Cinémas et théâtres fermés : « La question de la survie d’un certain nombre de structures est posée »
L’annonce de la non-réouverture des cinémas, théâtres et musées le 15 décembre a été « terrible » pour le secteur, selon la sénatrice Sylvie Robert. « On est tous très tristes car on a besoin de culture plus que jamais » ajoute la socialiste. Alors que le secteur va contester la décision devant le Conseil d’Etat, elle demande de renforcer les aides.

Cinémas et théâtres fermés : « La question de la survie d’un certain nombre de structures est posée »

L’annonce de la non-réouverture des cinémas, théâtres et musées le 15 décembre a été « terrible » pour le secteur, selon la sénatrice Sylvie Robert. « On est tous très tristes car on a besoin de culture plus que jamais » ajoute la socialiste. Alors que le secteur va contester la décision devant le Conseil d’Etat, elle demande de renforcer les aides.
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La douche froide. On pouvait s’y attendre, mais l’annonce jeudi par le premier ministre Jean Castex de la non-réouverture des salles de spectacles, cinémas, théâtres et des musées le 15 décembre, a été difficile à entendre pour le secteur. Ils resteront fermés jusqu’au 7 janvier, minimum, alors qu’Emmanuel Macron avait fixé cet horizon du 15 décembre, au moment de reconfiner le pays. La faute à la deuxième vague de Covid-19, dont le recul marque le pas, avec un plateau autour de 10.000 contaminations par jour et même une légère hausse du nombre de cas ces derniers jours. L’idée est de limiter les flux de population, et ainsi la circulation du virus.

Pour ceux qui suivent de près le monde de la culture, la nouvelle reste encore un jour après au travers de la gorge. « C’était un peu latent. On sentait un questionnement du gouvernement sur cette réouverture. Mais je pense que du monde y croyait quand même » réagit la sénatrice PS Sylvie Robert, défenseure du monde de la culture au Sénat.

« Des structures sont très fragiles et auront du mal à s’en remettre »

Pour les cinémas, « la période de Noël est importante. Donc ils s’étaient préparés. Et là, quand la nouvelle a été entendue, elle a été pour beaucoup terrible. Or en respectant bien le protocole, avec masque et un siège sur deux, ça pouvait encore passer » estime la sénatrice d’Ille-et-Vilaine. Elle ajoute : « C’est une déception vraiment très forte, qui est liée à une incompréhension. Car ils étaient prêts à rouvrir avec un protocole strict. Ils ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas le droit ».

Le secteur n’a pas dit son dernier mot. Selon le site Les Jours, « le monde de la culture va contester la décision du gouvernement devant le Conseil d’État. Comme l’Église, qui avait eu gain de cause ». A suivre. Mais si la situation ne change pas, Sylvie Robert craint que certains y restent. « Je me pose la question de la survie d’un certain nombre de structures et la poursuite de leur activité. D’autant qu’on n’est pas sûr que ça rouvre en janvier, car il y a une clause de revoyure. Des structures sont très fragiles et auront du mal à s’en remettre » craint la sénatrice PS, qui « pense beaucoup aux artistes, à leur envie tellement forte de retrouver leur public ».

« Au 1er février, il faudrait savoir si les festivals pourront avoir lieu »

Une incertitude d’autant plus difficile dans un milieu où les artistes se calent des mois à l’avance. Pour les festivals, qu’on compte par centaine en France, c’est tout aussi terrible. Certains se préparent quasiment un an à l’avance. Or la saison, avec les beaux jours, arrive vite… Plus d’une centaine de festivals ont lancé il y a deux semaines une tribune et un mot d’ordre sur les réseaux sociaux, #festivals2021jycrois, pour afficher leur volontarisme. Méthode Coué ou vraie perspective ? La situation reste pour l’heure très compliquée. « Au 1er février, il faudrait savoir si les festivals, mais aussi les salons, comme les salons du livre, pourront avoir lieu » plaide Sylvie Robert, qui était montée au créneau en juin dernier pour défendre les festivals.

En attendant, le secteur a grandement besoin d’aide pour survivre. Après un retard à l’allumage, ressenti du moins comme tel par les acteurs du milieu, le gouvernement a mis des moyens sur la table. Le secteur bénéficie aussi du chômage partiel et du fonds de solidarité. Reste que pour certains, ce n’est pas suffisant. Pire : d’autres sont même passés au travers des aides.

« Dans quel état allons-nous retrouver ce secteur culturel ? »

Sylvie Robert reconnaît les efforts du gouvernement. Lors des débats sur le budget 2021, celle qui est rapporteure pour avis du budget de la culture a donné un avis favorable aux crédits de la mission. « Mais nous avons voulu aller plus loin au Sénat » rappelle la sénatrice PS, avec des amendements, adoptés par la gauche et la droite, sur des aides en faveur des documentaires, du cinéma ou de l’édition musicale (lire ici). Or « la commission mixte paritaire (où députés et sénateurs tentent de trouver un accord sur un texte commun, ndlr) n’a pas été conclusive » constate la sénatrice, qui se demande ce que le gouvernement retiendra au final de « toutes les avancées du Sénat ».

« On est tous très tristes de cette situation, car on a besoin de culture plus que jamais. C’est terrible de se dire qu’on va avoir encore le silence et ne pas pouvoir avoir ce bien essentiel, qui est important dans nos vies et une société » lance la socialiste, qui s’interroge : « Dans quel état allons-nous retrouver ce secteur culturel ? » Si elle fait « confiance au secteur, qui a la capacité à s’adapter », le tableau, une fois la crise passée, risque d’être difficile à voir.

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