Bonne nouvelle à venir ? Les prix des carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes » le litre « très rapidement », estime ce mercredi 8 avril auprès de l’AFP le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois. Une conséquence directe de l’accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu hier soir entre les Etats-Unis et l’Iran. Téhéran devrait rouvrir le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des volumes mondiaux de pétrole.
« Les marchés pétroliers ont réagi très rapidement » à cette annonce, avec une baisse du prix du pétrole brut « d’environ quinze dollars », qui pourrait se répercuter dans les stations-service d’ici « un ou deux jours », poursuit Olivier Gantois.
Sous réserve que le cours du baril « se stabilise »
Cette projection est faite sous réserve que le cours du pétrole brut « se stabilise » autour de son niveau actuel, autour de 93 à 95 dollars le baril, rappelle le président de l’Ufip. Ces cours du brut sont ensuite répercutés sur les marchés du carburant raffiné, comme celui de Rotterdam pour les stations-service européennes, explique Olivier Gantois.
« Les distributeurs, qui fixent chaque jour le prix des carburants qu’ils vendent, vont répercuter cette baisse sous un ou deux jours », prévoit-il. Même analyse pour le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher, qui estime ce mercredi sur TF1 qu’ « il y aura des baisses de prix dans les stations dans les prochains jours ». « Il faut voir maintenant comment le marché va se stabiliser », nuance-t-il.
Une répercussion des prix plus rapide à la hausse qu’à la baisse
Le gazole, le carburant le plus consommé en France, se vend mercredi en moyenne à 2,375 euros le litre en France, d’après un calcul de l’AFP sur les prix remontés par les stations-service. C’est 65 centimes le litre de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran. Le SP95-E10, l’essence la plus répandue, se vend en moyenne à 2,021 euros le litre, soit 30 centimes de plus que le 27 février.
Mais si la hausse des cours s’est faite rapidement ressentir à la pompe, l’inverse pourrait être moins vrai. « La répercussion du prix du pétrole à la pompe se fait toujours plus rapidement à la hausse qu’à la baisse », rappelait à Public Sénat Jacques Percebois, économiste spécialiste des énergies, quelques jours après le lancement de l’opération israélo-américaine contre l’Iran. Lorsque le baril baisse, les raffineurs et distributeurs doivent encore écouler le brut acheté au prix fort et préfèrent généralement maintenir leurs marges.
Sébastien Lecornu annonce « un plan de contrôle » des prix
Quitte à en profiter pour réaliser des « surmarges » ? Sur ce point, le gouvernement veut démontrer sa fermeté. « Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu’ils sont montés. Le Gouvernement y veillera », assure sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu.
« Les ministres et les services de l’État réuniront toute la filière, des raffineurs aux distributeurs, à Bercy. Un plan de contrôle sera déclenché. Personne en France ne doit profiter de cette crise, ni hier, ni demain », poursuit-il. Le gouvernement avait déjà diligenté des contrôles et réuni les acteurs de la filière dans les jours suivant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
(Avec AFP)