Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.
Rédaction Public Sénat

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La parution de son ouvrage résume à elle seule la personnalité de Charlélie Couture : c’est un « multiartiste ». Les 50 portraits présentés sont enrichis de petits croquis réalisés par ses soins, offrant aux lecteurs une immersion plus vivante dans son univers.

Toujours en quête de créativité, l’artiste nancéien sort également le Projet Bleu vert, un album réunissant plusieurs de ses chansons dédiées à la nature. Une initiative engagée réunissant un casting prestigieux : Yannick Noah, Jean-Louis Aubert, Angélique Kidjo et plein d’autres.

« Une dizaine de mes amis donne à ce disque une portée plus grande. L’intégralité des profits que générera le disque sera reversée à France nature environnement qui fait un travail formidable sur le terrain », explique le chanteur. Et pourquoi avoir choisi la musique pour cette cause ? Car toujours selon lui, « la musique prend tout son sens comme un repas à partir du moment où on le partage avec d’autres ».

L’American dream ne fait plus rêver

Il voulait exprimer son art sans limite et a choisi la ville de tous les possibles, New York. Quinze années durant, il a créé tableaux, sculptures et dessins à n’en plus finir. Avec sa galerie au cœur de Manhattan, Charlélie Couture s’est pleinement réinventé, d’où le nom qu’il lui a donné : la RE-gallery.

Les Etats-Unis ont offert à l’artiste la possibilité de porter un autre regard sur les créations : « Les Américains sont pragmatiques, c’est-à-dire qu’ils jugent les choses par rapport à ce qu’elles sont. En France, on juge les choses par rapport à la manière qu’on a de les faire : quand un sportif vient de gagner quelque chose, quand un homme d’affaires vient réussir une affaire, on va s’intéresser au processus. Alors qu’aux Etats-Unis, c’est le résultat qui compte car ils n’ont pas le même rapport au passé que la France »

Mais depuis l’arrivée de Donald Trump à la maison blanche, il a observé un changement de mentalité dans le pays qu’il admirait tant : « Je suis revenu car après 15 ans, j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump et que ça ne me correspondait pas. Les valeurs sur lesquelles je me suis construit étaient très différentes des valeurs que je voyais être racontées comme les « valeurs américaines’’ ».

Et heureusement, la fin de cette aventure américaine n’a pas sonné le glas de sa carrière. Avec ce nouvel album aux accents écolos, le « multiartistes » n’a pas dit son dernier mot.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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