Ces sénateurs qui veulent devenir députés
De la Haute assemblée au Palais Bourbon, ils sont cinq à vouloir franchir le pas en juin.

Ces sénateurs qui veulent devenir députés

De la Haute assemblée au Palais Bourbon, ils sont cinq à vouloir franchir le pas en juin.
Public Sénat

Temps de lecture :

6 min

Publié le

Mis à jour le

Le dépôt des candidatures aux législatives dans les préfectures sera clos ce vendredi à 18h. Pour l’heure, on recense au Sénat cinq candidats. Quatre sont officiellement investis par leurs partis.

Luc Carvounas, dans le Val-de-Marne

Le sénateur-maire d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, élu à la Haute assemblée en 2011 ne se représentera pas pour un deuxième mandat en septembre, une décision dont il avait fait part dès le mois de juin 2016. En novembre, il nous confirmait être candidat aux législatives dans la neuvième circonscription du Val-de-Marne (Alfortville et Vitry-sur-Seine), pour succéder au député PS sortant René Rouquet.

Luc Carvounas annonce sa candidature aux législatives
00:36

« Les mois qui se sont écoulés ont démontré le danger que cette circonscription puisse basculer à droite. Il est de ma responsabilité d’empêcher que les Alfortvillais et les Vitriots aient un député de droite », avait-il déclaré au Parisien en décembre.

Après l’élection d’Emmanuel Macron, il avait expliqué comment il envisageait sa place dans la future Assemblée nationale :

« Moi, je vais vous expliquer que je ne serai ni un député de la majorité présidentielle, ni de l’opposition. Je serai un député exigeant sur les lignes rouges qu’un élu de gauche ne pourra pas traverser et en même temps je serai dans une co-construction dans l’intérêt général, ce que j’ai fait ici au Sénat : j’ai déjà voté avec la droite républicaine quand je pensais que c’était dans l’intérêt général.
Mais quand on me parle d’augmentation de la CSG, de détricoter l’SF, d’école républicaine à deux vitesses, de 120.000 fonctionnaires de moins, dix milliards de recettes en moins sur les dépenses des collectivités, de la retraite au point ou de l’ordonnance dans le code du travail : ce sont des lignes rouges. »

Outre sa campagne locale qu’il a officiellement lancée ce jeudi, Luc Carvounas a été nommé porte-parole par le PS pour la campagne nationale.

Gaëtan Gorce, dans la Nièvre

gorce
Le sénateur PS de la Nièvre, Gaëtan Gorce.
AFP

Autre figure du groupe socialiste, le sénateur de la Nièvre Gaëtan Gorce souhaite retrouver les bancs de l’Assemblée nationale qu’il a côtoyés pendant 14 ans. Il avait été élu au Sénat en 2011, après la disparition de sa circonscription électorale (Nièvre 2) dans le redécoupage de 2010. Désormais, c’est dans la première circonscription du département qu’il vise un quatrième mandat de député, celle de la socialiste Martine Carrillon-Couvreur, députée depuis 2002 qui a choisi de ne pas se représenter.

Celui qui a apporté son soutien à Arnaud Montebourg à la primaire socialiste, avait annoncé après l’élection d’Emmanuel Macron qu’il ne se présenterait pas sous l’étiquette La République en Marche. « Je préfère me prendre une veste plutôt que de retourner la mienne », avait-il déclaré, ajoutant :

« Les valeurs de la gauche doivent être portées au sein de l’Assemblée. »

Éliane Giraud, dans l’Isère

Éliane Giraud, 4e sur la liste de gauche en Isère en 2011, avait remplacé au Sénat André Vallini, appelé au gouvernement Valls lors du remaniement du 9 avril 2014. L’ex-secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement se remet en ordre de bataille pour le Sénat : il sera tête de liste en septembre en Isère.

Éliane Giraud a été investie en décembre par le Parti socialiste dans la cinquième circonscription, où étaient élus Pierre Ribeaud (2015-2017) et François Brottes (2012-2015), désormais président du directoire de RTE.

Stéphane Ravier, à Marseille

Le maire FN du 7e arrondissement de Marseille, Stéphane Ravier, le 28 septembre 2014
Le maire FN du 7e arrondissement de Marseille, Stéphane Ravier, le 28 septembre 2014
BERTRAND LANGLOIS

Élu en  2014 au Sénat avec son homologue de Fréjus David Rachline, le sénateur-maire Front national du septième secteur de Marseille (13e et 14e arrondissements) sera candidat aux législatives dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône. Celle qui recouvre les mêmes quartiers nord de la citée phocéenne. La circonscription est vacante depuis la démission le 9 décembre 2016 de la députée Sylvie Andrieux, condamnée pour détournements de fonds publics.

Stéphane Ravier, qui a en ligne de mire les élections municipales de Marseille en 2020, avait pourtant affirmé lors de ses vœux à la presse en janvier qu’il ne serait pas candidat aux législatives, rappelle La Provence.

Leila Aïchi, chez les Français de l’étranger

La sénatrice écologiste Leila Aïchi, à l'Assemblée Nationale à Paris le 4 avril 2015.
La sénatrice écologiste Leila Aïchi, à l'Assemblée Nationale à Paris le 4 avril 2015.
BERTRAND GUAY

Le Sénat compte une cinquième candidate aux législatives : Leila Aïchi. La sénatrice de Paris (MoDem) élue en 2011 sous l’étiquette EELV avait été initialement investie par La République en Marche dans la neuvième circonscription des Français établis hors de France (Maghreb et Afrique de l'Ouest). Prise dans une polémique relative à d’anciennes déclarations sur la situation du Sahara occidental, la sénatrice a disparu de la liste des candidats investis par LREM, de même que la 9e circonscription des Français de l’étranger. Elle est arrivée en tête du premier tour anticipé le 4 juin avec 20,29% des voix.

Liste En Marche
Un extrait de la liste des candidats investis par la République en Marche, le 19 mai à 15h00.
Capture d'écran Public Sénat

Son rival, M'jid El Guerrab, est arrivé second avec 18,93% des voix. Il revendique le soutien de la présidente de la République en Marche, Catherine Barbaroux, et du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Le candidat, qui a menacé Leïla Aïchi de poursuites judicaires pour l'utilisation abusive du logo En Marche sur le matériel de campagne, se pose dans le deuxième tour comme « le seul candidat officiel » :

Les deux candidats s'affronteront lors du deuxième tour, le 18 juin. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le