Clichy: une centaine d’élus tentent d’empêcher une prière de rue
"L'Etat doit interdire les prières de rue". Une centaine d'élus en écharpe tricolore ont tenté vendredi à Clichy (Hauts-de-Seine)...

Clichy: une centaine d’élus tentent d’empêcher une prière de rue

"L'Etat doit interdire les prières de rue". Une centaine d'élus en écharpe tricolore ont tenté vendredi à Clichy (Hauts-de-Seine)...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

"L'Etat doit interdire les prières de rue". Une centaine d'élus en écharpe tricolore ont tenté vendredi à Clichy (Hauts-de-Seine) d'empêcher des fidèles musulmans de faire leur prière dans la rue, a constaté une journaliste de l'AFP.

"L'espace public ne peut pas être accaparé de manière irrégulière", a déclaré Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Ile-de-France, présente au rassemblement organisé à l'appel du maire LR de Clichy Rémi Muzeau. "Le maire a passé énormément de temps à trouver une solution. Quand la solution, on la trouve pas, il faut un peu de fermeté. Et c'est ce qu'on demande à l'Etat", a-t-elle poursuivi devant la presse.

"Le ministre de l'Intérieur doit interdire les prières (de rue), a renchéri M. Muzeau. Moi je dois assurer la tranquillité et la liberté des gens de ma ville".

La préfecture des Hauts-de-Seine a précisé qu'une telle interdiction se devait d'être "strictement nécessaire au maintien de l'ordre public". "Il ne suffit pas qu’il existe (...) une menace de trouble à l'ordre public susceptible de justifier la mesure de police, il faut que cette mesure soit appropriée, par sa nature et sa gravité à l'importance de la menace", a-t-elle expliqué.

Réunis derrière une banderole proclamant "Stop aux prières de rue illégales", édiles, parlementaires, conseillers municipaux, départementaux et régionaux LR, UDI, MoDem et FN, venus pour beaucoup de région parisienne, sont sortis de l'hôtel de ville pour aller au devant de quelque 200 fidèles rassemblés dans une rue piétonne pour la prière, comme tous les vendredis depuis le mois de mars.

Ces fidèles protestent contre la fermeture en mars de leur lieu de culte en centre-ville, accusant le maire de ne pas leur proposer de "terrain adapté avec option d'achat" pour qu'ils puissent y construire un nouveau local. Le maire argue, lui, qu'une mosquée existe déjà dans le nord de la commune et peut les accueillir, ce qu'ils contestent.

Entonnant la Marseillaise, dans une ambiance tendue, les élus se sont massés sur les lieux, allant au contact des forces de l'ordre qui ont reculé, repoussant ainsi de quelques mètres les fidèles musulmans installés sur leurs tapis de prière.

Celle-ci s'est tout de même tenue, derrière un double cordon de gendarmes mobiles qui ont contenu quelque 200 personnes, selon la police: élus, habitants opposés aux prières de rue et quelques membres du parti Force laïque qui scandaient bruyamment "Aucun culte, la France est laïque".

Interrogé par l'AFP, Hamid Kazed, qui préside l'UAMC, a déploré "des provocations", appelant le maire à revenir "au dialogue".

La police avait évacué le 22 mars la salle de prière de la rue d'Estienne d'Orves, au terme d'un long bras de fer entre la mairie, qui veut en faire une médiathèque, et l'Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC) qui refusait de quitter les lieux malgré une injonction de justice.

Cette salle avait été aménagée sous la précédente municipalité PS et louée sous un "bail précaire" à l'UAMC, qui voulait la racheter.

A l'échéance du bail, le nouveau maire Rémi Muzeau, élu en 2015, avait "malgré ses promesses électorales" décidé de transformer en médiathèque le lieu qui accueillait quotidiennement de 3.000 à 5.000 fidèles, a déploré Laoucine Ikij, secrétaire de l'UAMC qui a mené la prière ce vendredi.

Rémi Muzeau avait parallèlement inauguré la mosquée des Trois-Pavillons, gérée par une autre association cultuelle, à 1,5 km du centre-ville. Mais l'UAMC juge cette mosquée excentrée, trop exiguë et ne respectant pas les normes de sécurité, ce que le maire récuse.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron a-t-il tiré un trait sur sa promesse d’une application d’ici la fin de son mandat ?

Après la censure par le Conseil constitutionnel, au mois d'août, d'un texte visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé, lundi, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'avancer sur un texte européen en la matière. Mais l'harmonisation de cette interdiction au niveau des 27 pourrait prendre du temps et contrecarrer le calendrier du chef de l'État, qui en avait fait un engagement de son dernier quinquennat.

Le