« Ce sera sans moi » : Olivier Faure n’ira pas à la prochaine rencontre de Saint-Denis voulue par Emmanuel Macron

Invité de Public Sénat lundi 6 novembre, le premier secrétaire du Parti Socialiste affirme qu’il n’ira pas à la nouvelle rencontre de Saint-Denis proposée par le président de la République pour ne pas cautionner “un deal avec la droite et l’extrême droite”.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Dans une nouvelle lettre envoyée aux chefs de partis, Emmanuel Macron souhaite, à nouveau, une « rencontre de Saint-Denis », le 17 novembre prochain, sur le modèle de celle organisée le 30 août pendant douze heures. Cette fois, le siège réservé au Parti socialiste (PS) devrait être vide. « Ce sera sans moi », martèle Olivier Faure, premier secrétaire du PS sur Public Sénat.

Il dénonce les propositions du chef de l’Etat qui se dit ouvert à modifier la Constitution pour permettre la tenue de référendums sur la fin de vie et sur l’immigration. « Ce n’est pas un appel d’air, mais un appel du pied aux Républicains qui le réclame à cor et à cri comme le Rassemblement National. Il est là pour leur donner ce nouveau gage de confiance et espérer en retour leur confiance. Ce deal-là, je n’y participerai jamais », indique Olivier Faure en référence à la loi immigration examinée aujourd’hui au Sénat et pour laquelle la majorité présidentielle a besoin des voix de la droite et des centristes pour faire adopter le texte.

Le député socialiste de Seine-et-Marne s’indigne aussi que le président de la République s’oppose à l’élargissement des  thématiques des référendums à la réforme des retraites ou à une taxe sur les superprofits, deux sujets portés par la gauche. « La ficelle est grosse. Les référendums pour la droite et l’extrême droite, j’y suis favorable, les référendums que propose la gauche sur les superprofits ou sur la réforme des retraites, là, c’est impossible », déplore Olivier Faure.

« Je ne suis pas là pour tenir la chandelle »

En refusant de participer à cette nouvelle réunion des chefs de partis autour d’Emmanuel Macron, Olivier Faure entend défendre le Parlement : « Le Parlement, on en parle plus, de toute façon, il marche au 49-3. Mais pendant ce temps-là, vous avez un cénacle avec quelques privilégiés qui auraient la chance de parler avec le chef de l’Etat, c’est non ! Je ne veux pas supprimer le Parlement ».

Le chef des socialistes considère également que ces réunions n’ont pas vocation à produire des consensus politiques, mais que chaque patron de parti vient donner « son avis ». C’est ainsi qu’il justifie sa participation à la première réunion proposée à la fin du mois d’août. « Je suis républicain, quand je suis invité par le chef de l’Etat qui nous dit j’aimerais discuter avec vous. Je ne vais pas refuser de discuter. Mais là, quand je vois l’ordre du jour qui nous est proposé, je ne suis pas là pour tenir la chandelle. S’il veut se marier avec la droite et pousser le raisonnement jusqu’à l’extrême droite, grand bien lui fasse, ce sera sans moi », s’agace Olivier Faure qui est donc le premier, à gauche, à fermer la porte à Emmanuel Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le