Pau : New Year’s wishes from Prime Minister Francois Bayrou in Pau.
Le Premier Ministre Francois Bayrou sest rendu dans sa ville de Pau pour faire ses voeux pour l annee 2025 devant les institutions et les associations locales. Hotel Gramont, Pau, 10/01/2024. Prime Minister François Bayrou visited his hometown of Pau to make his wishes for the year 2025 in front of local institutions and associations. Hotel Gramont, Pau, 10/01/2025//GARNIERMAEL_PMA002505/Credit:Mael Garnier/SIPA/2501102225

Retraites : s’il y a des progrès, sans « accord général », François Bayrou s’engage à « présenter un texte au Parlement »

Alors que le PS estime que « le compte n’y est pas », après la déclaration de politique générale, François Bayrou rejette la demande d’Olivier Faure sur les retraites, tout en promettant un projet de loi si les partenaires sociaux s’entendent sur certains points.
François Vignal

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« Le compte n’y est pas ». Pour une bonne partie des socialistes, la déclaration de politique générale de François Bayrou, mardi, devant les députés, n’a pas répondu aux attentes. La volonté du premier ministre de mettre les partenaires sociaux autour de la table pour rediscuter de la réforme des retraites n’est pas suffisante. Olivier Faure, numéro 1 du PS, prévient que ses députés censureront jeudi le gouvernement, sauf s’il obtient « une réponse claire » sur son exigence de soumettre au Parlement, « qu’il y ait accord ou pas accord » entre les partenaires sociaux, la question des retraites.

La « DPG » a sonné comme une douche froide pour les socialistes, même pour les plus ouverts à l’idée d’un accord de non-censure. « On a tous été stupéfaits de la pauvreté du discours de François Bayrou », expliquait hier le sénateur PS de Paris, Rémi Féraud. « Si c’est un jeu de dupes, on censurera », a prévenu le président du groupe PS, Patrick Kanner, l’un des négociateurs socialistes. Il est d’autant plus surpris qu’« il y avait un accord », après les neuf jours de négociations avec les ministres, assure le sénateur du Nord. Et ce ne sont pas les réponses, assez peu claires et parfois même brouillonnes, qui ont été apportées ensuite à Boris Vallaud, quand le premier ministre a repris la parole, qui ont rassuré les responsables du PS. « Il a apporté des choses sans les comprendre. C’était gênant et pénible », lâche un socialiste…

Dans ces conditions, la déclaration de politique générale, que François Bayrou va globalement relire, au Sénat, ce mercredi, prend une nouvelle dimension. Si l’exercice est habituellement l’occasion de développer la partie sur les collectivités devant la chambre des territoires, le locataire de Matignon est attendu, de nouveau, sur ses réponses aux socialistes.

Retraites : « S’il n’y a pas d’accord entre partenaires sociaux, il n’y aura donc pas de discussion au Parlement »

Interrogée ce mercredi lors du compte rendu du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, confirme qu’il faudra écouter le discours, prévu à 15 heures, avec attention. « Boris Vallaud a posé beaucoup de questions très pratico-pratiques, dont il n’avait pas trouvé les réponses apparemment », constate l’ex-sénatrice des Yvelines. « Ces réponses lui seront apportées en précision, probablement cet après-midi dans la déclaration au Sénat. Je pense qu’il aura toutes les raisons d’être rassuré », assure Sophie Primas, avant d’ajouter encore : « Sur l’ensemble de ces questions, une dizaine de sujets, il y a au moins huit sujets où il aura une réponse qui va lui convenir. Ce sera précisé cet après-midi dans le discours du premier ministre au Sénat ». Hier, lors de sa réponse, le premier ministre parlait pourtant déjà de huit sujets où le président du groupe PS de l’Assemblée pouvait estimer avoir eu gain de cause…

Mais sur la question des retraites, elle prévient déjà qu’Olivier Faure ne sera pas entendu. « Je vous confirme ce que le premier ministre a dit hier, que nous aurons un débat au Parlement sur les propositions qui nous seront faites par les partenaires sociaux. S’il n’y a pas d’accord, il n’y aura pas d’accord sur les retraites et donc pas de discussion. Mais encore une fois, je fais confiance aux partenaires sociaux », affirme la porte-parole. Pas sûr que cela calme les socialistes…

« La réunion de cette conférence sociale va permettre de déboucher sur un accord, nous le croyons »

Des propos confirmés en début d’après-midi par le premier ministre, interrogé par Olivier Faure lors des questions d’actualité au gouvernement. « La réunion de cette conférence sociale va permettre de déboucher sur un accord, nous le croyons », a commencé François Bayrou, « j’atteste que (les partenaires sociaux) sont déterminés à avancer ».

Il met sur la table trois possibilités : « Qu’un accord se dégage, naturellement, il fera l’objet d’un texte au Parlement. S’il n’y a aucun accord, c’est la réforme précédente qui continuera à s’imposer », maintient François Bayrou, avant de présenter la troisième piste, et c’est la nouveauté du jour : « Qu’il se produise une situation où des marges de progressions, de mouvements, puissent être identifiées, sans qu’il y ait d’accord général. Si c’est le cas, nous reprendrons ces adaptations et nous les soumettrons à cette assemblée ». Et d’insister : « Je prends l’engagement devant vous, que si nous identifions des changements possibles et positifs, si c’est le cas, […] nous les présenterons au Parlement dans un projet de loi ».

« La séquence sénatoriale sera déterminante »

Ces dernières heures, les négociations étaient encore en cours. « On est toujours en discussion. On a fait passer des messages, encore hier soir. On attend de savoir quelles seront les réponses », confie l’un des négociateurs, ce mercredi. Le même prévient, à quelques heures de la prise de parole de François Bayrou au Sénat, qui s’annonce décisive : « La situation est extrêmement tendue et critique. Donc la séquence sénatoriale sera déterminante ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le

France – Manifestation en soutien aux lyceens
5min

Politique

141 lycées fermés ce vendredi : les lycéens continuent de se mobiliser pour dénoncer leurs conditions d’apprentissage

Dix-neuf jours après les premières mobilisations, les lycéens continuent de manifester pour dénoncer le manque de professeurs, la pression liée à Parcoursup ou encore la dégradation du bâti scolaire. Ce vendredi matin, les portes de 141 lycées sont restées fermées en raison des blocus. En début de semaine, entre 400 et 500 établissements étaient concernés par ces fermetures, selon le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray.

Le