étaient posées, et par ailleurs j'ai obtenu quitus de ladite Haute autorité pour les déclarations de patrimoine que j'ai faites ultérieurement », a dit le Premier ministre.

Selon le programme du candidat Macron, le projet de loi doit interdire à tout élu ou ministre d'embaucher un membre de sa famille. Sera également interdit aux parlementaires l'exercice d'activités de conseil parallèlement à leur mandat. M. Macron souhaite aussi l'interdiction de plus de trois mandats identiques successifs, et veut imposer un casier judiciaire vierge aux candidats aux élections.

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