« Ce qui fait le dérapage de notre dépense publique, ce n’est pas le soutien à l’Ukraine, c’est la dépense sociale », pointe François-Xavier Bellamy

Ce jeudi, François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président des Républicains était l’invité de la matinale de Public Sénat. Alors qu’un sommet sur la sécurité a lieu aujourd’hui à Paris, il revenu sur l’annonce faite hier par Emmanuel Macron d’accorder à l’Ukraine une aide militaire supplémentaire de 2 milliards d’euros.
Camille Gasnier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Hier, Volodymyr Zelensky s’est rendu à l’Elysée, en marge de la conférence sur la sécurité qui a lieu aujourd’hui à Paris. Lors d’une conférence de presse commune, Emmanuel Macron a annoncé l’octroi à l’Ukraine d’une aide militaire de 2 milliards d’euros. Le président de la République a assuré qu’il était nécessaire de « poursuivre » le soutien à l’Ukraine. Marine Le Pen a semblé regretter cette annonce, en commentant sur X/Twitter : « Dette de la France ce soir : 3300 milliards d’euros + 2… ». Pour François-Xavier Bellamy, « ce qui aujourd’hui fait le dérapage de notre dépense publique, ce n’est pas le soutien à l’Ukraine ou nos dépenses de sécurité et de défense, c’est la dépense sociale », en pointant notamment « les comptes sociaux sur les retraites ».

Le député européen fustige les positions prises ces derniers mois par la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale : « La dépense sociale, c’est précisément, ce à quoi Marine Le Pen n’a jamais voulu toucher […], Marine Le Pen, il y a peu de temps, voulait encore voter avec La France insoumise, pour revenir sur la réforme des retraites, pourtant bien timide, faite par François Hollande, […] quand les députés Les Républicains proposent à l’Assemblée nationale que le RSA soit conditionné à 15 heures d’activité par semaine, Marine Le Pen et ses députés votent contre ». Le vice-président des Républicains soutient la nouvelle aide militaire octroyée à l’Ukraine, déclarant que l’« on peut pointer du doigt les dépenses qui nous arrangent, mais défendre notre continent est une priorité ».

« Qui a refusé le cessez-le-feu ? C’est Vladimir Poutine »

Dimanche et lundi derniers, des négociations ont réuni les émissaires russes, ukrainiens et américains à Riyad en Arabie saoudite. A l’issue de cette réunion, un projet d’accord de cessez-le-feu en Mer noire a été envisagé. Vladimir Poutine a immédiatement conditionné cette fin des hostilités à une levée des sanctions économiques visant son pays. Des conditions posées par le dirigeant russe, alors même que des attaques ont eu lieu hier soir dans les oblasts de Kharkiv et de Dnipropetrovsk. Hier, Emmanuel Macron a refusé ces contreparties, tout en annonçant que les levées des sanctions russes n’auront pas lieu. Pour le député européen du Parti populaire européen, « la dernière séquence aura tristement eu le mérite d’ouvrir les yeux de tous ceux qui ont voulu nous faire croire que c’était l’Ukraine qui était belliciste. Qui a refusé le cessez-le-feu ? C’est Vladimir Poutine ».

 

« Les Etats-Unis sont nos alliés, cela ne veut pas dire qu’ils sont nos suzerains et que nous sommes leurs vassaux »

Néanmoins, François-Xavier Bellamy estime que « pour l’instant, nous n’avons pas les moyens d’envoyer assez de forces sur le terrain pour, à nous seuls, dissuader la perspective d’une nouvelle attaque de la Russie ». Le député européen l’assure : « Les Etats-Unis sont nos alliés, et je crois qu’ils le resteront ». Alors même que cette nuit, Donald Trump a annoncé une augmentation de 25 % des droits de douane sur les automobiles, le député européen a réaffirmé qu’il souhaitait sortir de la « dépendance » européenne vis-à-vis des Américains : « Cette alliance ne peut plus vouloir dire dépendance, les Etats-Unis sont nos alliés, cela ne veut pas dire qu’ils sont nos suzerains et que nous sommes leurs vassaux ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le