Censure du gouvernement Barnier : « Il n’y aura pas de crise pour nos concitoyens », assure Cécile Cukierman

Ce mercredi, Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire et présidente du groupe communiste au Sénat était l’invitée de la matinale de Public Sénat. Si une censure plane au-dessus du gouvernement de Michel Barnier, ce qui impliquerait, selon le Premier ministre qu’ « il n’y aura pas de budget », la sénatrice estime qu’il n’est pas nécessaire d’agiter « une inquiétude comme si nous allions rentrer dans une période de chaos ».
Camille Gasnier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le gouvernement de Michel Barnier sera-t-il censuré ? Alors que le projet de loi de finances est arrivé cette semaine au Sénat, la Haute assemblée a adopté hier le budget de la Sécurité sociale. Le texte doit être examiné aujourd’hui en commission mixte paritaire, instance dans laquelle sept députés et sept sénateurs doivent trouver un accord sur le texte. Si un compromis est trouvé entre les parlementaires, il devra être définitivement voté par l’Assemblée nationale et le Sénat. Lors de cet ultime examen, le gouvernement pourrait engager sa responsabilité via l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, risquant ainsi d’être visé par une motion de censure. Les députés du Nouveau Front populaire voteront la censure, tandis que Marine Le Pen a révélé que le Rassemblement national était prêt à la voter.

Dans cette perspective, que pourrait-il se passer ? Michel Barnier a déploré hier sur le plateau de TF1, que si le gouvernement tombe, « il n’y aura pas de budget […] et des turbulences graves sur les marchés financiers ». Un pessimisme que ne partage pas Cécile Cukierman. Pour la présidente du groupe communiste au Sénat, « il ne faut pas trop agiter une inquiétude comme si nous allions rentrer dans une période de chaos, il y aura peut-être de l’instabilité politique, mais il n’y aura pas de crise pour nos citoyens dans l’immédiateté ».

La sénatrice de la Loire précise qu’il est nécessaire que les salaires des fonctionnaires et que les retraites soient versés. Pour cela, Marine Le Pen a affirmé lundi, que « si le budget 2025 ne passe pas, c’est celui de l’année dernière qui passerait », le qualifiant de « moins mauvais » que le budget actuel, car « les classes populaires et moyennes sont moins touchées ».

Retrait de la mesure instaurant 7 heures de travail supplémentaires sans rémunération : « Cela ne règle pas la question du financement de la Sécurité sociale »

En attendant, la procédure budgétaire continue son chemin. La semaine dernière, une mesure vivement contestée par la gauche sénatoriale a été adoptée par le Sénat au sein du projet de loi de financement de la Sécurité sociale : l’instauration de 7 heures de travail supplémentaires sans rémunération. Cette « contribution de solidarité » devait être destinée à financer les dépenses croissantes liées aux personnes âgées dépendantes. Adoptée à 216 voix contre 119, notamment par les sénateurs de droite et du centre, elle va finalement être retirée du projet de budget de la Sécurité sociale. Hier, Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, a annoncé s’être mis d’accord avec les sénateurs Les Républicains pour renoncer à cette contribution de solidarité. La présidente du groupe communiste au Sénat se félicite que cette mesure ne figure finalement pas dans le texte : « Nous avons combattu cette mesure ». La sénatrice de la Loire souligne néanmoins que « cela ne règle pas la question du financement de la Sécurité sociale ».

Débat sur le Mercosur : « Un Parlement a toujours plus de poids qu’un homme seul »

Aujourd’hui, en parallèle de l’actualité budgétaire, un débat et un vote sur le Mercosur sont organisés au Sénat, conformément à l’article 50-1 de la Constitution. L’Assemblée nationale a rejeté l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, à 484 voix contre 69. Sur l’opportunité d’un tel débat, Cécile Cukierman a déclaré : « Je pense que c’est important sur des sujets comme celui-ci d’engager le Parlement ». Mais est-ce que cela aura un véritable impact au niveau européen ? La présidente du groupe communiste considère qu’ « un Parlement a toujours plus de poids qu’un homme seul ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Censure du gouvernement Barnier : « Il n’y aura pas de crise pour nos concitoyens », assure Cécile Cukierman
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Censure du gouvernement Barnier : « Il n’y aura pas de crise pour nos concitoyens », assure Cécile Cukierman
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le