Clusters dans les universités : «Il faut un plan de sauvetage» alerte Pierre Ouzoulias
Tandis que les clusters se multiplient dans les établissements de l’enseignement supérieur, les sénateurs estiment que des mesures spécifiques doivent être mises en place dans les universités, et réclament plus de crédits. 

Clusters dans les universités : «Il faut un plan de sauvetage» alerte Pierre Ouzoulias

Tandis que les clusters se multiplient dans les établissements de l’enseignement supérieur, les sénateurs estiment que des mesures spécifiques doivent être mises en place dans les universités, et réclament plus de crédits. 
Public Sénat

Par Marylou Magal

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Quelques jours après les premières rentrées universitaires, et tandis que toutes les universités n’ont pas encore ouvert leurs portes, une dizaine de clusters ont déjà été détectés dans l’enseignement supérieur. Une propagation active du virus, qui a obligé certains établissements à suspendre les cours en présentiel. Dans un communiqué, diffusé ce dimanche, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, alerte sur le relâchement des gestes barrières, pointant du doigt, notamment, des rassemblements festifs privés. « J’en appelle à votre engagement collectif, et à votre responsabilité individuelle », écrit la ministre, s’adressant aux étudiants. « Nous devons tous rester extrêmement vigilants et mobilisés comme nous l’avons été ces derniers mois. C’est un effort collectif et de tous les instants afin de contenir autant que possible la diffusion du virus. » Ce lundi, Frédérique Vidal réunit donc l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, notamment les organisations étudiantes, pour mettre en œuvre des mesures destinées à contrer la propagation du virus au sein des universités.

Une situation d’autant plus critique que les laboratoires sont surchargés par les demandes de tests, et ne permettent pas d’obtenir des résultats dans de courts délais. « Nous sommes dans une vague de creux, par ce que nous n’avons pas suffisamment de matériel pour répondre à la demande incessante des publics qui viennent nous voir », détaillait, ce vendredi, François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes médicaux, auditionné par la commission d’enquête du Sénat chargée de l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies. « La préfète de l’Indre et Loire avait évoqué qu’on dépiste les 35 000 étudiants de Tours. C’est le genre de décisions, aujourd’hui, qui nous noie complètement. Je ne sais pas comment on va faire, je n’ai pas de solution technique. »

Covid-19: "La préfète nous a demandé la semaine dernière de tester les 35 000 étudiants de l'université de Tours"
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Soucieux de l’urgence de désengorger les laboratoires, pour pouvoir faire face à une éventuelle deuxième vague, le gouvernement a annoncé, ce vendredi, la priorisation des tests, qui devraient permettre d’obtenir des résultats rapides pour les personnes ayant été en contact avec un cluster.

Des dépistages de masse et un isolement strict

Des mesures insuffisantes, pour certains sénateurs, qui préconisent la mise en place d’un protocole spécifique aux universités. « C’est véritablement une affaire d’actualité », réagit le sénateur Les Républicains René-Paul Savary. « Dans la Marne, nous comptons un cluster dans l’École nationale supérieure des Arts et Métiers, un à Sciences Po Reims, et un dans notre université de médecine. Face au développement de ces clusters, il faut que nous développions le dépistage de masse, peut-être avec des tests analgésiques, qui produisent des résultats plus rapides. Les effectifs des personnes chargées de tracer les cas contacts doivent être renforcés, pour permettre d’avoir la réactivité nécessaire. Et, enfin, il faut être plus dirigiste pour l’isolement des cas avérés, qui doivent être isolés de manière individuelle et totale, pour un délai de sept jours, qui rend la situation plus acceptable qu’une quarantaine. » Et, en amont, le sénateur recommande une prévention accrue, auprès du public étudiant. « Il faut rappeler à nos jeunes, dans le cadre d’une prévention collective, que le masque est surtout un moyen de protéger les autres. Je pense que les jeunes seraient sensibles, et mobilisés pour participer à cet effort sociétal. »

Pour d’autres, la gestion de la pandémie dans les universités soulève un problème sous-jacent : le manque de moyens accordés par l’État aux établissements de l’enseignement supérieur pour leur permettre de gérer la crise sanitaire. « Les universités doivent se débrouiller pour fournir des masques à leurs enseignants, et à leurs étudiants. Quant aux étudiants qui n’ont pas accès à du matériel informatique, ils ne peuvent tout simplement pas suivre les cours en distanciel », pointe du doigt le sénateur communiste Pierre Ouzoulias. « Aucun argent supplémentaire n’a été affecté aux universités pour faire face à ces problèmes structurels. » Le sénateur, prenant à partie le gouvernement, demande la mise en place d’un « plan de sauvetage ». « Il est impossible d’imaginer qu’avec les sous-dotations des universités, elles puissent absorber une seconde vague, car elles ont utilisé l’essentiel de leurs réserves pour faire face au surcoût de la pandémie pendant le confinement. Il faut que le gouvernement se saisisse du sujet pour apporter un soutien à ces établissements, et leur permettre d’affronter la situation sanitaire. »

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