Clandestins interdits d’aide aux transports en IDF: la Cour d’appel confirme l’annulation de la mesure
La Cour administrative d'appel a confirmé vendredi l'annulation d'une décision de la présidente LR de la Région Ile-de-France...

Clandestins interdits d’aide aux transports en IDF: la Cour d’appel confirme l’annulation de la mesure

La Cour administrative d'appel a confirmé vendredi l'annulation d'une décision de la présidente LR de la Région Ile-de-France...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Cour administrative d'appel a confirmé vendredi l'annulation d'une décision de la présidente LR de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse de supprimer l'aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière bénéficiaires de l'Aide médicale d'Etat (AME).

Il s'agissait d'une mesure emblématique de la politique de Mme Pécresse. Celle-ci, également présidente d'Ile-de-France Mobilités, le syndicat des transports de la région, avait fait adopter dès son arrivée à la tête de l'exécutif régional, malgré l'opposition de la gauche, "une délibération excluant du bénéfice de la réduction à 75% des tarifs de transport les personnes en situation irrégulière ainsi que leur famille" bénéficiaires de l'AME.

Mais le tribunal administratif, saisi par des associations, des syndicats et un groupe politique, avait annulé cette délibération fin janvier, estimant que la décision était "entachée d'une erreur de droit".

Ile-de-France Mobilités a indiqué dans un communiqué vendredi qu'il allait se porter en cassation au Conseil d'Etat.

Comme le tribunal de première instance, la Cour administrative d'appel estime qu'Ile-de-France Mobilités commet une "erreur de droit" en "ajoutant une condition qui n'est pas prévue par la loi pour exclure de cette réduction tarifaire les étrangers en situation irrégulière" bénéficiant de l'AME.

Mme Pécresse a de son côté écrit vendredi aux députés pour leur demander d'exclure des tarifs sociaux des transports les étrangers en situation irrégulière, dans le cadre du projet de loi asile et immigration, selon la lettre dont l'AFP a eu copie.

Pour Mme Pécresse, "une telle réduction tarifaire (...) est une véritable prime à l'illégalité, puisqu'elle bénéficie à des personnes qui n'ont pas le droit de séjourner sur le territoire français".

Dans un communiqué, le groupe Alternative écologique et sociale (AES, regroupant les écologistes et d'anciens PS) a salué la décision de la cour administrative d'appel: "Nous sommes soulagés et ravis de cette victoire, même si Valérie Pécresse a vainement tenté de gagner du temps et a été hors-la-loi pendant trop longtemps !", indique Pierre Serne, l'un des élus du groupe, qui a porté l'affaire au tribunal.

"Depuis deux ans, des usagers ont été injustement et illégalement privés du demi-tarif auquel ils avaient droit. Nous réclamons une procédure de dédommagement", poursuit-il.

Selon lui, près de 117.000 Franciliens pourront récupérer leur droit à une aide tarifaire, "le jugement étant à exécution immédiate".

Il souligne qu'avec 500 millions d'euros de marge en 2017, Ile-de-France Mobilités "a toute la possibilité d'assumer cette dépense sans toucher au tarif actuel du passe Navigo".

Selon Mme Pécresse, cette réduction dans les transports a coûté 43 millions d'euros en 2015, équivalent au "budget que la Région consacre chaque année au financement du logement social des familles franciliennes, ou à une augmentation de 18 euros du passe Navigo annuel".

Partager cet article

Dans la même thématique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu
8min

Politique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu 

Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
6min

Politique

Affaire Lyhanna : la proposition d’une peine de perpétuité pour les violeurs en série, laisse perplexe le monde judiciaire

A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.

Le