Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La parution de son ouvrage résume à elle seule la personnalité de Charlélie Couture : c’est un « multiartiste ». Les 50 portraits présentés sont enrichis de petits croquis réalisés par ses soins, offrant aux lecteurs une immersion plus vivante dans son univers.

Toujours en quête de créativité, l’artiste nancéien sort également le Projet Bleu vert, un album réunissant plusieurs de ses chansons dédiées à la nature. Une initiative engagée réunissant un casting prestigieux : Yannick Noah, Jean-Louis Aubert, Angélique Kidjo et plein d’autres.

« Une dizaine de mes amis donne à ce disque une portée plus grande. L’intégralité des profits que générera le disque sera reversée à France nature environnement qui fait un travail formidable sur le terrain », explique le chanteur. Et pourquoi avoir choisi la musique pour cette cause ? Car toujours selon lui, « la musique prend tout son sens comme un repas à partir du moment où on le partage avec d’autres ».

L’American dream ne fait plus rêver

Il voulait exprimer son art sans limite et a choisi la ville de tous les possibles, New York. Quinze années durant, il a créé tableaux, sculptures et dessins à n’en plus finir. Avec sa galerie au cœur de Manhattan, Charlélie Couture s’est pleinement réinventé, d’où le nom qu’il lui a donné : la RE-gallery.

Les Etats-Unis ont offert à l’artiste la possibilité de porter un autre regard sur les créations : « Les Américains sont pragmatiques, c’est-à-dire qu’ils jugent les choses par rapport à ce qu’elles sont. En France, on juge les choses par rapport à la manière qu’on a de les faire : quand un sportif vient de gagner quelque chose, quand un homme d’affaires vient réussir une affaire, on va s’intéresser au processus. Alors qu’aux Etats-Unis, c’est le résultat qui compte car ils n’ont pas le même rapport au passé que la France »

Mais depuis l’arrivée de Donald Trump à la maison blanche, il a observé un changement de mentalité dans le pays qu’il admirait tant : « Je suis revenu car après 15 ans, j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump et que ça ne me correspondait pas. Les valeurs sur lesquelles je me suis construit étaient très différentes des valeurs que je voyais être racontées comme les « valeurs américaines’’ ».

Et heureusement, la fin de cette aventure américaine n’a pas sonné le glas de sa carrière. Avec ce nouvel album aux accents écolos, le « multiartistes » n’a pas dit son dernier mot.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Illustration of the headquarters of the French media group Canal +
9min

Politique

Tribune anti-Bolloré et réaction de Canal + : le cinéma français au bord de la fracture

Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.

Le

People vote in Bordeaux for the legislatives elections
6min

Politique

Municipales 2026 : un électeur sur six a utilisé l’IA pour l’aider dans son choix de vote, révèle une étude

Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.

Le

New Caledonia’s vote on independence from France
4min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : le texte visant à élargir le corps électoral adopté en commission au Sénat

A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.

Le

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »
3min

Politique

Candidature de Gabriel Attal pour 2027 : « On s’y prépare, il s’y prépare depuis des années », explique Franck Riester

Invité de la matinale de Public Sénat, Franck Riester détaille les raisons de son soutien à Gabriel Attal et considère qu’il est le mieux placé pour être le candidat du bloc central pour l’élection présidentielle de 2027. L’ancien ministre de la Culture estime par ailleurs qu’une candidature commune pour le bloc central pour 2027 pourrait être actée “en début d’année prochaine”.

Le