Préciser la stratégie à droite en vue de 2027. Les dirigeants des Républicains se sont réunis mardi 24 mars en bureau politique. L’objectif ? Trancher les différentes options soumises au vote des adhérents pour définir l’approche de la formation avant la présidentielle l’an prochain. Primaire fermée, « un peu plus ouverte » ou désignation directe de Bruno Retailleau : les membres du parti devront choisir entre ces trois différentes options. Cette consultation interne se tiendra en avril prochain. « Je pense que c’est important que notre famille politique, qui vient de gagner les élections municipales, puisse faire entendre sa voix, avoir un programme porté, incarné », soutient le président du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud, invité de la matinale de Public Sénat ce mercredi 25 mars.
Dimanche, après les résultats des municipales, le président de LR, Bruno Retailleau, avait qualifié son parti comme « plus que jamais la première force politique locale en France ». L’ex-ministre de l’Intérieur est lui-même candidat déclaré à la présidentielle. Mathieu Darnaud a-t-il une préférence entre l’hypothèse d’une primaire ou d’une union derrière le président LR ? « C’est aux militants d’en décider », répond le sénateur de l’Ardèche, tout en donnant sa préférence pour la seconde possibilité. « Je ne suis pas un adepte de la primaire. À un moment donné, on doit avoir une voix qui soit portée par celui qui incarne notre famille politique. »
D’abord un candidat LR pour 2027… avant des alliances ?
Dans le cas inverse, le périmètre des concurrents à une primaire devrait encore être défini. Mardi, Laurent Wauquiez, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avait appelé sur RTL à la tenue d’un scrutin allant « d’Édouard Philippe à Sarah Knafo » pour définir un prétendant à l’Élysée unique à droite en 2027. Un avis qui n’est pas partagé par Mathieu Darnaud. « Je ne mets pas Sarah Knafo dans les possibles candidats à une primaire », réagit ce dernier. Alors que Bruno Retailleau avait refusé d’appeler à voter pour Christian Estrosi (Horizons) face à Éric Ciotti (UDR) entre les deux tours des municipales à Nice, le chef de file des sénateurs LR écarte tout rapprochement avec l’extrême droite. « Notre ligne est tout à fait claire », justifie Mathieu Darnaud. « Il n’y a pas de porosité : ni avec l’UDR, ni avec le Rassemblement national. »
L’élu soutient dans tous les cas la candidature d’un membre de LR à la présidentielle, au moins dans un premier temps. « Je fais partie de ceux qui considèrent que notre famille politique (…) a une voix singulière : sur le régalien, sur les sujets budgétaires… », poursuit-il. « Je considère que nous devons avoir un candidat de nos rangs. Viendra le temps où il faudra discuter avec nos autres partenaires. » Avec la possibilité de se ranger derrière une figure issue du bloc central, comme Gabriel Attal (Renaissance) ou Édouard Philippe (Horizons) ? « Nous verrons », élude Mathieu Darnaud. « Je sais ce que pense notre famille politique, quelqu’un comme Bruno Retailleau. Je ne sais pas très clairement ce que pense Gabriel Attal, quel sera son programme. Ni même Édouard Philippe, même si je devine certaines de ses propositions. »
Aux sénatoriales, « nous avons la capacité à stopper une éventuelle hémorragie »
Avant le scrutin présidentiel, une dernière échéance électorale sera cependant à l’agenda des Républicains : les sénatoriales. Avec 130 sièges, la formation politique est de loin la plus représentée aujourd’hui au palais du Luxembourg. Or, les conseillers municipaux constituent 95% du collège électoral pour ce scrutin au suffrage universel indirect. Dans cette perspective, « la séquence municipale nous conforte plutôt », estime Mathieu Darnaud, évoquant des succès inattendus dans les urnes dans plusieurs villes. « Nous redoutions la perte d’une commune comme Toulon, ça n’a pas été le cas. Avignon a basculé. Dans des territoires où nous pensions perdre un certain nombre de siège, nous avons la capacité à stopper une éventuelle hémorragie. »
Malgré tout, certaines communes de droite sont également passées aux mains du Rassemblement national ou de ses alliés. Dans les Alpes-Maritimes, les cinq sièges de sénateurs sont actuellement occupés par des élus LR, mais le basculement de Nice (victoire d’Éric Ciotti, UDR), de Cagnes-sur-Mer (Bryan Masson, RN) ou de Menton (Alexandra Masson, RN) à l’extrême-droite ne font pas les affaires du parti. De façon générale, « nous perdrons peut-être quelques sénatrices et sénateurs », reconnaît Mathieu Darnaud. « Mais nous ferons tout pour que cette perte soit la plus limitée possible. »