CMP retraites : « LFI veut casser les règles et remettre en cause le fonctionnement des institutions », dénonce Olivier Dussopt
Invité ce mercredi 15 mars de la matinale de Public Sénat, Olivier Dussopt, le ministre du Travail, a dénoncé les velléités de LFI de rendre public les échanges de la commission mixte paritaire sur la réforme des retraites. Sept sénateurs et sept députés doivent s’entendre sur une version commune du projet de loi, lors de cette réunion qui se tient traditionnellement à huis clos.

CMP retraites : « LFI veut casser les règles et remettre en cause le fonctionnement des institutions », dénonce Olivier Dussopt

Invité ce mercredi 15 mars de la matinale de Public Sénat, Olivier Dussopt, le ministre du Travail, a dénoncé les velléités de LFI de rendre public les échanges de la commission mixte paritaire sur la réforme des retraites. Sept sénateurs et sept députés doivent s’entendre sur une version commune du projet de loi, lors de cette réunion qui se tient traditionnellement à huis clos.
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La commission mixte paritaire (CMP) sur la réforme des retraites s’est ouverte ce mercredi matin dans l’enceinte du Palais Bourbon. Sept députés et sept sénateurs devront s’entendre sur une version commune du projet de loi, qui n’a pas pu être débattu jusqu’au bout à l’Assemblée nationale mais qui a été adoptée par le Sénat ce week-end. Si leurs travaux sont conclusifs, le texte issu des négociations sera à nouveau soumis au vote des deux chambres. « J’espère qu’ils pourront trouver un texte d’accord et de compromis », a commenté Olivier Dussopt, le ministre du travail, au micro de « Bonjour chez Vous », la matinale de Public Sénat. « Si la commission mixte paritaire n’est pas conclusive, la procédure est prévue. Il y aurait de nouvelles lectures et le débat parlementaire continuerait. Mais je suis vraiment convaincu, sans en préjuger, qu’elle peut aboutir, notamment parce qu’il y a des points communs entre ce qu’a défendu la majorité présidentielle à l’Assemblée et ce que la majorité sénatoriale a voulu porter », estime Olivier Dussopt.

Les travaux de la CMP se déroulent traditionnellement à huis clos, mais la Nupes a demandé qu’ils soient rendus publics. La députée LFI Mathilde Panot, membre de cette CMP, a même menacé sur notre antenne de laisser « fuiter » le contenu des discussions.  « La tendance de LFI c’est de vouloir casser les règles et remettre en cause le fonctionnement des institutions », s’agace le ministre du travail. Veulent-ils « bordéliser » - expression utilisée par Gérald Darmanin - la CMP sur les retraites ? « Peut-être, je n’utilise pas l’expression mais l’idée est là ! », répond notre invité.

« Il y a des institutions et des règles, la CMP a toujours fait l’objet d’un compte rendu mais c’est un lieu de discussions et de réunion de travail, souvent très techniques, avec des aspects politiques aussi. Cela nécessite une organisation qui permette les échanges spontanés et très directs », poursuit Olivier Dussopt. « Vous entrez en CMP avec des positions de discussion, et le propre d’une position de discussion, c’est de demander 100 pour avoir 50 », explique-t-il. « Les membres de la CMP doivent concilier des positions différentes. Qu’il y ait un compte rendu, des traces de ce qu'il s’est passé en CMP, c’est normal, mais il faut que les sept députés et sept sénateurs puissent avoir ce lieu pour se retrouver. »

Une adoption de la réforme sans 49.3

De l’aveu même du locataire de l’hôtel du Châtelet, la discussion pourrait se cristalliser autour du dispositif carrières longues. Les Républicains, notamment, ont souhaité la mise en place d’une nouvelle borne pour ceux qui ont commencé à travailler à parti de l’âge de 20 ans. Mais l’effort consenti par l’exécutif sur ce point a été jugé largement insuffisant pour un petit groupe de députés de droite, rassemblé autour d’Aurélien Pradié. « Il y a un débat sur les durées de cotisation requises, c’est l’un des points majeurs de discussion de la CMP, reconnaît le ministre qui souhaite « garder cette volonté d’améliorer le système mais aussi avec un objectif d’équilibre en 2030 ».

Il garde toutefois bon espoir que la commission mixte paritaire accouche d’un texte susceptible de rassembler une majorité de LR, dont les voix seront indispensables aux soutiens d’Emmanuel Macron pour faire adopter la réforme. « Il ne faut pas que les considérations de politique partisane prennent le pas sur la capacité à soutenir une réforme qu’ils ont tous défendue », avertit Olivier Dussopt. À ce stade, assure-t-il, l’exécutif ne table pas sur un recours au 49.3 pour faire passer sa réforme : « Nous souhaitons pouvoir aller au vote, avec une majorité qui, à nos yeux, existe sur ce texte. […] Nous voulons qu’elle se formalise dans l’hémicycle. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le