Une abstention historique et une incertitude sur le second tour, un Premier ministre en ballotage, une poussée des écologistes, voici les points...
Cinq points à retenir du premier tour des élections municipales
Une abstention historique et une incertitude sur le second tour, un Premier ministre en ballotage, une poussée des écologistes, voici les points...
Par Cécile AZZARO
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Une abstention historique et une incertitude sur le second tour, un Premier ministre en ballotage, une poussée des écologistes, voici les points à retenir du premier tour des élections municipales.
UNE ABSTENTION RECORD SUR FOND DE CORONAVIRUS
Avec un taux compris entre 53,5 et 56% selon les instituts de sondages, l'abstention atteint un niveau historique, de près de 20 points supérieur à celui de 2014, sur fond de crise du coronavirus.
Une forte incertitude pèse sur la tenue du second tour, dimanche prochain, dans un pays où l'épidémie (127 morts dimanche soir) n'en est qu'à ses débuts. Plusieurs responsables politiques ont réclamé le report du second tour. La question d'un tel report sera examinée en début de semaine, après consultations des scientifiques et des responsables de partis. L'un d'entre eux, Christian Jacob, chef de file des Républicains, a d'ailleurs été testé positif au Covid-19 ce dimanche.
Si le report était décidé, cela obligerait à réorganiser l'ensemble des deux tours, car les élections municipales forment un tout. Sauf peut-être pour les candidats élus dès le premier tour.
EDOUARD PHILIPPE EN BALLOTAGE AU HAVRE
Sélection de grandes villes particulièrement disputées, et résultats des candidats qualifiés pour le second tour
AFP
Arrivé en tête au Havre (43,6%), Edouard Philippe, soutenu par LREM, est mis en ballotage par le communiste Jean-Paul Lecoq (34%), alors qu'il avait été élu dès le 1er tour en 2014. Le Premier ministre pourrait se voir opposer une large coalition au second tour, ce qui handicaperait son maintien à Matignon.
Son ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, tête de liste, à Tourcoing (Nord) a lui été réélu dès le 1er tour avec 60,88% des voix. Le ministre de la Culture Frank Riester est lui aussi réélu à Coulommiers (Seine-et-Marne).
Plus largement, les candidats LREM sont souvent relégués en troisième ou quatrième position, lors de ce premier tour, comme à Limoge, Bordeaux, Perpignan Rennes, ou Nantes.
DES PRIMES AUX SORTANTS
Plusieurs maires PS sortants de grandes villes arrivent largement en tête, comme la socialiste Anne Hidalgo à Paris autour de 30%, en hausse par rapport aux sondages, devant la candidate LR Rachida Dati (22%) et l'ancienne ministre de la Santé LREM Agnès Buzyn (17%).
Martine Aubry arrive aussi en première position à Lille, tout comme Nathalie Appéré à Rennes, Johanna Rolland à Nantes, Stéphane Le Foll au Mans, ou Nicolas Mayer-Rossignol à Rouen, soutenu par le maire sortant PS Yvon Robert.
Chez les écologistes, le maire de Grenoble Eric Piolle est donné à 44% au premier tour.
A Marseille, la candidate LR Martine Vassal, qui doit faire face à une dissidence, est donnée très légèrement en tête (23%) devant la liste de gauche de Michèle Rubirola (21%).
A Toulouse, le sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par LR et LREM, est lui aussi bien placé (35,3%).
BONS RÉSULTATS DU RASSEMBLEMENT NATIONAL
Le Rassemblement national semble bien placé pour conquérir Perpignan, puisque son candidat Louis Aliot est arrivé largement en tête à 35,7%, devant le candidat LR Jean-Marc Pujol (18,4%), l'écologiste Agnès Langevine (EELV-PS, 14,5%) et le député macroniste Romain Grau (LREM, 13,2%).
Le RN a aussi fait réélire dès le premier tour ses candidats dans les places fortes de Fréjus dans le Var (David Rachline, 50,6%), Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais (Steeve Briois, 74,21%), Villers-Cotterêts dans l'Aine (Franck Biffaut, 53,47%).
FORTE POUSSÉE DES ÉCOLOGISTES
A Bordeaux, le candidat écologiste Pierre Hurmic (EELV) est au coude à coude avec le maire sortant Nicolas Florian (LR, 33,4-34%), successeur d'Alain Juppé, selon des estimations. Sont distancés le candidat LREM, Thomas Cazenave et Philippe Poutou (NPA) , autour de 12%.
A Lyon, la liste de l'écologiste Gregory Doucet arrive largement en tête, devant celle du LR Etienne Blanc et la liste LREM de Cuchera, sur laquelle se trouve Gérard Collomb, selon une estimation.
A Strasbourg, la candidate écologiste Jeanne Barseghian (EELV) arrive en tête du premier tour avec 27,9% des voix, devançant Alain Fontanel (LREM, 19,9%).
A Besançon, l'une des villes où les écologistes ont le plus d'ambition, la candidate EELV Anne Vignot (31,2%) devance le LR Ludovic Fagaut (23,6%) et le LREM Eric Alauzet (18,9%).
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».