Parrain en politique, proche parmi les proches, traître, ennemi intime... Les relations entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, deux hommes pressés de la politique, ont défrayé la chronique.
Tous deux assuraient ces dernières années n'avoir ni "rancune" ni "haine", mais l'écho de leurs affrontements s'est souvent fait entendre. M. Chirac avait même lancé en 2011 qu'il voterait pour François Hollande à la présidentielle de 2012 contre Nicolas Sarkozy.
"Je veux dire mon respect à Jacques Chirac qui, en 1975 à Nice, m'a offert mon premier discours". Le 14 janvier 2007, M. Sarkozy avait pourtant soigneusement choisi ses mots lors de son investiture comme candidat de l'UMP, le parti fondé par le président et qu'il a conquis deux ans plus tôt pour en faire sa machine de guerre électorale.
Derrière l'hommage public, le candidat-ministre aime à raconter que ce jour-là, Jacques Chirac lui avait "offert" cinq minutes et qu'il avait monopolisé le micro près d'une demi-heure. Déjà comme un goût de concurrence.
Et Jacques Chirac, de se souvenir dans un livre d'entretiens avec Pierre Péan du "jeune militant de Neuilly, qui s'est politiquement engagé à plein pour moi" et auquel il met le pied à l'étrier pour prendre à 28 ans la mairie de la ville.
Mais qui, déjà, aurait laissé poindre l'ingratitude... "A peine élu, Sarkozy n'a cessé d'expliquer que je n'y étais pour rien. Ca aurait dû faire tilt", poursuit le président.
Pour l'heure, le jeune homme entre progressivement dans le premier cercle. Il sera témoin du mariage de Claude Chirac, et ministre du Budget de la deuxième cohabitation.
Vient 1995 et la "trahison" du soutien à Edouard Balladur pour la présidentielle. La rupture est à la hauteur de la déception. Jugement sec de Jacques Chirac à Pierre Péan: "Sarkozy est très ambitieux, et comme il est très intelligent, il considère que tout doit être mis au service de ses objectifs".
Et quand on lui parle de "coups de poignard" en politique, c'est le nom de son ancien protégé qui vient, même si c'est pour dire: "je me fous éperdument de Sarkozy ou tel autre...".
- "Ils ne m'épargneront rien"-
Elu, il nomme à Matignon celui qu'il présente comme "le meilleur d'entre nous", Alain Juppé.
Ostracisé après la défaite, le maire de Neuilly attend son heure. En 2002, il revient au gouvernement. Mais ses ambitions affichées lui vaudront de nouveaux ennuis. Sèchement remis à sa place par le président Chirac - "je décide, il exécute" -, il doit démissionner en novembre 2004 pour prendre la tête de l'UMP contre la volonté du chef de l'Etat.
Six mois plus tard, après les claques électorales des régionales et du référendum européen, il revient triomphalement, numéro 2 du gouvernement... et toujours président de l'UMP.
Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac le 21 janvier 2011 sortant d'un restaurant parisien, après un déjeuner consacré à la préparation des G8 et G20
AFP/Archives
Il verra dans ce retour place Beauvau une protection, assurant qu'"ils ne m'épargneront rien". Ce que confortera à ses yeux l'affaire Clearstream.
Les piques repartent de plus belle. Le 14 juillet 2005, il invite des journalistes à son ministère en pleine garden-party élyséenne, assurant "n'avoir pas vocation à démonter tranquillement les serrures à Versailles pendant que la France gronde".
Les fidèles du président font face, ne manquant pas une occasion de lui décocher des flèches, le Premier ministre Dominique de Villepin en tête. Mais Nicolas Sarkozy finit par rallier à sa candidature la plupart des fidèles chiraquiens.
Pour nombre d'observateurs, les relations entre les deux hommes ont été à ce point passionnées parce qu'ils se ressemblent.
"Si vous regardez bien, il y a beaucoup de points de convergence", reconnaît Jacques Chirac. "Au fond, peut-être que ce tempérament lui en rappelle un autre", renchérit Nicolas Sarkozy.
"En tout cas, concède ce dernier dans son autobiographie "Passions" (2019) où il détaille ce "lien étrange et complexe" qui l'unit avec "toute la famille Chirac", "je ne serais pas devenu ce que je suis sans eux".
"C'est une part de ma vie qui disparaît aujourd'hui", a dit jeudi M. Sarkozy, en faisant part de sa "profonde tristesse".
"Il a incarné une France fidèle à ses valeurs universelles et à son rôle historique" et "il n'a jamais rien cédé sur notre indépendance, en même temps que sur son profond engagement européen", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».
La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications
Au Sénat comme à l’Assemblée, les écologistes ont déposé une proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre les discours incitant à la haine et aux actes racistes et xénophobes » via l’interdiction de la théorie du grand remplacement. Si, pour certains, cette proposition est « redondante » par rapport aux outils juridiques déjà existants, elle semble utile pour « faciliter les condamnations ».
Sur les 3700 lycées, 41 étaient bloqués ce lundi matin, jour de rentrée des vacances de la Toussaint, selon le ministère de l’Education nationale. Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages malgré les annonces du gouvernement, la semaine dernière. Le Premier ministre se dit prêt à recevoir à nouveau les lycéens.