« Ce qui fait le dérapage de notre dépense publique, ce n’est pas le soutien à l’Ukraine, c’est la dépense sociale », pointe François-Xavier Bellamy

Ce jeudi, François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président des Républicains était l’invité de la matinale de Public Sénat. Alors qu’un sommet sur la sécurité a lieu aujourd’hui à Paris, il revenu sur l’annonce faite hier par Emmanuel Macron d’accorder à l’Ukraine une aide militaire supplémentaire de 2 milliards d’euros.
Camille Gasnier

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Hier, Volodymyr Zelensky s’est rendu à l’Elysée, en marge de la conférence sur la sécurité qui a lieu aujourd’hui à Paris. Lors d’une conférence de presse commune, Emmanuel Macron a annoncé l’octroi à l’Ukraine d’une aide militaire de 2 milliards d’euros. Le président de la République a assuré qu’il était nécessaire de « poursuivre » le soutien à l’Ukraine. Marine Le Pen a semblé regretter cette annonce, en commentant sur X/Twitter : « Dette de la France ce soir : 3300 milliards d’euros + 2… ». Pour François-Xavier Bellamy, « ce qui aujourd’hui fait le dérapage de notre dépense publique, ce n’est pas le soutien à l’Ukraine ou nos dépenses de sécurité et de défense, c’est la dépense sociale », en pointant notamment « les comptes sociaux sur les retraites ».

Le député européen fustige les positions prises ces derniers mois par la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale : « La dépense sociale, c’est précisément, ce à quoi Marine Le Pen n’a jamais voulu toucher […], Marine Le Pen, il y a peu de temps, voulait encore voter avec La France insoumise, pour revenir sur la réforme des retraites, pourtant bien timide, faite par François Hollande, […] quand les députés Les Républicains proposent à l’Assemblée nationale que le RSA soit conditionné à 15 heures d’activité par semaine, Marine Le Pen et ses députés votent contre ». Le vice-président des Républicains soutient la nouvelle aide militaire octroyée à l’Ukraine, déclarant que l’« on peut pointer du doigt les dépenses qui nous arrangent, mais défendre notre continent est une priorité ».

« Qui a refusé le cessez-le-feu ? C’est Vladimir Poutine »

Dimanche et lundi derniers, des négociations ont réuni les émissaires russes, ukrainiens et américains à Riyad en Arabie saoudite. A l’issue de cette réunion, un projet d’accord de cessez-le-feu en Mer noire a été envisagé. Vladimir Poutine a immédiatement conditionné cette fin des hostilités à une levée des sanctions économiques visant son pays. Des conditions posées par le dirigeant russe, alors même que des attaques ont eu lieu hier soir dans les oblasts de Kharkiv et de Dnipropetrovsk. Hier, Emmanuel Macron a refusé ces contreparties, tout en annonçant que les levées des sanctions russes n’auront pas lieu. Pour le député européen du Parti populaire européen, « la dernière séquence aura tristement eu le mérite d’ouvrir les yeux de tous ceux qui ont voulu nous faire croire que c’était l’Ukraine qui était belliciste. Qui a refusé le cessez-le-feu ? C’est Vladimir Poutine ».

 

« Les Etats-Unis sont nos alliés, cela ne veut pas dire qu’ils sont nos suzerains et que nous sommes leurs vassaux »

Néanmoins, François-Xavier Bellamy estime que « pour l’instant, nous n’avons pas les moyens d’envoyer assez de forces sur le terrain pour, à nous seuls, dissuader la perspective d’une nouvelle attaque de la Russie ». Le député européen l’assure : « Les Etats-Unis sont nos alliés, et je crois qu’ils le resteront ». Alors même que cette nuit, Donald Trump a annoncé une augmentation de 25 % des droits de douane sur les automobiles, le député européen a réaffirmé qu’il souhaitait sortir de la « dépendance » européenne vis-à-vis des Américains : « Cette alliance ne peut plus vouloir dire dépendance, les Etats-Unis sont nos alliés, cela ne veut pas dire qu’ils sont nos suzerains et que nous sommes leurs vassaux ».

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