« Ces gens-là sont d’accord » : Alexis Corbière dénonce une connivence entre l’extrême droite de Marine Le Pen et le « gouvernement Puy du Fou » de Michel Barnier

Sur le plateau de Public Sénat, le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a tancé la proximité idéologique entre le RN et le gouvernement de Michel Barnier, qui ne tiendrait que par la « bienveillance » de Marine Le Pen.
Camille Romano

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Accord, soutien et bienveillance : c’est le regard que posent Marine Le Pen et ses députés sur le gouvernement de Michel Barnier selon Alexis Corbière. Le député de Seine-Saint-Denis, ex-LFI, a dénoncé le soutien implicite de Marine Le Pen au gouvernement de Michel Barnier : « Si [la motion de censure] ne passe pas, c’est que Mme Le Pen fait le choix de maintenir, de faire vivre ce gouvernement Barnier. » Il a par ailleurs dénoncé un « gouvernement Barnier/Retailleau, un gouvernement Puy du Fou, c’est un spectacle de droite dure, nostalgique, qui plaît manifestement idéologiquement à Mme Le Pen ».

La « bienveillance » de Marine Le Pen

Selon l’ancien Insoumis, le gouvernement ne bénéficie pas seulement de la bienveillance de l’extrême droite, il est « une coalition qui ne peut exister que sur la base de la bienveillance de l’extrême droite. » Une configuration qui est, selon lui, inédite dans l’histoire de la Ve République : « C’est la première fois dans l’histoire nationale, au moins depuis la seconde guerre mondiale, qu’un gouvernement n’existe que parce que l’extrême droite a dit qu’ils ne voteraient pas la censure. A tel point que, je ne sais pas ce que M. Barnier va dire, mais je sais ce qu’il ne va pas dire, ce sont des mots qui froissent Mme Le Pen. »

Face à Oriane Mancini, qui lui faisait remarquer que la gauche dépendait aussi des votes du RN pour faire passer une motion de censure ou voter l’abrogation de la réforme des retraites, Alexis Corbière a tenu à se positionner dans une opposition au gouvernement, une posture que ne pourrait plus adopter le parti d’extrême droite : « Nous faisons ce que nous avons à faire, c’est-à-dire que je censure le gouvernement ». « Regardez, les soi-disant opposants à M. Barnier », a-t-il poursuivi ; « L’extrême droite, la prétendue force sociale, soutient ce gouvernement, sans lequel il ne pourra pas exister. Donc c’est Plic et Ploc, ces gens-là sont d’accord. D’ailleurs fondamentalement, ce que ce gouvernement met en place, c’est un ministre de l’Intérieur qui parle comme l’extrême droite. »

Un gouvernement « marqué du sceau de l’infamie »

Une référence à Bruno Retailleau, nommé le 21 septembre place Beauvau, et dont les propos sur la nécessité de remettre en cause l’Etat de droit font polémique depuis plusieurs jours. Pour le député de Seine-Saint-Denis, les propos du nouveau ministre sont un énième « clin d’œil à l’électorat d’extrême droite » : « Le débat sur les migrations est un débat complexe et j’observe que M. Barnier et surtout M. Retailleau veulent continuer à flatter le discours d’extrême droite qui consiste à dire que nous devons vivre entre nous, indifférents au sort de l’humanité et dans une volonté égoïste des choses, qui n’est pas ma conception de la République », remarque-t-il.

C’est au final la légitimité complète et entière du gouvernement de Michel Barnier que remet en cause Alexis Corbière : « Michel Barnier n’est pas légitime, cet homme ne devrait pas être Premier ministre. Mme Lucie Castets qui est la candidate qui nous rassemblait, devrait être Première ministre et faire le discours cet après-midi. », a-t-il martelé. « Ce gouvernement est marqué du sceau de l’infamie », avait-il avancé en début d’entretien, mettant en avant le fait que « les urnes n’ont pas été respectées » dans la composition du gouvernement.

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

« Ces gens-là sont d’accord » : Alexis Corbière dénonce une connivence entre l’extrême droite de Marine Le Pen et le « gouvernement Puy du Fou » de Michel Barnier
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le