« Ce référendum sur la situation sur la situation des finances publiques est une ineptie ! », reproche Patrick Kanner à François Bayrou

Le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, a interpellé ce 7 mai, lors des questions au gouvernement, le Premier ministre François Bayrou sur les projets de référendum évoqués ces derniers jours par l'exécutif.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les socialistes commencent à perdre patience face au gouvernement. Suspectant François Bayrou d’enchaîner les stratagèmes pour « tenir le plus longtemps à Matignon », le président du groupe socialiste au Sénat a décidé d’interpeller le Premier ministre sur les récentes communications du couple exécutif.

L’ancien ministre des Sports y perd son latin en voyant le président de la République annoncer un travail sur les rythmes scolaires, « une compétence gouvernementale ». C’est surtout sur le terrain propositions de référendum tous azimuts que le sénateur du Nord a vu rouge. Le chef de l’État dévoilera ses intentions la semaine prochaine, et le Premier ministre a d’ores et déjà évoqué une consultation sur le sujet des finances publiques, sans que ce dernier n’en ait le pouvoir constitutionnel, selon Patrick Kanner.

« Le Premier ministre et le président de la République travaillent ensemble » réagit François Bayrou

« Une question se pose : qui gouverne ? Et surtout, gouvernez-vous encore ensemble ? Il faut bien appeler les choses par leur nom : c’est une cacophonie, érigée en méthode de gouvernement […] Ce ballet institutionnel donne le sentiment d’un pouvoir à court d’idées, à court de majorité, à bout de souffle déjà », a épinglé le sénateur socialiste.

« Le Premier ministre et le président de la République travaillent ensemble », a rétorqué François Bayrou, rappelant que, selon les termes de l’article 11 de la Constitution, un référendum peut être organisé par le président de la République « sur proposition du gouvernement ». « Chacun est dans son rôle en évoquant des consultations sur des sujets qui sont des sujets cruciaux », a estimé le Premier ministre.

Attaché à une prise de conscience des Français sur la « gravité de la situation » des finances publiques, François Bayrou a ajouté que les responsables politiques qui laisseraient filer l’endettement public seraient des « irresponsables ».

Cette mise au point du Premier ministre faite sur l’article 11, Patrick Kanner a toutefois maintenu que le gouvernement était en train de « tordre » la Constitution. « L’article 47 prévoit que l’élaboration du budget relève exclusivement du Parlement en France. Et ce n’est pas par un référendum que vous pourrez évacuer votre responsabilité collective dans le cadre de l’incurie budgétaire que nous connaissons depuis sept ans », s’est exclamé le patron des sénateurs socialistes. Et de conclure : « Il ne faut pas brutaliser le Parlement dans ses compétences constitutionnelles. Ce référendum sur la situation sur la situation des finances publiques est une ineptie ! »

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le