Chômage, formation, apprentissage: les promesses du candidat Macron
Voici les principales mesures promises par le candidat Emmanuel Macron pour réformer l'assurance chômage, la formation...

Chômage, formation, apprentissage: les promesses du candidat Macron

Voici les principales mesures promises par le candidat Emmanuel Macron pour réformer l'assurance chômage, la formation...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Voici les principales mesures promises par le candidat Emmanuel Macron pour réformer l'assurance chômage, la formation professionnelle et l'apprentissage, alors que s'ouvre jeudi à l'Elysée une concertation avec les partenaires sociaux devant déboucher sur un projet de loi au printemps.

- Assurance chômage -

C'était l'une des mesures phares du programme économique d'Emmanuel Macron: ouvrir l'assurance chômage aux indépendants et, une fois tous les cinq ans, aux démissionnaires.

Certains chefs d'entreprises bénéficient déjà d'un régime volontaire d'assurance chômage, tandis que les démissionnaires peuvent déjà être indemnisés lorsque leur motif de départ est jugé "légitime" ou s'ils peuvent témoigner, au bout de quatre mois de chômage, d'une recherche active d'emploi.

L'extension de l'assurance chômage au-delà des seuls salariés involontairement privés d'emploi doit s'accompagner d'une réforme de son financement et de sa gouvernance.

Pour l'instant, le régime est financé par les cotisations salariales (2,4% du salaire brut) et patronales (4,05%). Emmanuel Macron a promis, et ce sera fait dès 2018, de supprimer les cotisations salariales en les compensant par une hausse de 1,7% de la CSG, dont l'assiette est plus large. Quant aux cotisations patronales, il compte les moduler en leur appliquant un bonus-malus pénalisant les entreprises qui, par un recours excessif aux contrats courts, coûtent cher à l'assurance chômage.

Concernant la gouvernance, le régime, aujourd'hui géré paritairement par les syndicats et le patronat, basculerait vers une gestion tripartite avec un pilotage de l'Etat.

- Formation professionnelle -

Le candidat Macron promettait de refonder un système qu'il jugeait inégalitaire, au détriment des chômeurs et des travailleurs précaires, inefficace et complexe. Il comptait s'appuyer sur le compte personnel de formation (CPF), lancé en 2015, qui permet aux salariés de cumuler des heures de formation lorsqu'ils travaillent, des droits qu'ils conservent jusqu'à la retraite.

Premier axe: alimenter plus généreusement le CPF, particulièrement pour les personnes les moins qualifiées. En guise de financement, une partie des cotisations formation des entreprises, aujourd'hui mutualisée par des organismes paritaires, serait réorientée directement vers le CPF. Munis de leurs droits individuels, les actifs pourraient s'adresser aux prestataires de formations sans intermédiaire.

Deuxième axe: élargir le spectre de formations éligibles au CPF. Il s'agit aujourd'hui de formations souvent longues, qui doivent être certifiantes ou diplômantes. Un plus grand nombre de formations pourraient, à l'avenir, être financées. Elles devraient toutefois être labellisées par un organisme indépendant et afficher leurs performances en matière d'insertion dans l'emploi.

Troisième axe: accompagner les actifs dans leurs choix de formation. Le CPF pourrait être mobilisé pour financer du conseil en mobilité professionnelle, des bilans de compétence et le conseil en évolution professionnel (CEP), service gratuit créé sous le quinquennat précédent mais qui ne dispose pas de financement propre.

- Apprentissage -

Renforcer l'attractivité de l'apprentissage pour les employeurs, les jeunes et leurs familles: telle est la ligne directrice de la réforme voulue par Emmanuel Macron.

Pour rapprocher les formations des besoins des entreprises, les branches professionnelles seraient associées à l'élaboration des contenus pédagogiques. M. Macron souhaitait, en outre, développer des filières mixtes, c'est-à-dire donner le choix entre la filière classique ou l'apprentissage pour préparer tous les diplômes jusqu'au bac professionnel. Cela passerait également par un développement des filières en apprentissage dans les lycées professionnels.

Autre levier: l'information. Les familles auront accès aux résultats des formations, des lycées professionnels et des centres de formation des apprentis (CFA) en termes de débouchés professionnels. Les formations en apprentissage seraient également soumises, comme la formation continue, à une labellisation indépendante.

Concernant le financement, l'ambition est d'unifier les multiples subventions existantes. L'aide unique serait modulée en fonction de la taille de l'entreprise et du niveau de qualification visé par la formation en apprentissage. La grille de rémunération des apprentis serait, elle aussi, unifiée, mais pourrait être revalorisée dans les branches.

A terme, est envisagée la fusion des contrats d'apprentissage (formation initiale) et de professionnalisation (formation continue) pour créer un contrat d'alternance unique, financé uniquement par la taxe d'apprentissage.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Meeting of the Popular Front NFP
9min

Politique

Olivier Faure désavoué par les députés avant le vote crucial de jeudi 

Désavoué par son groupe sur la motion de censure des Écologistes contre le gouvernement, le premier secrétaire du Parti socialiste aborde le vote interne du 9 juillet dans une position fragilisée. Derrière le débat sur les modalités de la primaire présidentielle, c’est désormais son autorité à la tête du PS qui est en jeu.

Le

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
7min

Politique

Procès en appel de Marine le Pen : relaxe, peine d’inéligibilité raccourcie, pourvoi en cassation… Quels cas de figure lui permettraient d’être candidate à la présidentielle ?

Dans quelques heures, Marine Le Pen sera fixée sur sa capacité à être une quatrième fois candidate à l’élection présidentielle. Comme en première instance, le parquet a requis, en appel, une peine de 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Dans ces conditions, y a-t-il toujours du suspense sur l’orientation de ce second jugement ?

Le

Edouard Philippe Holds A Politic Meeting
10min

Politique

Présidentielle : pour son premier meeting, Edouard Philippe joue la carte du bon père de famille qui veut préparer « l’avenir » de nos enfants

Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.

Le

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le