Code du travail: dernier feu vert de l’Assemblée à la réforme par ordonnances
L'Assemblée nationale a donné mardi un dernier feu vert, par 421 voix contre 74, au projet de loi autorisant l'exécutif à...

Code du travail: dernier feu vert de l’Assemblée à la réforme par ordonnances

L'Assemblée nationale a donné mardi un dernier feu vert, par 421 voix contre 74, au projet de loi autorisant l'exécutif à...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée nationale a donné mardi un dernier feu vert, par 421 voix contre 74, au projet de loi autorisant l'exécutif à réformer le droit du travail par ordonnances, le Sénat devant encore faire de même pour permettre son adoption définitive.

Le projet d'habilitation sur ce premier gros chantier du quinquennat et promesse du candidat Macron a été approuvé par la majorité REM et MoDem ainsi que Les Républicains et les Constructifs LR-UDI. Les groupes Nouvelle gauche, Insoumis et les communistes ont voté contre. 23 députés se sont abstenus.

Pour être adopté définitivement, le texte doit encore faire l'objet d'un vote du Sénat, qui aura lieu mercredi, et non jeudi comme cela avait été initialement programmé.

Le texte avait fait l'objet d'un compromis lundi en commission mixte paritaire (CMP) entre députés et sénateurs, après avoir été approuvé par l'Assemblée le 13 juillet, puis au Sénat jeudi dans des versions différentes.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a vanté devant les députés une "étape importante" vers "un modèle social ambitieux et rénové" avec le vote de ce texte définissant les contours des futures ordonnances sur lesquelles les arbitrages seront présentés aux organisations syndicales et patronales fin août.

Doivent notamment y figurer la fusion de trois des quatre instances représentatives (délégués du personnel, comité d’entreprise et comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), le principe controversé d'un plafond des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, le recours aux CDI de chantier ou encore le rôle accru de l'accord d'entreprise.

Des élus REM ont défendu le projet de loi avec "enthousiasme et optimisme pour la France", Aurélien Taché vantant notamment "un nouveau souffle et de nouveaux moyens au dialogue social" et reprochant aux députés de gauche hostiles au texte de ne "rien" proposer pour lutter contre le chômage.

Les Insoumis, qui ont défendu en vain une motion de rejet du texte, et les communistes ont à nouveau fustigé un "cadeau presque prêt" pour le patronat pour les premiers, et "une loi de démolition sociale" pour les seconds.

"Nous ne vous lâcherons pas un mètre de terrain aussi longtemps que la discussion et le rapport de force seront possibles", a aussi lancé le chef de file des élus LFI Jean-Luc Mélenchon, rappelant qu'une journée d'actions à l'appel des syndicats CGT et SUD était programmée le 12 septembre, et un "rassemblement populaire" à l'initiative des Insoumis le 23 septembre.

Pour le groupe Nouvelle Gauche, le PS Boris Vallaud a aussi dénoncé un texte qui ne contient "pas un droit nouveau" pour les salariés et une méthode qui a "escamoté le débat parlementaire".

Au nom de LR, Gilles Lurton a signifié au gouvernement que "le piège des ordonnances ne nous laisse pas d'autre choix que de vous laisser le bénéfice du doute", promettant comme Agnès Firmin Le Bodo pour les Constructifs, d'être "exigeant" lors de la ratification.

Celles-ci devraient être publiées au Journal officiel "autour du 25 septembre" et entrer en vigueur le lendemain. Elles devront faire l'objet d'un projet de loi de ratification, déposé au Parlement au plus tard trois mois après, ce qui leur permettra d'être pérennisées en ayant force de loi.

Muriel Pénicaud a par ailleurs été de nouveau interpellée par des élus de gauche sur la plus-value boursière qu'elle a réalisé chez Danone, le MoDem Patrick Mignola montant au créneau pour la défendre en jugeant "normal que de brillants salariés gagnent de l'argent" et en la remerciant "de montrer qu'on peut gagner sa vie dans le privé avant de devenir ministre".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le