Choose Europe for Science : Emmanuel Macron promet 100 millions d’euros pour attirer les chercheurs

A la Sorbonne, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont successivement appelé les chercheurs menacés par l’administration Trump à se « réfugier » en Europe. Pour cela les deux dirigeants ont annoncé de nouveaux investissements et promettent un soutien durable à la recherche scientifique.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« C’est un appel de la Sorbonne que nous voulons lancer », a déclaré Emmanuel Macron à l’occasion de la conférence Choose Europe for science. A travers l’organisation de cet événement, le président de la République n’a pas caché sa volonté d’attirer les chercheurs étrangers et américains « qui sont menacés » au moment où l’administration Trump réduit les financements et les visas destinés à la recherche scientifique. 

« Nous ne croyons pas à un modèle de décision basé sur le diktat de quelques-uns », affirme Emmanuel Macron plaçant la recherche scientifique et sa liberté au « cœur même des démocraties libérales occidentales ». Par ailleurs, le chef de l’Etat a fait référence à son discours de 2017, également prononcé à la Sorbonne, sur l’autonomie stratégique de l’Union européenne. « Choisir la science c’est refuser la vassalité […] il n’y a pas de vassalité heureuse », a martelé Emmanuel Macron. Au mois d’avril, l’exécutif a lancé la plateforme Choose France for science qui a déjà enregistré « plus de 30 000 connexions, dont un tiers depuis les Etats-Unis » a révélé Emmanuel Macron. 

« Cet investissement massif doit être pensé en Européens » 

Devant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et plusieurs ministres d’États européens, le chef de l’Etat a détaillé les moyens qu’il souhaitait mettre en œuvre pour attirer les scientifiques. Pour cela, le président de la République a annoncé que l’Etat allait investir 100 millions d’euros. Cette somme sera financée par le programme d’investissement public France 2030. Le président de la République a également assuré que ce combat devait être mené par toute l’Europe avec les outils de l’Union européenne. « Cet investissement massif doit être pensé en Européens », insiste Emmanuel Macron. 

Juste avant, Ursula von der Leyen avait proposé une enveloppe de 500 millions d’euros pour la période 2025-2027. Vantant les « investissements stables et soutenus » et l’« infrastructure » favorable à la recherche en Europe, Ursula von der Leyen a annoncé des mesures pour pallier ses « lacunes », notamment « une nouvelle subvention d’une durée de sept ans » ainsi que le doublement jusqu’en 2027 du « complément » versé aux bourses de recherche. 

Assurer un investissement sur le long terme 

Critiqué au moment du lancement de la plateforme Choose France for science par les syndicats de l’enseignement supérieur qui dénoncent un « sous-financement chronique » de la recherche, Emmanuel Macron s’est félicité de l’augmentation des crédits alloués à l’enseignement supérieur. Ce dernier a tenu à souligner l’augmentation du budget depuis 2020, passant de 25,49 milliards d’euros à 26,7 milliards d’euros en 2025. La présidente de la Commission européenne a de son côté appelé à « atteindre l’objectif de 3 % du PIB pour l’investissement dans la recherche, d’ici 2030 ». Enfin, les deux dirigeants n’excluent pas de soutenir des innovations législatives. Ursula von der Leyen souhaite ainsi inscrire la liberté de la recherche scientifique dans le droit. 

Le président de la République a, pour sa part, exprimé son soutien aux « propositions, y compris législatives visant à mieux protéger les réfugiés scientifiques », une allusion au texte de loi déposé par son prédécesseur socialiste François Hollande à l’Assemblée nationale.

Partager cet article

Dans la même thématique

First Debate of the French Socialist Party Primary – Paris EB
6min

Politique

« Maintenant, il doit rassembler tout le monde » : les sénateurs PS attendent « des signes » d’unité de Raphaël Glucksmann

Après sa victoire écrasante à la primaire, les sénateurs PS seront « au service » de la campagne de Raphaël Glucksmann, assure leur président de groupe, Patrick Kanner, qui compte « inviter » le candidat devant le groupe. Mais plusieurs attendent qu’il montre par les actes sa volonté d’union. « Nous travaillons à un organigramme de rassemblement », assure le sénateur Alexandre Ouizille, directeur de la communication dans l'équipe de Raphaël Glucksmann.

Le

Patrick Kanner
2min

Politique

Les groupes PS, PCF et écologiste du Sénat appellent à un « cordon sanitaire » et à « ne rien céder » face au nouveau groupe RN

« Il ne peut y avoir ni ambiguïté, ni accommodement, ni complaisance : le cordon sanitaire doit se traduire par des actes », soutiennent dans un communiqué commun les groupes PS, communiste et écologiste du Sénat, face à la création du premier groupe RN/UDR de la Haute assemblée. Ils appellent à ne rien voter qui émanerait de l’extrême droite.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
4min

Politique

Cyberattaque contre des frigos connectés de supermarchés : « Des systèmes de réfrigération exposés sur Internet », alertent des experts en cybersécurité

300 magasins Intermarché/Netto, plusieurs du groupement E. Leclerc, 80 supermarchés Carrefour, 80 magasins U et une trentaine de Monoprix ont été touchés par une cyberattaque d’ampleur. Les hackers ont ciblé les systèmes de régulation frigorifique à distance du fabricant danois Danfoss. La vulnérabilité du logiciel avait pourtant déjà été repérée il y a quelques années par des experts en cybersécurité lors de différents audits.

Le

Choose Europe for Science : Emmanuel Macron promet 100 millions d’euros pour attirer les chercheurs
7min

Politique

Gel des retraites au-delà de 1280 euros : « Un effort nécessaire, pour ne pas créer de fracture générationnelle », justifie le ministre David Amiel

Le ministre des Comptes publics assure que le gouvernement n’est pas dans l’affrontement des générations, avec son projet de désindexation partielle des pensions de retraite. Il souligne qu’il laissera le choix du curseur aux parlementaires, et la possibilité d’être plus souple, le cas échéant, avec l’évolution de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités.

Le