François Bayrou a expliqué mercredi avoir décidé de ne plus être ministre de la Justice pour ne pas "exposer" à "une campagne mensongère" le gouvernement et Emmanuel Macron, après l'ouverture d'une enquête visant son parti.
"Cette situation exposait le président de la République et le gouvernement (...) Je choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je soutiens", a expliqué le maire de Pau lors d'une conférence de presse au siège du MoDem à Paris.
François Bayrou a annoncé qu'il quittait son poste au gouvernement mercredi matin. Son bras droit, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez, a fait de même dans la foulée. La ministre des Armées, Sylvie Goulard, avait elle annoncé son départ la veille.
Le parti centriste fait l'objet d'une enquête depuis début juin sur l'emploi de ses assistants parlementaires européens.
François Bayrou, le 21 juin 2017 à Paris
AFP
"Je suis allé voir le président de la République pour lui proposer cette décision (de quitter le gouvernement) il y a quinze jours, peut-être trois semaines, le jour même de l'ouverture de l'enquête préliminaire", a assuré M. Bayrou lors de sa conférence de presse.
"Nous n'avons jamais eu d'emplois fictifs" au MoDem, a redit celui qui redeviendra maire de Pau, parlant d'"une affaire de "dénonciations anonymes" contre son parti dont il était "la véritable cible", et expliquant ne pas accepter "d'être condamné au silence". Il s'en est pris aux "sycophantes", des délateurs dans la Grèce antique.
- 'Une chance pour notre pays' -
Edouard Philippe et François Bayrou à Paris le 14 juin 2017
AFP
Alors que le nouveau gouvernement d'Edouard Philippe est sur le point d'être annoncé, il a aussi estimé qu'il "serait logique" qu'il y ait des ministres MoDem dans la prochaine équipe.
Il a par ailleurs indiqué avoir pris cette décision pour "préserver" la loi de moralisation de la vie publique qu'il a portée, "à laquelle je tiens beaucoup, à laquelle j'ai beaucoup donné".
"J'accorde plus de prix au but à atteindre (...) qu'à mon rôle personnel, aux titres, aux privilèges et aux galons", a-t-il déclaré.
"J'en ai donc tiré les conclusions. Je choisis la liberté de jugement et la liberté de parole, je choisis de préserver la loi de moralisation et de confiance dans la démocratie", a ajouté l'allié d'Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle.
Cette décision ne remet pas en cause son soutien au président de la République, a-t-il assuré, estimant qu'Emmanuel Macron était "à la hauteur de la fonction" et qu'il avait l'intention de l'"aider et le soutenir".
"Ma certitude est qu'il est à la hauteur de la fonction. Il a besoin d'une majorité large et où le pluralisme ne soit pas un vain mot. C'est une majorité à deux piliers et ce n'est pas par hasard. Chacun de ces deux piliers doit participer à l'action", a-t-il dit.
Il s'est aussi dit "fidèle à une entente politique et personnelle à laquelle, je peux vous le dire, j'attache du prix".
"C'est une décision pour servir", a souligné François Bayrou, convaincu qu'il aiderait davantage le chef de l'Etat "avec la liberté de parole" retrouvée en dehors du gouvernement que "bâillonné".
"L'élection d'Emmanuel Macron est une chance pour notre pays et une chance pour l'Europe et pour l'équilibre du monde", a encore ajouté l'éphémère garde des Sceaux.
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