Chirac et le Sénat : plongée dans les archives photos du Palais du Luxembourg
Jacques Chirac n’a jamais été sénateur, c’est peut-être le seul mandat qui manquait à sa collection. Mais dans les archives photographiques, il y a de nombreuses photos de l’ancien Président de la République, à toutes les étapes de sa vie politique.

Chirac et le Sénat : plongée dans les archives photos du Palais du Luxembourg

Jacques Chirac n’a jamais été sénateur, c’est peut-être le seul mandat qui manquait à sa collection. Mais dans les archives photographiques, il y a de nombreuses photos de l’ancien Président de la République, à toutes les étapes de sa vie politique.
Quentin Calmet

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Dans la collection, la plus ancienne photographie date du 30 mai 1972. Jacques Chirac n’a que 39 ans et il siège déjà sur le banc des ministres car il est en charge des relations avec le Parlement. A sa droite est assis le premier ministre Jacques Chaban-Delmas. Ce dernier sera l’une des cibles des manoeuvres politiques de Jacques Chirac à la mort de Georges Pompidou pour l’évincer et faire élire Valérie Giscard d’Estaing. 

 

En retour, Valérie Giscard d’Estaing va faire de Jacques Chirac son premier ministre. Une autre étape de la vie politique de l’ancien président qui apparaît dans les archives du Sénat. Sur les photos, on voit Chirac arriver dans les salons qui jouxtent la salle des conférences au Sénat avec la clope au bec… Il est en pleine ascension politique. Georges Pompidou l’avait même surnommé “le bulldozer”. La photo a été prise en novembre 1974, Jacques Chirac est premier ministre depuis mai. A cette époque plusieurs réformes majeures sont votées par le Parlement : la majorité à 18 ans, la réforme de l’ORTF, ou encore l’extension de la couverture de la sécurité sociale…

 

Petit saut dans le temps, en 1987 on retrouve Jacques Chirac sur le banc des ministres car il est de retour à Matignon à l’occasion de la première cohabitation. Dans l’hémicycle, Jacques Chirac porte un noeud papillon, assis aux côtés d’André Rossinot, son ministre des relations avec le Parlement. 

La relation avec le Sénat est bonne. Un ancien collaborateur de sénateur de droite expliquait que Jacques Chirac était un “politique dur avec des allures parfois de voyou mais il a toujours été très respectueux des institutions, et en harmonie avec le Sénat.” Le Sénat au centre, puis de plus en plus à droite est donc de plus en plus favorable, au fil des années, à Jacques Chirac…. 

 

Les premières photos en couleur de cette collection datent de 1995. René Monory est président du Sénat. Il est issu de l’UDF, le parti de centre droit. Pendant la campagne présidentielle, il n’appelle pas à voter pour Edouard Balladur contrairement au reste de l’UDF. Edouard Balladur perd le duel avec Jacques Chirac au premier tour de l’élection présidentielle de 1995. René Monory, à la présidence du Sénat va alors tenter de réconcilier les deux adversaires afin de faire gagner la droite au second tour. Un observateur de la rencontre a raconté une tension phénoménale lors de l’événement. Mais les deux adversaires parviendront à s’entendre sur les termes utilisés par Edouard Balladur pour rallier Jacques Chirac. 

 

La série de photo suivante date de 2007 : Nicolas Sarkozy a été élu président de la République, mais la passation de pouvoir n’a pas encore eu lieu. Les deux présidents se retrouvent à la cérémonie de commémoration de l’esclavage, dans les jardins du Sénat. Les images révèlent le passage d’une ère politique à l’autre. L’ancien président termine à ce moment-là sa carrière politique tandis que l’hyper-président Sarkozy commence la sienne. Ce jour-là, c’est le premier passage de témoin depuis l’élection. C’est aussi la deuxième cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage : un événement auquel Jacques Chirac tenait beaucoup. 

 

La dernière série de photos date de mars 2010 : Simone Veil reçoit son épée d’Académicienne au Sénat en présence de Jacques Chirac et de Gérard Larcher. 

Lorsque Simone Veil découvre la violence du monde politique en juin 1974 au moment de porter le projet de loi sur l’IVG, elle avait pu compter sur son premier ministre. L’examen du texte est une épreuve politique difficile : au parlement, la droite attaque très durement la ministre de la Santé. La loi sera votée d’une courte majorité, notamment grâce à l’intervention de Jacques Chirac, qui en novembre intervient auprès de la majorité gaulliste.

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