Christine Ockrent : « le principal obstacle de Trump, c’est sa santé »

C’est l’un des regards les plus acérés du journalisme, mais c’est aussi une voix reconnaissable entre mille. Aujourd’hui, celle qui anime chaque semaine Affaires étrangères sur France culture publie un dictionnaire du trumpisme : « Trump de A à Z » chez Denoël. L’occasion de revenir sur ce qu’elle qualifie de révolution idéologique en cours aux Etats-Unis, ainsi que sur une carrière qui défie le temps. Cette semaine, Christine Ockrent est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Pierre Bonte-Joseph

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Qu’on ne s’y trompe pas. Entre les tweets menaçants et les velléités d’annexion du Groënland, la première année du second mandat de Donald Trump constitue pour Christine Ockrent une « révolution idéologique ». Si elle concède un vrai talent au président des Etats-Unis qui a toujours su suivre les codes de la communication de son époque, elle déplore un système américain jadis loué pour ses contre-pouvoirs, mais qui aujourd’hui peine à contrôler l’action et les débordements du président. Pour Christine Ockrent le principal obstacle pour Donald Trump ne sera pas juridique, mais physique. « C’est un homme qui a eu 80 ans le 14 juin (…) on voit déjà que sa santé décline pendant des réunions (…) Il y a des moments où il perd le fil de ce qu’il raconte » lâche-t-elle avant de convoquer l’impact désastreux sur l’opinion de la santé déclinante du précédent locataire de la Maison-Blanche, Joe Biden.

L’Europe comme refuge

Lorsqu’elle ausculte les Etats-Unis, Christine Ockrent sait de quoi elle parle, elle qui travailla pour la chaîne américaine CBS à ses débuts. Pour elle, l’Amérique ne fait plus rêver, pire, elle repousse : « On est dans une révolution idéologique, des gens comme Clooney, des universitaires, des chercheurs font partie de ces bataillons qu’il faut détruire au combat (…) L’Europe est un refuge de la liberté et doit le rester »

Américanisation des médias en France

Une américanisation des mœurs et des médias qu’elle fustige. Aujourd’hui, en France comme aux Usa dans les années 90, elle juge l’apparition des médias d’opinion et les critiques faites à l’audiovisuel public comme « très préoccupante (…) c’est leur droit (…) mais nous ne faisons pas le même métier » lâche-t-elle, cinglante. Enfin, interrogée sur ses débuts aux commandes du journal télévisé d’Antenne 2, elle s’insurge contre les critiques dont Léa Salamé fait l’objet : « On attaque les femmes, on dit leur vie privée. Vous trouvez qu’il y a beaucoup d’attaques contre ces messieurs ? » avant de rappeler que déjà en 1981 on disait d’elle à une rédaction majoritairement masculine « Ne vous inquiétez pas, elle va durer 8 jours ».

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