Chez LR, pas de voix pour Marine Le Pen mais pas de consigne de vote non plus
À l’issue de leur brutale élimination de la présidentielle, Les Républicains ont adopté lundi une motion pour le second tour. « Aucune voix ne peut se porter sur Marine Le Pen », indique ce texte, qui n’appelle toutefois pas à voter pour Emmanuel Macron.

Chez LR, pas de voix pour Marine Le Pen mais pas de consigne de vote non plus

À l’issue de leur brutale élimination de la présidentielle, Les Républicains ont adopté lundi une motion pour le second tour. « Aucune voix ne peut se porter sur Marine Le Pen », indique ce texte, qui n’appelle toutefois pas à voter pour Emmanuel Macron.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Première urgence pour Les Républicains ce lundi matin, après leur défaite cuisante au premier tour de l’élection présidentielle : limiter les fractures qui se sont ouvertes sur la stratégie à adopter face au duel Emmanuel Macron – Marine Le Pen. Si Valérie Pécresse, qui a fini avec seulement 4,8 % des suffrages exprimés, a indiqué dimanche soir qu’elle voterait « en conscience » pour le président sortant au second tour, appelant ses électeurs à « peser dans les jours qui viennent avec gravité les conséquences potentiellement désastreuses […] de tout choix différent du sien », cette consigne, qui ne dit pas son nom, n’a pas vraiment fait l’unanimité. Dans la soirée, les députés Éric Ciotti et Julien Aubert se sont refusés à donner une consigne de vote, précisant néanmoins qu’ils ne soutiendraient pas le chef de l’Etat. À l’issue d’un bureau politique qui s’est tenu lundi, le parti s’est reporté sur un entre-deux, en évitant toutefois de renvoyer les deux finalistes dos à dos : pas de voix pour Marine Le Pen, mais pas de consigne de vote non plus. Une position qui rappelle d’ailleurs celle adoptée par Jean-Luc Mélenchon dimanche soir.

« Les Républicains ne sont fongibles ni dans le macronisme, ni dans le lepénisme »

« Notre famille politique a toujours été et reste un adversaire déterminé du Rassemblement national, aucune voix ne peut se porter sur Marine Le Pen. Son projet politique et économique nous conduirait au chaos. Les Républicains ne sont fongibles ni dans le macronisme, ni dans le lepénisme », lit-on dans le texte adopté par les membres de bureau en début d’après-midi « À une très large unanimité, pour ne pas dire la majorité », a précisé Christian Jacob, le président des Républicains, lors d’un point presse. « Le choix d’Éric Zemmour, c’est le choix de Le Pen », a également tenu à préciser le député de Seine-et-Marne. « Les choses sont claires. Il a appelé à voter pour Marine Le Pen. »

Cette posture rappelle que LR, émanation historique de l’UDR de Charles de Gaulle et du RPR de Jacques Chirac, a toujours voulu faire digue contre l’extrême droite. Mais le silence de cette motion à propos de l’autre finaliste de l’élection, le président sortant, qui n’est jamais directement nommé, permet aussi à la droite de se maintenir comme force d’opposition. Et ce alors que certains responsables, comme le maire de Meaux Jean-François Copé, ont évoqué dimanche soir la possibilité de construire avec LREM « un pacte de gouvernement », « mais pas en allant à Canossa ou en renonçant à son identité ».

« Ce qui compte, c’est l’unité et l’unité est dans l’indépendance. L’indépendance de la droite et du centre, de la droite républicaine à l’Assemblée nationale ou nous devons constituer un groupe parlementaire qui sera amené à soutenir la majorité ou à s’y opposer », a balayé Christian Jacob. « Notre famille politique est diverse, elle l’était en 2017. Certains feront le choix du vote blanc, d’autres mettront un bulletin Macron, ce sera mon cas. Cela ne vaut ni caution à son bilan, ni adhésion à son projet », a-t-il ajouté.

La situation financière délicate de Valérie Pécresse

Valérie Pécresse, comme tous les candidats à la présidentielle, peut compter sur un remboursement de ses frais de campagne à hauteur de 800 000 euros. Mais, avec un score en deçà du seuil fatidique des 5 %, elle ne pourra pas bénéficier d’un remboursement intégral, après validation des comptes de campagne par le Conseil constitutionnel. Le parti a accordé 5 millions d’euros à la candidate investie. Lundi matin, celle-ci a fait savoir durant un point presse informel qu’il manquait 7 millions pour boucler le budget de sa campagne, précisant qu’elle s’était « personnellement » endettée « à hauteur de 5 millions d’euros ». La présidente de la région Île-de-France a donc lancé un appel aux dons pour pouvoir honorer, d’ici le 25 mai, certaines échéances.

Le parti est-il prêt à lui venir en aide ? « Cela fait partie des discussions que nous allons avoir. Les comptes de campagne sont en cours de bouclage. Nous présenterons, le moment venu, un point financier précis », a indiqué Christian Jacob. « Bien évidemment, on ne s’était pas mis dans cette perspective d’être en dessous du seuil de remboursement. »

Partager cet article

Dans la même thématique

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
7min

Politique

Procès en appel de Marine le Pen : relaxe, peine d’inéligibilité raccourcie, pourvoi en cassation… Quels cas de figure lui permettraient d’être candidate à la présidentielle ?

Dans quelques heures, Marine Le Pen sera fixée sur sa capacité à être une quatrième fois candidate à l’élection présidentielle. Comme en première instance, le parquet a requis, en appel, une peine de 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Dans ces conditions, y a-t-il toujours du suspense sur l’orientation de ce second jugement ?

Le

Edouard Philippe Holds A Politic Meeting
10min

Politique

Présidentielle : pour son premier meeting, Edouard Philippe joue la carte du bon père de famille qui veut préparer « l’avenir » de nos enfants

Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.

Le

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le